Gilles Simon
La défense de Gilles Simon | MAXPPP - JULIAN SMITH

Gilles Simon perd le combat des guerriers avec David Ferrer à Melbourne

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Il n'y a plus de Français en lice à l'Open d'Australie, à l'aube de la deuxième semaine. Après la défaite d'Alizé Cornet, Gilles Simon (N.18), malgré un énorme combat notamment aux 2e, 3e et 4e sets, a fini par céder face à David Ferrer (N.9) 6-2, 7-5, 5-7, 7-6 (7/4) après 3h40. L'Espagnol, que le Français avait battu au dernier US Open au même stade, prend sa revanche et affrontera au prochain tour Kei Nishikori (N.5). Pour la 3e fois en 15 ans, aucun Français, chez les hommes comme chez les femmes, ne sera présent en deuxième semaine d'un Grand Chelem (après Wimbledon 2000 et Melbourne 2011).

Le bras de fer était attendu. Il a eu lieu. Intense, superbe, avec des coups magnifiques et un suspense incroyable. Gilles Simon a eu sa chance, mais il n'est pas parvenu à faire plier un David Ferrer exceptionnel de solidité. C'est une habitude pour lui. Et comme lors de leur dernier duel, à l'US Open, le combat a été féroce entre deux excellents relanceurs, deux joueurs aux contres assassins. Et si la victoire est revenue à l'Espagnol, le voir frapper sa raquette au sol, chose très rare chez lui, comme il l'a fait en perdant son jeu de service à (5-4) dans le 3e set, prouve qu'il n'a jamais été serein dans ce match. Reste qu'à force de courir après les balles et surtout après le score, le Français a dû céder. Non sans avoir montré, une énième fois, un talent de combattant extraordinaire.

L'entame de la rencontre plaçait les deux hommes dans leur filière: le retour. Gilles Simon perdait son service d'entrée, David Ferrer faisait de même (1-1). Mais il était le premier à refaire la différence, pour mener (3-2), ce que ne parvenait pas à faire le Français au jeu suivant. En 34 minutes, le 10e mondial empochait la mise (6-2), avec la bagatelle de 62% de points gagnés en retours (contre 39% à Simon). Il semblait partir sur le même rythme dans la deuxième manche, qu'il menait (3-1). Mais le 20e mondial parvenait à recoller en profitant d'une des nombreuses erreurs de son adversaire en coup droit (3-3). Malheureusement, le protégé de Jan De Witt perdait une nouvelle fois son service (4-3), mais refaisait encore surface au jeu suivant sur une autre erreur en coup droit de l'Ibère (4-4). S'il menait (5-4), "Gilou" était encore breaké à (5-5), et perdait le set (7-5) au terme de 1h11 de combat.

Ferrer tremble au moment de conclure 

Le troisième set semblait être un "copié-collé" de la première puisque David Ferrer s'emparait de l'engagement adverse pour mener (3-2). Son avantage résistait aux différentes tentatives de la tête de série N.18, jusqu'à 5-4. A ce moment là, l'Espagnol servait pour le match. Mais il ratait totalement son jeu, terminant sur une double-faute, pour laisser Simon revenir encore une fois. Chose rare chez lui, le 10e mondial tapait sa raquette au sol de rage. Le Français sentait la bonne occasion, et après son jeu de service gagné avec autorité, il s'emparait du set, sur un dernier break blanc, conclu sur un terrible revers de Ferrer au milieu du filet (7-5). Le combat avait cette fois duré 49 minutes, alors qu'au total, les deux joueurs étaient sur le court depuis 2h35. Dans cet acte, Simon avait remporté 36 points gagnants, contre 29 à son rival.

David Ferrer en plein effort
David Ferrer en plein effort

Néanmoins, il ne pouvait pas se réjouir longtemps. Comme depuis le début du match, il était encore condamné à courir après le score en cédant son service d'entrée (1-0). Peu à peu, il faiblissait, ne parvenant plus à repousser son adversaire, et à placer ses "long de ligne" assassins. Il faisait appel au kiné, pour masser ses jambes même si sa débauche d'efforts ne s'en ressentait pas. David Ferrer obtenait même un double break pour mener (5-1). Comme au 3e set, l'Espagnol servait pour conclure à (5-2), et encore une fois, le Français jouait son va-tout pour refaire une partie de son retard (5-3). La peur de gagner rattrapait son adversaire, en même temps que les crampes pour Simon... Ses jambes tendues libéraient son bras et sa tête. Il était toujours en vie pour forcer son rival à servir, une troisième fois, pour le match (5-4). Et encore une fois, David Ferrer se montrait plus attentiste, plus nerveux, moins précis, et ratait encore cette occasion, encore sur une faute de coup droit.

A (5-5), le mental de Ferrer était au plus mal, celui de Simon au plus haut. Passé si près de l'élimination, le 20e mondial lâchait tous ses coups, tout en relâchement, pratiquant le jeu que beaucoup rêvent de le voir faire plus souvent. Mais dans le jeu décisif, il perdait d'entrée son service (2-0), puis revenait (2-1) avant de commettre une double faute en étant pris de crampes (4-2). L'Espagnol se procurait ses premières balles de match à (6-2). Les deux premières étaient sauvées, pas la troisième, avec un coup droit qui sortait de peu en fond de court. Au bord des crampes, le 10e mondial finissait enfin un match qui a bien failli lui échapper.

Et cette défaite pouvait laisser quelques regrets à Gilles Simon: "Je ne joue pas un Grand Chelem pour m'arrêter au 3e tour, même face à un joueur aussi fort que lui, même si ça a été un super match", disait-il après la rencontre.