Andy Murray
Andy Murray entre dans l'histoire britannique en remportant un premier titre du Grand Chelem depuis 1936 | CHRIS TROTMAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Murray remporte son premier Grand Chelem

Publié le , modifié le

Andy Murray est venu à bout du vent et de Novak Djokovic dans cette finale de l'US Open et devient ainsi le premier Britannique depuis Fred Perry en 1976 à décrocher un titre majeur. Il aura fallu cinq sets 6-7(10), 5-7, 2-6, 3-6, 6-2 et 4h54 de match pour voir l'Ecossais enfin réaliser son rêve au bout de sa cinquième finale.

Quelle année pour Murray! Alors que leur dernier affrontement s'était conclu par un succès du Britannique en demi-finale du tournoi olympique à Wimbledon qu'il avait par la suite remporté, les deux hommes se retrouvaient lundi pour se disputer un titre du Grand Chelem, titre pour lequel l'Ecossais courait toujours après quatre finales perdues.

Murray sort les voiles

Le vent qui avait écourté la première manche de son match face à David Ferrer était certes moins intense, mais tout aussi présent. Trois minutes, et quatre fautes directes du Serbe plus tard, Andy Murray prenait d'ailleurs le service du N.2 mondial sur un jeu blanc (0-1) qui repensait peut-être à son début de rencontre catastrophique face à Ferrer en demie. Si "Nole" recollait aussitôt, il avait toujours du mal à se montrer percutant et trouver les bonnes distances en raison du vent et se faisait à nouveau breaker sur une double faute (2-3).

Malgré un échange de 54 coups perdus sur une faute directe, Andy Murray parvenait à confirmer son break (2-4), mais ne gardait pas longtemps son avance malgré une défense de fer et un point spectaculaire (4-4). Le vent baissant d'intensité, le Serbe en profitait pour hausser le rythme et enchaînait trois jeux de suite (5-4). Sous les yeux d'un Ivan Lendl impassible, Murray revenait à son tour et les deux hommes devaient finalement en découdre dans le jeu décisif. Alors que Djokovic menait 5-3, c'est bien Murray qui se procurait une première balle de set, une deuxième, une troisième, une quatrième, une cinquième, puis une sixième pour enlever cette première manche 7-6 (10) après 1h27 de combat.

"Je ne sais pas comment j'ai fini par l'emporter"

Adversaires ce lundi, amis dans la vie, les deux joueurs s'étaient affrontés à 14 reprises avant cette finale, pour un bilan légèrement en faveur du Serbe (8 succès pour six défaites). Encore groggy par cette perte de la première manche, l'ancien N.1 mondial encaissait un 10-2 en début de deuxième set et se voyait même mené 3-0 en quelques minutes. Djokovic perdait le fil de son jeu et Murray s'envolait à 4-0 après un échange interminable. Mais le Serbe était loin d'avoir dit son dernier moment et finissait par recoller, avant de céder à nouveau à 5-5.

Au terme de deux premiers sets très disputés, que Murray a enlevés in extremis, le Serbe, tenant du titre, était pourtant parvenu à retourner la situation. Le numéro deux mondial, dont le palmarès compte cinq titres du Grand Chelem, a remporté les deux manches suivantes sans difficulté et semblait sur le point de devenir le premier joueur à gagner l'US Open malgré un handicap de deux sets depuis Pancho Gonzales en 1949. "Les conditions étaient incroyablement difficiles, a souligné Murray. Après le troisième et le quatrième set, c'était dur mentalement pour moi. Novak est tellement fort. Je ne sais pas comment j'ai fini par l'emporter", a-t-il souligné.

Djokovic est "heureux"

Le tout récent champion olympique, qui s'est montré plus percutant sur les points décisifs, a su réagir dès le début de la dernière manche en prenant deux fois le service adverse. Victime de crampes, le Serbe s'est incliné après quatre heures et 54 minutes de jeux, soit la même durée que la finale remportée en 1988 par Matts Wilander aux dépens d'Ivan Lendl, aujourd'hui entraîneur de Murray.

"J'ai eu un grand adversaire, aujourd'hui, a reconnu Djokovic. Il méritait de remporter ce titre du Grand Chelem plus que n'importe qui. J'en suis convaincu parce qu'il fait partie des meilleurs joueurs depuis des années. Il est passé si près en perdant quatre finales. Désormais il l'a gagnée, alors je tiens à le féliciter. Je suis heureux qu'il l'ait remportée."

Romain Bonte