Roger Federer
Roger Federer | PAUL CROCK / AFP

Les grands enjeux de l'Open d'Australie

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Les Internationaux d'Australie débutent dans la nuit de dimanche à lundi à Melbourne Park. Quelques grandes questions se posent alors que la saison vient juste de reprendre.

Novak Djokovic réussira-t-il la passe de trois ?

Oui. Intraitable dans la Rod Laver Arena depuis deux ans, triple vainqueur de l'épreuve (2008 contre Jo-Wilfried Tsonga, 2011 face à Andy Murray et 2012 contre Rafael Nadal), Novak Djokovic vient de boucler une deuxième année consécutive en tête du classement ATP. Battu par Bernard Tomic lors d'un match à la Hopman Cup, le Serbe ne paraît pas encore revenu au meilleur de sa forme. Mais comme d'habitude, plus il avancera dans le tableau, plus il deviendra redoutable. Sa rage de vaincre est sans limite. Et il n'aura pas à battre Murray ET Federer.

Roger Federer remportera-t-il un 18e Majeur ?

Difficile. Avec le "Maestro", tout est possible mais son parcours est compliqué (Murray puis Djokovic à écarter). Combien de fois les observateurs l'ont enterré alors que pas un de ses rivaux ne s'est risqué à annoncer son déclin. Bien leur en a pris puisque le Suisse a remporté son 7e Wimbledon en juillet 2012. A Melbourne, Federer a toujours brillé depuis 2004 (4 succès, une finale, 4 demies). Il adore la surface et son jeu porté vers l'avant le fait moins "suer" que les autres cadors, obligés de courir davantage. Sans Nadal, Federer n'a plus de "bête noire". Mais Djokovic, qui mène 2-1 dans leurs confrontations, n'a plus perdu contre lui ici depuis 2007.

Andy Murray enchainera-t-il après l'US Open ?

Oui et Non. Oui, Andy Murray va rejouer à un niveau très élevé à Melbourne, comme il a pu le faire ces dernières saisons (finales en 2010 et 2011, demie en 2012). Mais non il ne gagnera pas le tournoi car il aura du mal à terrasser Del Potro, Federer puis Djokovic (dans cet ordre). Il a d'ailleurs buté sur le Suisse en 2010 puis le Serbe ces deux dernières années. N'oublions pas qu'il avait battu Ferrer en demi-finales de l'US Open pendant que Djokovic et Federer s'étripaient. Nadal n'est toujours pas revenu mais son rang de 3e mondial est un désavantage par rapport aux deux autres.

Combien de Français atteindront la deuxième semaine ?

Trois. Soyons optimistes. En plus de Tsonga, Richard Gasquet et Gilles Simon sont tout à fait en mesure d'atteindre les huitièmes de finale de ce premier tournoi du Grand Chelem de la saison. Le Biterrois a déjà atteint ce stade à trois reprises, le Niçois est allé en quarts en 2009 et le Manceau compte une demie et une finale. Derrière, ce sera plus difficile pour Benneteau (opposé d'entrée à Grigor Dimitrov), et pour Monfils (contre Dolgopolov) ou Paire (aux prises avec Federer) qui ne sont pas tête de série. Ca passera par un exploit au moins. Et on ne parle pas de Llodra (contre Tsonga) ou PHM (face à Djokovic). Chardy joue un qualifié.

Y aura-t-il un nouveau vainqueur en Grand Chelem ?

Non. Parmi les prétendants se trouvent des joueurs du calibre de David Ferrer (5e à l'ATP), Tomas Berdych (6e) ou Tsonga (8e), mais également de grands espoirs comme Milos Raonic (15e), Grigor Dimitrov (41e) ou Bernard Tomic (64e). Malheureusement pour eux, aucun ne semble en mesure de battre (au moins) deux des trois meilleurs mondiaux pour accéder à son rêve. Les trois premiers sont trop limités et les trois autres trop tendres. Pourtant, cela ferait du bien au tennis de voir de nouveaux visages secouer le cocotier.

Serena Williams reprendra-elle la première place mondiale ?

Oui, sans aucune hésitation. D'abord, l'Américaine n'a perdu qu'un match depuis Roland-Garros 2012 ! Elle est quasiment imbattable quand elle évolue en confiance. Ensuite, elle adore Melbourne (elle a gagné l'Open d'Australie à cinq reprises, plus qu'aucun autre Grand Chelem). Enfin, elle n'est même pas obligée de s'imposer. En cas de défaite, Victoria Azarenka, tenante du titre, perdrait de nombreux points. Et Maria Sharapova (2e à la WTA) était finaliste. Alors que Serena s'était inclinée dès les huitièmes l'an passé…

Marion Bartoli ira-t-elle en quarts de finale ?

Non. Déjà, la Française n'aime pas particulièrement les conditions de jeu à Melbourne où il fait souvent très chaud. Son jeu demandant une grosse débauche d'énergie, la Française n'est pas favorisée. Ensuite, elle ne s'est qualifiée qu'une fois pour la deuxième semaine (en 11 participations): en 2009 quand elle a atteint les quarts de finale. Enfin, elle semble régresser depuis son formidable printemps 2012 (demie à Paris, quart à Wimbledon). A priori, elle est plus sur la pente descendante que l'inverse. Maintenant, le tirage au sort a favorisé la Française (Medina Garrigues au 1er tour puis vraisemblablement Angélique Kerber en huitièmes).

Victoria Azarenka conservera-t-elle son titre ?

Non, a priori. La Biélorusse, victorieuse l'an dernier, ne part pourtant pas favorite pour cette édition 2013. La faute à Serena Williams, intraitable depuis sept mois. Pourtant, c'est la Slave qui a terminé numéro 1 mondiale en novembre dernier. Et c'est encore elle qui s'affiche comme le meilleur rempart au nouveau règne annoncé de l'insatiable Américaine. Mais Azarenka a perdu ses trois matches contre Serena à Melbourne (au 3e tour en 2008, en huitièmes en 2009, en quarts en 2010). ET elle devrait logiquement la retrouver en demi-finale fin janvier.