Tsonga Jo-Wilfried poing rageur 2011
Jo-Wilfried Tsonga | AFP - Leon Neal

Tsonga fonce sur Federer, Nadal cale sur Dodig

Publié le , modifié le

Jo-Wilfried Tsonga s'est montré convaincant face au jeune espoir Australien Bernard Tomic lors du 2e tour du tournoi de Montréal (6-3, 7-6). Au prochain tour, le Français retrouvera sur sa route Roger Federer, tombeur du Canadien Vasek Pospisil (7-5, 6-3). Pas de problème non plus pour Gaël Monfils, tombeur de l'Américain Bogomolov Jr (6-2, 7-6), ni pour Richard Gasquet face à Bellucci (6-1, 6-4). En revanche, Rafael Nadal s'est incliné face au Croate Ivan Dodig.

Quand le service va tout va. Ainsi pourrait se résumer, grossièrement, le jeu de Jo-Wilfried Tsonga. Certes, le Manceau n'est pas qu'une machine à distribuer les aces mais il faut bien reconnaître que lorsqu'il sert comme il l'a fait face à Tomic, il est quasi-injouable. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 15 aces et 91% de points gagnés derrière sa première balle ! A côté, le géant australien, pourtant pas maladroit dans cet exercice d'habitude, fait carrément figure de parent pauvre puisqu'il n'a pas une seule fois réussi à mettre Tsonga hors de portée de la balle sur ses services. C'est aussi une façon de dire que Jo a fait des progrès considérables en matière de retour, ce coup étant généralement considéré comme le point faible dans sa cuirasse. 

Ainsi armé, Tsonga n'aura que très rarement été inquiété lors de ce second tour, si ce n'est peut-être à 5-4 service à suivre dans la 2e manche, moment choisi par Tomic pour faire son break de retard. L'espoir de celui qui bénéficiait d'une wild-card pour ce tournoi canadien, et qui fut tout de même quart de finaliste du dernier Wimbledon, était cependant de courte durée puisque le Français remettait les choses à plat dans le tie-break, qu'il remportait sur le score sans appel de sept points à un. Après un premier tour poussif face à l'Italien Fognini (6-4, 7-6), le Manceau confirme que sa préparation physique intensive avant le début de la tournée  nord-américaine commence à porter ses fruits. Et il le faut bien puisqu'au prochain tour, Tsonga, qui a déjà atteint les demi-finales en 2009, sera opposé à Roger Federer !

Les Suisses et les Français prospèrent

Le roi Roger, déjà deux fois vainqueur en terre canadienne, a connu une mise en route poussive face au local Vasek Pospisil avant de se détacher inexorablement en fin de premier set (break à 5-5) puis de dérouler tranquillement dans la seconde manche (6-3). Le choc face à un Tsonga visiblement en grande forme promet beaucoup et aura valeur de test pour le numéro 3 mondial, qui mène 4-2 dans ses confrontations avec le Tricolore. Journée faste pour la Suisse puisque Stanislas Wawrinka s'est lui aussi qualifié pour les huitièmes de finale après son succès face à l'Américain Russell (6-3, 6-2). Au prochain tour, l'Helvète affrontera le Sud-Africain Kevin Anderson, tombeur surprise d'Andy Murray.

Plus tard dans la journée canadienne, Gaël Monfils a rejoint Tsonga en huitièmes de finale sans trembler. Le récent finaliste du tournoi de Washington surfe sur la vague d'une condition physique qui le laisse tranquille et n'a pas eu à s'employer pour se défaire de Bogomolov Jr, qui ne s'est pas procuré la moindre balle de break sur le service du Français. Copie propre également pour Richard Gasquet. Le Bittérois a fait preuve d'un grand réalisme face au Brésilien Thomaz Bellucci en sauvant les trois balles de break auxquelles il a dû faire face durant ce match. Enfin, Novak Djokovic était attendu au tournant face à Nikolay Davydenko. Le Serbe, qui étrennait son costume de numéro un mondial, n'avait plus joué depuis son sacre à Wimbledon. Après un départ poussif (il fut mené 1-4), la machine "Djoko" s'est débridée et le malheureux Russe, toujours à la recherche à son meilleur niveau, a pu mesurer l'écart qui le sépare désormais d'un joueur qui évolue en pleine confiance et qui n'a toujours perdu qu'un seul match en 2011.

Retour raté pour Nadal

Si pour la plupart des favoris, tout s'est bien passé, Rafael Nadal a lui fait un passage expéditif à Montréal. L'Espagnol, N.2 mondial, s'est en effet incliné dès son entrée en lice face au Croate Ivan Dodig, 41e mondial. Le Majorquin n'avait plus joué depuis sa défaite en finale de Wimbledon  face au Serbe Novak Djokovic, qui lui avait alors ravi la place de N.1 mondial. Pour son retour sur les courts, "Rafa" a pourtant bien commencé. Il a littéralement écrasé son adversaire lors de la première manche remportée 6-1. Ensuite, grâce à son service (19 aces) et trois breaks, Dodig a changé le cours du jeu pour finalement s'imposer au terme de 3h08 d'une âpre et passionnante bataille (1-6, 7-6[5], 7-6[5]).

"C'est la plus grande victoire de ma carrière, a réagi Dodig. Je me suis régalé. Je me suis battu comme un diable sur chaque balle." Le Croate, qui s'est offert une balle de match grâce à un ace à 217 km/h à 5/5 dans le tie break du dernier set, a enlevé cette saison son premier titre ATP (Zagreb) et fait un bond de la 88e place à la 41e en six mois. "Honnêtement, je n'ai pas le sentiment d'avoir mal joué mais je n'ai pas non plus bien joué. Je n'ai pas bien négocié les moments importants du match", a analysé Nadal, double vainqueur au Canada (2005, 2008).

L'Espagnol a évoqué plusieurs facteurs pour commenter sa défaite surprise: "beaucoup de temps sans jouer, je n'ai repris le tennis qu'il y a dix jours, un adversaire très agressif qui ne semblait pas ressentir la pression dans les moments chauds, un peu de malchance en fin de match..." "Ce n'est pas la première fois de ma carrière que je perds un match après l'avoir mené, cela m'est déjà arrivé et ce ne sera pas la dernière fois. Il faut que j'accepte ces défaite comme j'accepte les victoires", a-t-il ajouté.

Julien Lamotte