Jo-Wilfried Tsonga
Le Français Jo-Wilfried Tsonga concentré | AFP - ANADOLU AGENCY - MUSTAFA YALCIN

Tsonga, les trois clés d'une victoire contre Nishikori à Bercy

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Pour la 7e fois en 10 participations, Jo-Wilfried Tsonga se trouve en 8e de finale du BNP Paribas Masters de Bercy. Pour aller en quarts une 5e fois, le Manceau doit se défaire d'un Kei Nishikori, qui l'avait battu ici-même en 2013 et 2014 et qui l'a dominé à cinq reprises lors de leurs 7 duels. Le Japonais fait partie de ces joueurs qui lui posent de gros problèmes. Pour poursuivre sa route, la tête de série N.11 doit réaliser un match plein dans trois secteurs face au 5e mondial.

Le service

14 aces, 69% de 1res balles et 96% de points inscrits lorsque sa première balle passe. Jo-Wilfried Tsonga rêve d'avoir ce genre de statistiques, réalisées contre Albert Ramos Vinolas au 2e tour, à l'issue de son match contre Kei Nishikori. "J'ai fait mon meilleur match au service depuis plusieurs années", estimait-il après sa qualification. Sur une surface parisienne de plus en plus rapide, son engagement est toujours une arme. Contre le Japonais, très performant en retour, la mise en jeu conditionne le résultat du match.

En effet, lors des deux succès du Français contre cet adversaire, à Roland-Garros en 2015 et à Shanghaï en 2013, il avait combiné deux statistiques vitales: passer plus de 60% de premières balles, et dépasser les 83% de points sur ce premier service. Car le point commun de ses cinq défaites, malgré plus d'une dizaine d'aces par match, c'est qu'il n'est jamais parvenu à cette efficacité. En début de saison, à l'Open d'Australie, ses 13 aces avaient été annihilées par 8 doubles fautes, et les 60% de 1res balles ne lui avaient pas permis de dépasser les 63% de points sur ce coup. Idem lors de ses deux défaites à Bercy, en 2013 et 2014: son efficacité sur 1res balles (respectivement 75% et 81%) avait été minimisée par son manque de régularité (50% de 1ères balles et 5 doubles fautes en 2014, 57% et 8 doubles fautes en 2013).


 

Le gain de temps

Jo-Wilfried Tsonga n'est jamais aussi à l'aise que lorsqu'il dicte le jeu. Contourner son revers pour placer ses énormes frappes de coup droit, le schéma est connu, mais tellement efficace. Néanmoins Kei Nishikori fait partie de ces joueurs qui l'empêche d'installer son jeu. En prenant la balle tôt, en contrant souvent avec une virulence presque égale entre le coup droit et le revers, le Nippon ne lui laisse pas le temps de s'organiser. Pour le protégé de Thierry Ascione, c'est une course contre la montre. Gagner du temps et des centimètres dans le terrain, tel est son objectif. Son service doit lui en donner, et dans l'échange, il se sait condamner à saisir chaque opportunité d'agresser son rival. Quitte à faire des fautes. "Cela va être important de très bien servir mais aussi d'être solide dans le jeu, d'être agressif", reconnaissait-il après sa qualification au sujet de ce match. Pour caricaturer, c'est la force d'un côté face à la vitesse.

L'endurance

Après une saison marquée par des blessures, Jo-Wilfried Tsonga semble de retour, tant physiquement que tennistiquement. "Je suis détendu parce que je me sens bien", souriait-il hier soir. Mais il se connaît trop bien pour ne pas se méfier de l'avenir. "Je suis un joueur qui n'a pas toujours été capable d'enchaîner les tournois. À chaque fois que j'ai fait un bon résultat dans un tournoi le suivant n'était pas forcément bien. Ce serait bien que ce soit mieux qu'auparavant." Après sa finale à Vienne, le Français est sur la retenue, d'autant plus que son physique (et son genou notamment) l'a obligé à modifier son geste au service. "C'était presque au niveau tennistique vital parce je n'arrivais pas enchaîner les matches. Il y avait toujours un moment donné où j'avais mal au genou parce que je tirais trop dessus, peut-être."

Or, contre Kei Nishikori, rien n'est jamais facile. Sur leurs 7 confrontations passées, seulement 2 se sont soldées par une courte victoire: cette année à Melbourne (succès en 3 sets du Nippon en 2h) et en 2013 à Shanghaï (victoire en deux sets du Français en 1h30). Sinon, les deux hommes vont toujours au bout des possibilités (5 sets en Grand Chelem comme à Roland-Garros 2015 en 3h45 ou Open d'Australie 2012 en 3h30, et trois sets pour les autres entre 2h et 2h30). Au-delà de la tactique et du tennis, ce duel sera donc un affrontement physique.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze

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