Rafael Nadal Australie 2016
Rafael Nadal a salué le public australien qui l'a applaudi au moment de sortie du court après sa défaite au premier tour | AFP - WILLIAM WEST

Melbourne : Rafael Nadal va se remettre au travail après sa défaite douloureuse contre Verdasco

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Battu dès son entrée en lice à l’Open d’Australie par son compatriote Fernando Verdasco, Rafael Nadal accusait le coup en conférence de presse. Cette défaite en cinq sets fait mal, d'autant plus que le Majorquin sortait d’une finale à Doha. Malgré la déception, il ne veut pas baisser les bras et l’a promis, il va se remettre au travail.

Il est sorti sous les applaudissements nourris de la foule. Après 4h41 de jeu, Rafael Nadal a quitté la Rod Laver Arena. Après une défaite qui est arrivé beaucoup plus tôt qu’il n’avait prévu dans le tournoi. Une défaite au premier tour qu’il n’avait vraiment pas vu venir. "C'est dur, surtout parce que c'est très différent de l'an dernier, où j'étais arrivé en Australie en jouant mal et sans me sentir vraiment prêt. Cette année, c'était totalement différent. Une autre histoire. Tout allait bien, je jouais très bien à l'entrainement, j'avais beaucoup bossé et bien bossé. Alors, oui, c’est dur quand vous travaillez si dur, que vous arrivez dans un grand rendez-vous et que vous partez si tôt. C'est une défaite qui fait très mal".

A Melbourne en 2015, il s’était fait sortir en quarts par Tomas Berdych. Une élimination en trois sets, sans ménagement. Là, face à un adversaire avec lequel il avait livré un combat dantesque en demi-finale en 2009, il y a cru et a eu plusieurs opportunités : il était à deux points du match dans le quatrième set (6-5 pour Nadal et 0-30 sur le service de Verdasco), il a breaké d’entrée dans la cinquième manche (0-2) avant de voir son avance fondre devant les coups de butoir de l’autre gaucher espagnol. "Il a joué de manière incroyable au dernier set. Il a eu beaucoup de réussite sur toutes ses balles frappées à pleine puissance. Je dois le féliciter pour ça. Il a été plus agressif que moi, il a pris plus de risques et il a gagné", a commenté Nadal.

Le coup droit fait défaut

Déçu et abattu, Nadal est revenu sur les raisons d’une telle défaite. D’après lui, cela tient autant du niveau de son adversaire qui "a joué aujourd’hui beaucoup mieux qu’il ne l’a fait ces derniers mois", qu’au sien. Face à un adversaire qui a passé son temps à arroser (90 points gagnants, 91 fautes directes), Nadal a été trop timide (30 points gagnants, 37 fautes directes). Il a tout de suite ciblé ce qui n’a pas été. "Mon coup droit. Je n'ai pas réussi à lui poser de vrais problèmes avec mon coup droit. Même sur mes coups droits, il arrivait à taper des coups gagnants. Ça ne devrait pas arriver. Je ne saurais pas vous dire la raison exacte pour être honnête. Mais mon coup droit n'a pas bien fonctionné, c'est un fait".

Cette arme ,par le passé si ravageuse, a aujourd’hui à peine gêné un Verdasco en pleine confiance dans le dernier set. Trop de coups droits ont terminé au milieu de court laissant toute latitude à l’ancien numéro 8 mondial de balancer ces "parpaings" qui ont mis Nadal sur le reculoir. Cet avantage au tableau d'affichage dans le dernier set n'a duré que quelques minutes, le temps que Verdasco se réveille. Les six jeux d'affilée encaissés sont cruels. La grinta, le sentiment de révolte légendaires du Majorquin n'ont pas suffi. On a même eu du mal à les apercevoir durant cette dernière manche. Sans solution, Nadal a fini par craquer totalement. Mais plus que ce cinquième set, c'est surtout son niveau de jeu dans le premier set que Nadal regrettait. "Là, Fernando ne jouait pas spécialement bien et il n'aurait pas dû gagner ce set", a assuré le numéro 5 mondial qui a perdu cette première manche au tie-break.

Le travail, toujours le travail

Comme à chaque élimination prématurée, à chaque défaite, Rafael Nadal n’a qu’un remède à la bouche pour remettre son tennis à l’endroit : le travail. "Il n’y a rien d'autre à faire que de continuer à travailler dur, à s'entraîner de la même façon que ces quatre ou cinq derniers mois. Aujourd'hui, je n'ai pas été capable de retranscrire sur le court la façon dont je m'entraîne. C'est cela qui est frustrant". Comme à Wimbledon et l’US Open l’an dernier, Nadal disparaît de Melbourne avant la fin de la première semaine.

Un constat cinglant dans lequel l’Espagnol refuse de voir une fatalité. L’an dernier après son quart à l’Open d’Australie, il était allé se refaire une santé sur la terre battue sud-américaine. Une tournée soldée par une demie (Rio) et un titre (Buenos Aires), mais qui n’avait pas permis au Majorquin de retrouver la confiance après laquelle il court depuis maintenant un an et demi – son titre à Roland-Garros 2014. Ce n’est pas ce revers prématuré qu’il va l’aider.