Novak Djokovic - Andy Murray
Novak Djokovic face à Andy Murray, deux grands combattants | AFP - GREG WOOD - PAUL CROCK

Open d'Australie: Djokovic-Murray, suprématie en jeu

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La finale de l'Open d'Australie entre Novak Djokovic (N.1) et Andy Murray (N.3) est la deuxième consécutive en Grand Chelem. Imressionnant en demi-finale, le Serbe a l'ambition de remporter une troisième année de suite le trophée, ce qui n'a jamais été fait dans l'ère Open. Mais l'Ecossais aimerait être le premier à enchaîner coup sur coup ses deux premières victoires en Grand Chelem.

Rafael Nadal forfait, Roger Federer battu, c'est la première fois depuis 2003 que deux finales de Grand Chelem de suite se disputent sans les deux ténors de ces 10 dernières années. Cela ressemble de plus en plus à une passation de pouvoir, puisque Andy Murray et Novak Djokovic se retrouvent de nouveau en finale. Après l'US Open, c'est l'Australian Open. Et quel que soit le vainqueur, il réussira quelque chose qui ni Federer ni  Nadal ni personne d'autre n'a a encore accompli depuis le début de l'ère Open:  gagner trois fois de suite à Melbourne si c'est Djokovic, remporter coup sur  coup ses deux premiers tournois majeurs si c'est Murray.

Murray-Djokovic, rivaux depuis 12 ans

A New York, Murray avait mis fin à 76 ans de misère britannique en Grand Chelem après une bataille furieuse en cinq sets dans le vent, un scénario qui  pourrait se reproduire quatre mois plus tard, tellement les deux hommes se  connaissent bien et possèdent un jeu qui neutralise celui de l'autre. "On a le même âge, on est nés avec sept jours d'écart, en 1987, la même  année que Messi et Vettel, une bonne année pour le sport", souligne Djokovic. "On  s'est rencontrés lorsqu'on avait onze ou douze ans. Je me rappelle de lui tout  pâle et avec plein de cheveux. Ca rend notre rivalité différente des autres." Cette proximité se retrouve moins dans la personnalité, avec un Djokovic  aussi expansif que Murray est sérieux, que dans le style de jeu, où les deux  hommes excellent avec leur tennis offensif du fond du court basé sur un revers  à deux mains génial et une capacité à cavaler pendant des heures.

Pas étonnant dès lors que leurs matches durent généralement longtemps depuis que Murray, qui avait pris un peu de retard sur Djokovic au début de sa  carrière, a réussi à revenir sur le Serbe en termes de niveau de jeu. Si l'Ecossais est plus vieux de 7 jours que le Serbe, il n'a pas connu une réussite aussi précoce. L'année dernière, les deux hommes se sont rencontrés à sept reprises, dont  deux fois en Grand Chelem. Djokovic avait gagné la première manche, 7-5 au  cinquième set en demi-finale de l'Open d'Australie après 4h50 de combat. Murray  avait pris sa revanche après 4h34 de lutte en finale de l'US Open. "J'imagine qu'on est en droit d'attendre la même chose cette fois encore",  annonce Djokovic, déjà assuré de conserver sa place de N.1 mondial.

Quatrième finale à Melbourne pour "Nole", aucune défaite

Vainqueur de ses trois finales en Australie, en 2008, 2011 et 2012, le  Serbe se sent comme un poisson dans l'eau sur la Rod Laver Arena. Il a également plus d'expérience dans la victoire puisqu'il a déjà rangé  cinq trophées du Grand Chelem dans sa vitrine. Il a enfin l'avantage d'avoir  passé son test en cinq sets dès les huitièmes de finale face à Stanislas  Wawrinka, suivi de deux victoires expéditives sur Tomas Berdych et David Ferrer  jeudi, alors que Murray a dû batailler quatre heures avec Federer vendredi.

Mais l'expérience de ces dernières années montre qu'on encaisse plutôt  facilement aujourd'hui deux marathons consécutifs à ce niveau - 4 fois sur 5 le  vainqueur de la deuxième demi-finale vendredi a ensuite gagné le titre - et  Murray a déjà prouvé qu'il avait le physique pour durer. "Je pense honnêtement que l'issue de la finale dépendra essentiellement de  la forme du jour", tranche Murray, qui compte bien rester invaincu cette saison. Même si la dernière victoire d'un N.3 mondial sur le N.1 en finale d'un  Grand Chelem remonte à 1983 et la victoire de Mats Wilander sur Ivan Lendl qui  n'est autre que l'entraîneur de Murray aujourd'hui.