Lucie Safarova
Lucie Safarova, une rage de vaincre désormais permanente. | Miguel Medina - AFP

Masters féminin - Safarova, une Lucie enfin lucide

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A Singapour, le Masters a commencé chez les dames. Grâce notamment à sa place de finaliste, en juin dernier, à Roland-Garros, la Tchèque Lucie Safarova s'est hissée dans ce Top 8 et participe donc à l'épreuve. En l'absence de Serena Williams, le tournoi est particulièrement ouvert cette année. Pour l'ambitieuse tenniswoman originaire de Brno, tout commence ce lundi contre l'Espagnole Garbine Muguruza. A elle de chasser ses vieux démons pour ne pas craquer mentalement.

Prendre un set à Serena Williams en finale d'un tournoi du grand chelem, ce n'est pas donné à toutes les joueuses du circuit. C'est pourtant ce qu'a vécu Lucie Safarova, en juin dernier, sur la terre battue de Roland-Garros, contre l'impressionnante Américaine. Menée d'une manche (6-3), la Tchèque a serré le jeu dans le second acte pour l'arracher au tie-break, contre une Serena quelque peu déstabilisée. Dans le set décisif, l'ex de Thomas Berdych a même pris les devants (2-0), avant de céder complètement face aux coups de boutoir de la frangine Williams (6-2). "Je suis fière de m'être battue, d'être parvenue à revenir dans le match, analysait la Tchèque après coup. J'ai vécu des émotions incroyables avec le public parisien qui m'a tellement aidée. Je n'ai aucun regret sur cette finale, j'ai lâché mes coups, en essayant d'être agressive. Serena était simplement meilleure." Finalement, Lucie Safarova a surtout pu apprécier le chemin parcouru, elle qui a rejoint le circuit professionnelle, alors qu'elle n'avait que quatorze ans en 2001.

Parfois petit bras !

Excellente serveuse, précise en coups droits, cette talentueuse gauchère a longtemps vécu dans l'ombre de sa grande soeur Veronika, de dix ans son aînée et également joueuse de tennis. Son parcours a longtemps été jonché d'irrégularités, de sautes de concentration et de petits bobos. Lucie ne parvenait pas à aligner une saison régulière. La faute aussi à une fragilité psychologique qui lui a joué des tours, au moment des instants cruciaux d'un match. Comme sur les balles de match. Petit bras, "Safa ! "J'ai souvent été proche du but, mais ça n'a pas marché, alors je me suis dit : "Continue de travailler dur, les bons moments viendront..." Aujourd'hui, même si je rate une balle de match, je sais que je peux le faire." La gauchère de Brno ne se crispe plus. Question d'expérience. En 2007, elle élimina tout de même, à Melbourne, Amélie Mauresmo, alors numéro 2 mondiale. Elle devient finaliste à Coubertin la même année, après avoir tout de même sorti Svetlana Kuznetsova puis Justine Hénin. Elle n'avait alors que 19 ans...

Muguruza en ligne de mire

Grande fan de Steffi Graf et de Lindsay Davenport, elle a véritablement franchi un palier au printemps sur les courts de la Porte d'Auteuil, en dominant notamment Maria Sharapova puis Ana Ivanovic pour atteindre l'apothéose et se glisser dans le Top 10 mondial. Lucie Safarova a vite digéré sa déception en finale puisque, dès le lendemain, avec l'Américaine Bethanie Mattek-Sands, elle remportait le double Dames. Un joli lot de consolation. D'ailleurs, c'est avec sa coéquipière qu'elle a inauguré son aventure à Singapour, hier dimanche, lors du Masters en double. Elles ont dominé au premier tour le duo espagnol Muguruza-Sanchez Navarro (6-3, 7-6). Une Garbine Muguruza qu'elle retrouve donc ce lundi, mais cette fois en simple. Ce coup-ci, elle ne devrait pas trembler.

Nicolas Gettliffe