Open d'Australie : après son nouveau sacre, retour sur les quatre titres en Grand Chelem glanés en moins de trois ans par Naomi Osaka

Publié le , modifié le

Auteur·e : Apolline Merle
Naomi Osaka
Naomi Osaka a remporté son quatrième titre du Grand Chelem, à Melbourne, samedi 20 février. | David Gray / AFP

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Naomi Osaka s'est imposée à Melbourne, ce samedi 20 février, lors de la finale dames face à Jennifer Brady. Ce nouveau trophée s'ajoute à ses trois précédents titres du Grand Chelem, remportés en l'espace de trois ans. Alors que le tableau féminin est instable ces dernières années, Naomi Osaka pourrait bien devenir la nouvelle leader tant attendue du circuit.

Elle est la nouvelle reine de Melbourne. La Japonaise Naomi Osaka a été couronnée ce samedi 20 février à l'Open d'Australie après avoir battu l'Américaine et 24e mondiale Jennifer Brady. Avec ce nouveau titre, Naomi Osaka compte aujourd'hui sept titres, dont quatre trophées du Grand Chelem. Retour sur ce début de carrière fulgurant. 

► US Open 2018, la révélation 

A 20 ans seulement, Naomi Osaka remporte, le 9 septembre 2018,  son premier titre du Grand Chelem à l'US Open. Celui-ci fait d'elle la première personne de citoyenneté japonaise titrée, hommes et femmes confondus, en simple dans un tournoi du Grand Chelem. A l'époque, elle s'offre Serena Williams en finale, en deux sets (6-2, 6-4), dans un match qui tourne à la tragicomédie. L'Américaine, en quête de son vingtième titre du Grand Chelem, est rappelée à l'ordre par l'arbitre pour coaching après un geste mimé par son entraineur, Patrick Mouratoglou. Serena Williams, démentant ce contact avec son coach, confronte l'arbitre, le traitant de "voleur", ce qui lui vaut un jeu de pénalité après trois avertissements. 

Face à un tel scénario, la jeune joueuse de 20 ans, qui aurait pu être perturbée par un tel cinéma, reste focalisée sur son match et fait preuve d'un sang-froid hors du commun. Malgré une ambiance étrange, la Japonaise s'impose sans trembler, réalisant à peine son exploit. "J’ai du mal à réaliser là tout de suite, peut-être que dans quelques jours ce sera plus concret pour moi", confie-t-elle après sa victoire.

►Open d'Australie 2019 et le trône de numéro 1 mondiale

Lors de l'Open d'Australie 2019, Naomi Osaka réitère son exploit de l'US Open et glane un deuxième titre du Grand Chelem consécutif face à Petra Kvitova (7-6 [2], 5-7, 6-4). Dans ce match, elle s'applique à rester constante même si elle se complique la tâche en ratant trois balles de match. Mais comme lors de la sa première finale, elle balaye les moments de doute grâce à sa force de caractère. 

Ce deuxième titre en Grand Chelem lui permet de devenir numéro 1 mondiale à 21 ans seulement (plus jeune joueuse N.1 depuis Caroline Wozniacki en 2010). Un an auparavant, elle pointe encore à la 72e place mondiale. A l'époque, les commentateurs se demandent si la jeune Japonaise va devenir la leader du tennis féminin. Une ascension fulgurante pour Osaka qui a eu du mal à assumer ce nouveau statut.

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►US Open 2020, sérénité retrouvée 

Et de trois ! En deux ans, Naomi Osaka remporte en septembre 2020 son troisième tournoi du Grand Chelem. Malgré quelques doutes survenus après son deuxième titre - où lors des trois majeurs suivants elle n’avait pas dépassé les huitièmes de finale -, la Japonaise parvient à assumer son statut de favorite. 

Cette quinzaine américaine lui permet de renouer avec son destin et son caractère de championne. Malgré une mauvaise entame de match, elle trouve les ressources pour faire basculer l'issue de la rencontre. "Ca aurait été assez gênant de perdre en moins d'une heure, alors j'ai dû vraiment me battre pour cesser d'avoir ce mauvais comportement", a-t-elle ainsi confié à sa sortie du court Arthur-Ashe, le trophée en main. Sa force mentale a une nouvelle fois frappé.

► Open d'Australie 2021, la reine durablement sur le trône ?

Avec sa nouvelle victoire à l'Open d'Australie, Naomi Osaka refait son joli doublé d'il y a deux ans, où elle avait remporté l'US Open en 2018 et l'Open d'Australie en 2019. Il y a deux ans, elle n'avait que 21 ans et était propulsée numéro 1 mondiale de manière fulgurante. Aujourd'hui, elle a pris le temps du recul et s'est forgée son statut de championne"Après ma première victoire à l’US Open, je n’ai jamais eu le temps de prendre du recul. Le confinement m’a donné l’opportunité de penser à beaucoup de choses, à ce que je voulais accomplir, à la manière dont je voulais que les gens se souviennent de moi. Je me suis présentée sur ce tournoi avec cet état d’esprit", avait-elle expliqué en septembre dernier à l'US Open. 

Ce nouvel esprit fonctionne. Avec ce fameux "killer instinct" dont Serena Williams était la personnification, rien ne semble arrêter Naomi Osaka, qui paraît désormais prête à dominer le circuit féminin. Sa puissance, l'accélération de son jeu et sa défense, sans parler de sa nouvelle force mentale, font maintenant d'elle une joueuse incontournable.

Sa force mentale, sa "fierté"

Derrière son air détaché se cache une force de caractère impressionnante. "La chose dont je suis la plus fière" depuis la reprise post-confinement, "c'est combien je suis devenue forte mentalement", avouait Osaka après sa qualification pour la finale, en se disant également "plus sûre de [soi] en tant que personne". "J'avais l'habitude d'avoir des hauts et des bas, je doutais beaucoup de moi-même. Mais voir tout ce qui se passe dans le monde, la quarantaine, ça a remis beaucoup de choses en perspective, raconte-t-elle. J'avais tendance à évaluer mon existence à l'aune de mes victoires ou de mes défaites. Je ne ressens plus ça désormais."

Aujourd'hui, la "règle Osaka" se confirme. Quand la Japonaise franchit les huitièmes de finale en Grand Chelem, elle triomphe systématiquement. La Japonaise de 23 ans devient la première depuis Monica Seles et Roger Federer à sortir victorieuse de ses quatre premières finales majeures. Autre statistique qui impressionne : à 23 ans et 4 mois, Naomi Osaka est la huitième plus jeune joueuse au moment de remporter son quatrième titre en Grand Chelem, la plus jeune depuis Justine Henin qui avait remporté son quatrième titre à 23 ans à Roland-Garros en 2005.

Au prochain classement WTA lundi, Osaka grimpera à la deuxième place, derrière l'Australienne Ashleigh Barty. Sur le terrain, aucun doute cependant, c'est bien elle qui a tout de la future patronne du circuit féminin. Depuis août 2020 et la reprise du circuit mondial, elle est invaincue et a remporté deux titres du Grand Chelem. Sa dernière défaite remonte au 7 février 2020. Depuis l'Open d'Australie en 2017, elle est la seule joueuse à avoir glané quatre titres du Grand Chelem. 

Toutefois, Naomi Osaka doit maintenant franchir un cap sur terre et gazon, deux surfaces qui lui résistent et qui l'empêchent d'asseoir complètement sa domination. Mais au vu de ces derniers mois, Naomi Osaka semble avoir trouvé le déclic. Réponse à Roland-Garros au printemps prochain. 

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