Andy Murray et Rafael Nadal
Andy Murray face à Rafael Nadal, un classique | AFP - JAVIER SORIANO - DPPI MEDIA - BACKPAGE IMAGES Ltd - ELLA LING

Nadal-Murray, une demie explosive en deux clés

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Le 24e affrontement entre Rafael Nadal (17 victoires) et Andy Murray (6 succès), pour le compte des demi-finales du Masters 1000 de Madrid, sera peut-être l'un des plus importants pour les deux joueurs. Avec un Espagnol en gain de confiance et de titres (Monte Carlo, Barcelone), et un Ecossais en constants progrès sur terre battue, c'est peut-être une partie de Roland-Garros qui se joue aujourd'hui (13h) dans la capitale de l'Espagne.

La dynamique

En 2015, Rafael Nadal était au fond du trou, en manque de confiance, en manque de sensation. Sans son lift bondissant, il ne s'était emparé que d'un seul tournoi sur terre battue (Buenos Aires) avant Roland-Garros. Un bilan pathétique pour le maître de cette surface, qui ne lui était jamais arrivé depuis son premier sacre à Paris en 2005. Cette saison, cela n'a plus rien à voir. Avec Barcelone et Monte Carlo, l'ancien N.1 mondial a pratiquement gagné autant de titres que sur tout 2015 (3 titres contre 2 aujourd'hui). Son jeu est redevenu performant, même s'il n'atteint pas sur la durée les sommets passés. Pour ambitionner un 10e sacre sur les courts de la Porte-d'Auteuil, cela passe par une victoire lors de cette demi-finale, face à un joueur qui l'avait humilié l'an dernier ici-même en finale (6-3, 6-2). Sa série de 13 victoires consécutives est un gage de réussite. Ses quatre victoires en cinq duels contre Murray depuis 2014 en sont une autre.

Mais Andy Murray a retrouvé calme et confiance. Volcanique à Monte Carlo, où il avait été battu par Nadal en demi-finale et avait eu des grosses absences contre Herbert et Paire aux deux premiers tours, le Britannique est redevenu une machine. Aucune balle de breaks concédée face à Simon et Berdych, le 2e mondial, finaliste à Melbourne en début de saison, est de nouveau serein. Après un passage très délicat lors de la tournée américaine (élimination au 3e tour à Indian Wells et Miami), le protégé d'Amélie Mauresmo sait qu'il doit encore franchir un cap. Vainqueur de ses deux premiers tournois sur terre battue la saison passée (Munich et Madrid), demi-finaliste à Roland-Garros à trois reprises lors de ses quatre dernières participations, l'Ecossais a besoin de confirmer ses progrès face au patron de la terre, qui n'est plus l'ombre de lui-même, qui plus est chez lui, devant son public. Tenant du titre, Murray sait que conserver sa couronne serait un signe fort, d'autant qu'il n'est parvenu à conserver un titre qu'à deux reprises dans sa carrière: Toronto 2009-2010, ShanghaI 2010-2011. A chaque fois des Masters 1000, comme Madrid... 

La météo

Avec les fortes pluies qui se sont abattues ces derniers jours sur Madrid, et qui en ont perturbé les rencontres, la terre battue a changé. Plus lourde, plus lente, cette modification entraîne forcément des conséquences. Lors de son quart de finale contre Sousa, après un premier set impérial, Rafael Nadal a vu son efficacité chuter avec la couverture du terrain, après une pause de vingt minutes. "Les balles étaient mouillées, elle sont devenues lourdes. Cela s'est vu au troisième set quand on a changé de balles", a commenté le 5e mondial . "Et ces 20 minutes d'arrêt n'ont pas aidé." Sur un court sec, en outdoor, le lift de "Rafa" prend toute sa saveur, avec une balle qui gicle énormément et oblige ses adversaires à reculer. Sur un court lourd, et en indoor, les effets se font moins sentir. Et en court couvert, Andy Murray se montre plus à l'aise, surtout derrière son service qui fait de gros dégâts, comme l'ont constaté les très bons relanceurs que sont Simon et Berdych, incapables de se procurer la moindre balle de break. "Jouer en indoor change la donne", a prévenu Murray.