Rafael Nadal
Rafael Nadal | WILLIAM WEST / AFP

Nadal-Smyczek: "Rafa" miraculé

Publié le , modifié le

Rafael Nadal s'est qualifié pour le 3e tour de l'Open d'Australie après un match de cinq sets (6-2, 3-6, 6-7, 6-3 et 7-5) et plus de quatre heures de jeu face au modeste Tim Smyczek, 112e joueur mondial. L'Espagnol a dû aller puiser dans ses plus profondes ressources pour renverser une affaire mal embarquée. Sans jus, Nadal se qualifie quand même et affrontera Sella au tour suivant.

S'il y a un joueur, un seul joueur capable sur le circuit de livrer ce genre de match, c'est Rafael Nadal. Ballotté, malmené, l'Espagnol a souvent semblé au bord de la rupture mais jamais il n'a flanché.

Après un premier tour maîtrisé face à Mikhaïl Youzhny, un joueur autrement plus dangereux sur le papier que Tim Smyczek, Rafael Nadal part du bon pied dans son match du deuxième tour. Malgré un service pas tout à fait réglé (57% de première), "Rafa" fait le job sur le second coup de raquette. Bilan, l'Américain ne se procure pas une seule balle de break dans la manche inaugurale. Une statistique interpelle déjà pourtant: Le Majorquin a commis plus de fautes directes (huit) que de points gagnants (six). Tout ne va pas bien dans la galaxie Nadal.

Smyczek joue sa chance à fond

L'impression se confirme dans le deuxième set. Une manche pendant laquelle le numéro 3 mondial concède par... trois fois sa mise en jeu ! Mieux Smyczek ne gâche aucune occasion de prendre le service adverse. C'est dire si le 112e mondial joue en confiance. Dans ce deuxième set, Smyczek fait le jeu. Le patron sur le court, c'est lui. Rafael Nadal a beau faire appel au docteur, il ne se reprend pas. L'Espagnol paraît sans énergie. Plus qu'une blessure, c'est un manque d'énergie qui frappe l'homme aux 14 trophées du Grand Chelem. Il reconnaîtra après la rencontre avoir été déshydraté.

Nadal est dans les cordes. Il ne s'attendait sûrement pas à avoir en face de lui un joueur qui joue le feu. Le troisième set est plus serré. Nadal s'accroche et réussit même le break à 4-4. Très bien placé pour passer en tête de la partie, Nadal craque de manière étonnante. Il perd son service puis concède le tie-break (7-2). Son comportement ne rappelle pas le Nadal combattant. En fait, le Majorquin connaît un match en dents de scie. Tantôt dans la partie, tantôt complètement dépassé par les frappes de son adversaire.

Nadal l'emporte au mental

Mais comme il s'appelle Rafael Nadal, il ne s'avoue pas vaincu. Au forceps, à l'expérience aussi sans doute, Nadal revient dans la partie. Sans rien faire d'exceptionnel mais en limitant son nombre de fautes par exemple (16 dans le 3e set, 6 dans le 4e). En joueur qui connaît les matches à haute tension, il n'a besoin que d'une balle de break pour prendre les devants et ne plus les lâcher dans cette manche (6-3).

Le premier jeu de l'ultime manche est un combat. Nadal se procure deux balles de break que Smyczek sauve brillamment. Celui qui n'avait jamais fait mieux qu'un troisième tour en Grand Chelem ne tremble pas, au contraire.D'ailleurs ses jeux de service sont beaucoup moins disputés que ceux du vainqueur à Melbourne en 2009. Malgré tout, aucune mise en jeu n'est perdue. Tim Smyczek fait la course en tête. Jusqu'à 5-5 moment choisi par "Rafa" pour faire le break. Mais le Marjorquin n'est toujours pas au top de sa forme. Ses trois premières balles de match sont gâchées. Mais sur la quatrième, il ne tremble pas et conclue la partie sur le score hallucinant de 6-2, 3-6, 6-7 (7/2), 6-3 et 7-5 et 4h11 de jeu. L'ogre de Manacor confirme qu'en cinq manches il est l'un des meilleurs joueurs de l'histoire (17 victoires pour cinq défaites désormais). Au prochain tour, il évitera Lukas Rosol qui l'avait éliminé deuxième tour de Wimbleon en 2012 et affrontera Dudi Sella.