Open d'Australie : face aux risques pour leur santé, la grogne des joueurs monte

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Auteur·e : Hugo Monier
La dense fumée à Melbourne, au-dessus de la Rod Laver Arena
La dense fumée à Melbourne, au-dessus de la Rod Laver Arena | AFP

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Les qualifications de l'Open d'Australie ont été perturbées par les fumées des incendies ayant touché le continent depuis plusieurs semaines. Une joueuse a été contrainte à l'abandon, alors que les organisateurs restent inflexibles sur la tenue du tournoi du Grand Chelem. Les joueurs ont exprimé leur mécontentement.

L'Open d'Australie 2020 pourra-t-il vraiment se dérouler ? La question se fait de plus en plus incertaine, alors que le premier tournoi du Grand Chelem de la saison doit débuter dans six jours. En cause, la qualité de l'air à Melbourne, affectée par les fumées des incendies ayant ravagé une grande partie de l'Australie depuis plusieurs semaines et provoqué la mort de 28 personnes. Mardi, plusieurs entraînements ont dû être annulés. Les qualifications, elles, ont bien démarré avec une heure de retard. Mais pas sans dégâts. 

Jakupovic, une panique et un abandon

La Slovène Dalila Jakupovic a été contrainte à l'abandon dans le deuxième set de son match du premier tour face à la Suisse Stefanie Vögele, incapable de respirer. "C'était vraiment horrible, a-t-elle expliqué après la rencontre. Je n'avais jamais ressenti ça, j'avais vraiment peur. J'avais peur de m'effondrer. C'est pourquoi je me suis mise au sol. Je ne pouvais plus marcher. Au sol, j'arrivais plus facilement à trouver de l'air." L'Australien Bernard Tomic, éliminé par l'Américain Denis Kudla, a dû demander un temps-mort médical pour retrouver sa respiration. "L'air ne rentre pas, je fatigue trop facilement" a-t-il expliqué au médecin. Des difficultés également vécues par le Britannique Liam Broady. "Je pense être en bonne forme physique en ce moment et après quatre jeux j'étais complètement asphyxié" a-t-il témoigné. 

Svitolina monte au créneau

La situation a fait réagir plusieurs joueurs, dont la 5e mondiale, Elina Svitolina. "Pourquoi avons-nous besoin d'attendre qu'il se passe quelque chose de grave pour agir ?" a-t-elle commenté sur Twitter. Un message accompagné des prévisions météorologiques indiquant que la qualité de l'air est "très dangereuse pour la santé" à Melbourne. "Choquée de voir les qualifications débuter. Et la santé des personnes qui doivent travailler dans ces conditions, notamment les ramasseurs de balles ?" s'interroge la Luxembourgeoise Mandy Minella. "Vous allez vraiment laisser ça se passer ?" a abondé la Française Alizé Cornet, interpellant au passage le directeur du tournoi Craig Tiley. "Nous avons pris en compte les avis médicaux, ainsi que l'avis du bureau de météorologie, et nous avons décidé de démarrer à 11 heures" assure-t-il.

Des spécialistes bien arrangeants 

Gilles Simon a lui pointé du doigt un problème plus global, celui du manque d'attention porté à la santé des joueurs dans les tournois du Grand Chelem. Et d'experts trop complaisants avec les organisateurs. "Quand on trouve des médecins qui affirment que jouer par 45 degrés n’est pas dangereux à l’Open d'Australie et des juges arbitres qui affirment que l’herbe mouillée n’est pas glissante à Wimbledon, on doit bien pouvoir trouver un expert qui certifie que la qualité de l’air est suffisante non ?" Président du conseil des joueurs, Novak Djokovic avait évoqué la possibilité d'un report, idée jusque-là repoussée par les organisateurs. Mais ces nouveaux événements feront peut-être infléchir leur position.