Richard Gasquet
Richard Gasquet | KARIM JAAFAR / AL-WATAN DOHA / AFP

Open d'Australie: les Bleus en terrain miné

Publié le , modifié le

Les Français, déjà amputés de leur meilleur élément Jo-Wilfried Tsonga, forfait sur blessure, n'auront pas la tâche facile à l'Open d'Australie, qui débute ce lundi à Melbourne et où leur parcours ressemble à un champ de mines. La chaleur des Antipodes a souvent réussi aux Tricolores, qui y ont réalisé, sur les vingt dernières années, quelques-uns de leurs plus grands exploits en Grand Chelem.

Chez les messieurs, c'est là que l'on a vu les derniers Français en finale  d'un "Majeur": Tsonga en 2008, sept ans après Arnaud Clément, l'actuel  capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis. Chez les dames, l'Open d'Australie rappelle de meilleurs souvenirs encore.  Amélie Mauresmo y avait remporté le premier de ses deux trophées majeurs  (2006), sept ans après y avoir disputé - et perdu - une première finale. Quelques années plus tôt, Mary Pierce s'était aussi imposée sur le sol  australien (1995). 

Mais depuis quelque temps, les Tricolores n'y brillent plus vraiment. Sur  les quatre précédentes éditions, le meilleur résultat, hommes et femmes  confondus, a été obtenu par Jérémy Chardy et Tsonga, quarts-de-finaliste en  2013. Tsonga, qui soigne son avant-bras droit, est justement le Français qui  s'est montré le plus régulier chez les "Aussies". Il y a aussi disputé un autre  quart en 2009 et une demie un an plus tard. Sans lui, l'horizon s'assombrit,  d'autant que les Bleus n'ont pas vraiment été bien lotis question tirage au  sort.

Chardy sur le route de Federer

Sur les dix-huit éléments en lice (12 chez les messieurs, 6 chez les  dames), l'un va automatiquement chuter au premier tour dans la mesure où Gaël  Monfils affrontera son jeune compatriote Lucas Pouille, récent demi-finaliste à  Auckland.

La "Monf" est celui qui suscite le plus d'espoirs après le forfait de  Tsonga. Mais en cas de victoire, il croiserait soit le fantasque polonais Jerzy  Janowicz soit l'Argentin Juan Martin Del Potro, lauréat de l'US Open 2009, de  retour après dix mois et demi d'absence en raison de pépins physiques. S'il franchit ce cap, le Francilien, qui a retrouvé un entraîneur en la  personne de Jan de Witt, le coach de son copain Gilles Simon, pourrait tirer  son épingle du jeu jusqu'en quarts où plane l'ombre de Novak Djokovic. Pour Simon, la tâche n'est pas simple non plus, puisqu'il pourrait  affronter dès le troisième tour l'Espagnol David Ferrer, en recul au classement  (10e) mais tout de même deux fois demi-finaliste à Melbourne (2011, 2013). 

Pas facile aussi pour Gasquet et Julien Benneteau qui auraient  potentiellement droit au même stade à deux gros serveurs: le Sud-Africain Kevin  Anderson pour l'un et le Canadien Milos Raonic pour l'autre. Chardy est encore plus mal loti avec un éventuel duel contre Roger Federer,  à condition de ne pas se rater contre le grand espoir croate Borna Coric lors  de son entrée en lice. Edouard Roger-Vasselin, qui a considérablement dégringolé au classement en  l'espace de six mois, passant de la 45e à la 118e places, aura droit dès le  premier tour à l'inusable Tommy Robredo.

Chez les dames, Alizé Cornet, la seule à être tête de série, a la plus  grande marge de manoeuvre jusqu'au troisième tour. Elle y retrouverait  potentiellement Dominika Cibulkova, finaliste l'an passé, qui a depuis eu du  mal à capitaliser sur son exploit. Mais la Slovaque, 11e mondiale, a toujours battu la Niçoise en trois  confrontations.

AFP

Open d'Australie