Roger Federer
Roger Federer avec le trophée du BNP Paribas Masters de Bercy | AFP - MIGUEL MEDINA

Paris-Bercy: Federer adore l'indoor

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Le tennis indoor favorisent les gros serveurs, les joueurs talentueux et (ou) ceux qui possèdent un vrai sens du timing grâce à un coup d’œil avisé. C’est pourquoi l’on retrouve parmi les meilleurs aussi bien des Soderling et des Raonic que des Federer, des Djokovic ou des Murray. Explications.

Jouer en indoor sied aux joueurs qui n’aiment pas être contrariés par les éléments extérieurs. Pas étonnant de retrouver en tête du classement historique John McEnroe (52 titres et un ratio victoires-défaites de 419-72 sous un toit). Comme Roger Federer (20 succès indoor, 230 victoires pour 57 défaites, 5e du classement), Pete Sampras (23 titres, 213-61, 8e) ou Rod Laver (15 sacres, 145-46, 11e), l’Américain au toucher de velours excellait dans ces conditions dites parfaites, c'est-à-dire sans aspérité et sur surface rapide (comme pour la quasi-totalité des tournois indoor du circuit ATP).

Federer comme McEnroe

Son service de gaucher, et ses facilités à volleyer précisément grâce à l’absence totale de vent, lui permettaient de prendre l’initiative avant son adversaire et de ne pas lui laisser le temps de s’organiser. McEnroe était déjà sur la pente descendante quand Bercy est arrivé (il y a quand même perdu une demi-finale face à Boris Becker en 1989) mais les artistes qui lui ont succédé ont inscrit leur nom au palmarès du tournoi parisien (Sampras en 1995 et 1997, Federer en 2011).

Autre style de joueur très à l’aise indoor, les gros serveurs. Avantagés par un lancer de balle idéal car non pollué par le vent, et par l’absence d’un soleil parfois handicapant quand il s’agit de frapper la belle au dessus de la tête, les mitrailleurs se régalent dans ces conditions de jeu, bénéficiant d’un avantage considérable sur leurs concurrents.

Tsonga pareil que Becker

Boris Becker (30 titres, 297 victoires pour 75 défaites, 6e dans la hiérarchie historique), Arthur Ashe (7e), Milos Raonic (déjà 10e avec 4 titres et un bilan de 38 succès pour 12 échecs), Robin Soderling (12e), Andy Roddick (15e), Stan Smith (16e) ou Jo-Wilfried Tsonga (18e avec 7 titres, 87 victoires pour 35 défaites) appartiennent à cette catégorie qui sait parfaitement dérouler son tennis en intérieur, en mettant de côté les petits agacements parfois entrevus outdoor.

Il existe enfin un dernier groupe de joueurs très efficace indoor : il s’agit des champions possédant une vision du jeu au dessus de la moyenne et qui sont en plus dotés d’un brillant sens tactique et d’une coordination adéquate. Ivan Lendl (42 titres, 344 victoires pour 71 défaites, 2e), Jimmy Connors (52, 463-103), Bjorn Borg (23, 215-51, 4e) font partie de ce cercle fermé, au même titre qu’un Andy Murray (9, 92-28, 9e) ou un Novak Djokovic (6, 99-34, 13e).

Djokovic sait y faire

Un groupe que vient de quitter le néo-retraité David Nalbandian (14e) qui n’avait pas son pareil pour fesser n’importe qui dans un bon jour (Federer et Nadal, nettement dominés en 2007 à Bercy, peuvent en témoigner). Les qualités en retours de service et le sens du déplacement de ces stars du circuit leur ont permis de contrecarrer les desseins des grands favoris habituels, et ça continue pour Murray et Djokovic (lauréat à Paris en 2009 et double vainqueur du Masters en 2008 et 2012).

Au contraire, un Rafael Nadal n’a jamais vraiment excellé dans les tournois indoor. L’Espagnol affiche un bilan moyen (2 titres, 56 succès pour 29 défaites, 38e) qui contraste clairement avec l’épaisseur de son palmarès. Le constat est limpide : autant l’octuple lauréat de Roland-Garros sait s’adapter mieux que quiconque aux conditions de jeu en extérieur (vent, pluie, soleil de plomb…etc), autant il ne goûte guère à l’absence d’impondérables indoor.

Nadal : "ça convient moins à mon jeu"

A sa décharge, il n’existe pas de tournoi indoor sur terre battue ni sur du dur assez lent, ce qui le rend plus vulnérable aux assauts adverses. "Je préfère jouer sous le soleil, je suis plus heureux comme ça", dit-il volontiers. "Indoor, c’est plus rapide et ça convient moins à mon jeu. Je milite pour que le Masters se dispute une fois sur terre, une fois sur gazon, une fois sur dur lent et une fois sur dur rapide".

Finaliste au BNP Paribas Masters en 2007 mais souvent fatigué ou blessé en fin de saison, le Majorquin a rarement brillé au POPB. Comme il a peu de chances de devenir un immense serveur ou un génie du jeu, il tentera de se frayer un chemin parmi la troisième catégorie des amateurs de l’indoor. Même si Nadal n’aura jamais l’aisance d’un McEnroe, d’un Sampras ou d’un Federer sur ce type de revêtement, il lui reste encore quelques années pour faire fructifier son grand talent dans une ville qui l’a fait roi huit fois. Mais dehors.

Vidéo: C'est parti à Bercy

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