L'Open d'Australie est-il menacé par les incendies monstres ?

Publié le , modifié le

Auteur·e : AFP
La Rod Laver Arena de Melbourne
La Rod Laver Arena de Malbourne | YORICK JANSENS / BELGA MAG / BELGA/AFP

Retrouvez l’offre
france tv sport sur

L'Open d'Australie, premier Grand Chelem de la saison, est censé débuter lundi à Melbourne en pleine crise des feux de forêt en Australie qui ont provoqué la mort d'au moins 27 personnes et un milliard d'animaux. Le tournoi est-il réellement menacé par ces incendies ?

La pollution atmosphérique toxique a assombri la ville de Melbourne ce mardi, interrompant les séances d'entraînement et retardant légèrement les qualifications de l'Open d'Australie. Alors que le premier Grand Chelem de la saison doit débuter dans une semaine, quels dangers planent sur le tournoi et la santé des joueurs?

Le niveau de pollution jugé "dangereux"

Quels sont les dangers ?

La pollution de l'air est la principale menace pesant sur le premier tournoi majeur de la saison. La fumée dégagée par les incendies monstres, couplée aux très fortes températures de l'été australien, pourraient avoir un impact sur la santé des joueurs et des spectateurs. Les autorités de Melbourne ont qualifié le niveau de pollution de l'air de "dangereux" et ont demandé aux habitants de rester cloitrés chez eux, vitres fermées, avec leurs animaux domestiques. La Slovène Dalila Jakupovic a dû abandonner mardi au premier tour des qualifications, souffrant de quintes de toux sur le court.

"J'ai vraiment eu peur de m'évanouir (...) Ce n'est pas sain pour nous" de jouer dans ces conditions, a déclaré la 180e joueuse mondiale. L'Australien Bernard Tomic a lui fait appel à un médecin car il avait du mal à respirer, lors de sa défaite en qualifications. Le directeur de l'Open d'Australie, Craig Tiley, a jusqu'aujourd'hui toujours répété qu'il s'attendait à ce que le tournoi se déroule comme prévu.

à voir aussi Open d'Australie : les entraînements suspendus à cause des incendies, un abandon dans les qualifications Open d'Australie : les entraînements suspendus à cause des incendies, un abandon dans les qualifications

La situation peut-elle empirer ? 

Les feux à l'est de Melbourne risquent de brûler tout au long du tournoi en dégageant toujours plus d'épaisses fumées. "Tout va dépendre des vents", a déclaré à l'AFP Christine Jenkins, professeur en médecine respiratoire à l'Université de Nouvelle-Galles du sud à Sydney. "Allons-nous avoir de nouvelles périodes de forte pollution? La question reste ouverte". Mardi, les contrôleurs de la qualité de l'air ont enregistré une pollution 20 fois supérieure aux normes sanitaires dans certaines parties de Melbourne.

Les joueurs(ses) montent au créneau 

Quels sont les risques pour la santé ? 

La pollution "augmente les risques de symptômes respiratoires mais aussi de problèmes cardiovasculaires, d'irritations oculaires et de troubles mentaux", a prévenu le professeur Yuming Guo, chef du service de recherches sur le climat et la qualité de l'air à l'université Monash de Melbourne. "Cela peut avoir une influence sur la performance des joueurs".

à voir aussi Open d'Australie : face aux risques pour leur santé, la grogne des joueurs monte Open d'Australie : face aux risques pour leur santé, la grogne des joueurs monte

Comment les joueurs sont-ils protégés ?

Des experts en météorologie et en qualité de l'air seront sur place à Melbourne pour surveiller la pollution. A la moindre alerte, les matches seront suspendus, comme en cas de très fortes chaleurs. En outre, le Melbourne Park dispose de trois courts dotés d'un toit rétractable ainsi que de huit courts en indoor qui seraient moins touchés par une pollution atmosphérique. "Quand on trouve des médecins qui affirment que jouer par 45 degrés n'est pas dangereux à l'Open d'Australie et des juges arbitres qui affirment que l'herbe mouillée n'est pas glissante à Wimbledon, on doit bien pouvoir trouver un expert qui certifie que la qualité de l'air est suffisante non?", a ironisé sur Twitter le Français Gilles Simon.

"Pourquoi devons-nous attendre qu'il se passe quelque chose de mauvais pour agir?", a tweeté l'Ukrainienne Elina Svitolina, finaliste du dernier Masters, avec une infographie indiquant que la qualité de l'air est "très mauvaise pour la santé" à Melbourne. 
 

La balle est dans le camp des organisateurs

L'Open d'Australie risque-t-il d'être annulé ? 

Très peu probable. Même si la pollution de l'air augmente fortement, les organisateurs auront du mal à se résoudre à annuler l'un des principaux événements sportifs de l'année en Australie, un des quatre tournois majeurs de la saison avec l'US Open, Roland Garros et Wimbledon. S'ils devaient néanmoins s'y résoudre, il n'y aurait pas de problème financier, le tournoi étant protégé par des compagnies d'assurance, selon la presse australienne. Le professeur Guo estime cependant que les organisateurs devraient prendre la décision "de reporter ou d'annuler le tournoi si la pollution de l'air reste élevée".

"Les gens qui jouent ou qui s'entraînent sont plus affectés que les autres par la pollution de l'air parce qu'ils inhalent profondément et forcent ainsi l'air à entrer au plus profond de leur système respiratoire où les pollutions s'accumulent et demeurent plus longtemps", a-t-il expliqué.

à voir aussi Incendies en Australie : "revoir les modèles" du cyclisme selon Bardet Incendies en Australie : "revoir les modèles" du cyclisme selon Bardet

D'autres événements ont-ils été impactés ?

Le mois dernier, la pollution de l'air a empêché la tenue d'une course à la voile dans la baie de Sydney et un match de cricket à Canberra par manque de visibilité. En novembre, le Rallye d'Australie a été annulé. Lors de l'Open de golf d'Australie à Sydney le mois dernier, les joueurs se sont plaints d'avoir les yeux qui piquent et le champion 2015 Matt Jones a déclaré que les conditions étaient parmi les pires qu'il ait jamais rencontrées. Mais la plupart des rencontres sportives ont eu lieu. L'Australie a joué des matches de cricket contre la Nouvelle-Zélande à Melbourne et à Sydney. Et durant 10 jours s'est tenu l'ATP Cup à Sydney, Brisbane et Perth sans problèmes sérieux.

AFP