L'Espagnol Rafael Nadal
Rafael Nadal rageur | AFP - NICOLAS ASFOURI

Nadal, le défi du Paris indoor

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Paris est l’un des trois Masters 1000 que Rafael Nadal n’a jamais gagné. Souvent absent, l’Espagnol n’a brillé que par intermittence au POPB aujourd’hui appelé AccorHotels Arena, disputant tout de même la finale de l’édition 2007 perdue contre un David Nalbandian injouable. Dix ans après, Nadal semble enfin dans les bonnes dispositions pour conquérir le Paris automnal, lui qui a déjà triomphé 10 fois au printemps.

Rafael Nadal est engagé sur deux fronts cette semaine à Paris. Le Majorquin reste le mieux placé pour reconquérir le trône en fin de saison et il espère vaincre le signe indien dans ce Bercy rénové où il n’a encore jamais évolué (forfait lors les deux dernières éditions). 

 

 

Reconquérir le trône

La place de numéro 1 en fin d’année importe beaucoup à Nadal qui n’a plus occupé ce rang depuis 2013, au milieu de l’hégémonie Djokovic (numéro 1 en 2011, 2012, 2014 et 2015). Très heureux d’avoir repris le sceptre à Andy Murray cet été, le Taureau de Manacor le serait encore davantage en achevant la saison au sommet une quatrième fois après 2008, 2010 et 2013, ses trois meilleurs crus. Il deviendrait surtout le premier joueur de l’histoire à reconquérir le trône à trois reprises, Ivan Lendl, Roger Federer et Novak Djokovic l’ayant réalisé une fois chacun. 

Mais avant de penser à cela, Nadal veut d’abord se focaliser sur ce Rolex Paris Masters qui manque à son immense palmarès. Co-recordman des succès en Masters 1000 avec Djokovic (30 titres chacun), l’homme aux 16 Majeurs a toujours échoué à Bercy comme à Miami ou à Shanghai (même s’il avait remporté le Masters 1000 de Madrid Indoor qui précédait historiquement le tournoi chinois). S’il veut réaliser le Grand Chelem des M1000, il doit commencer par gagner cette semaine. 

Bon quand il est venu

Les nombreux forfaits enregistrés parmi les meilleurs (Murray, Djokovic, Nishikori, Raonic, Wawrinka…) offre une réelle opportunité à un Nadal qui évoluerait au niveau de son premier trimestre ou de sa deuxième semaine d’US Open sur dur extérieur. Car s’il n’a jamais pu conclure dans l’Est parisien, le leader du classement ATP n’a jamais totalement flanché ici, atteignant deux fois les quarts (2008, 2015), deux fois les demies (2009, 2013) et donc une fois où il avait explosé contre Nalbandian (2007). A chaque fois, il a subi la loi d’un très bon joueur (Davydenko, Ferrer, Nalbandian, Djokovic ou Wawrinka). 

C’est toutefois moins sa capacité à exploiter ses qualités sur les surfaces rapides en indoor que la fatigue engendrée par des saisons harassantes et la qualité de la concurrence qui ont privé Nadal d’une consécration à Paris. Le champion espagnol est rarement arrivé dans la forme de sa vie en octobre-novembre et ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il n’a jamais remporté le Masters contrairement à ses deux grands contemporains (record de 6 pour Federer, 5 pour Djokovic). 

Début de tournoi primordial

 

 

Pour dominer les cadors ou les grands serveurs qui se régalent dans ces conditions de jeu parfaites, sans éléments perturbateurs comme le vent, Rafael Nadal sait qu’il doit s’approcher de son top niveau. Contrairement à la terre battue ou même le dur extérieur où il affiche des statistiques très respectables en carrière (7 victoires en Masters 1000 et 4 en Grand Chelem, une à Melbourne, trois à New York), le numéro 1 mondial n’a pas de marge de manœuvre sur une telle surface. Un canonnier comme Sam Querrey, qui se trouve dans son quart de tableau, peut très bien le sortir dans un bon jour. 

Après, Nadal a l’habitude de monter en puissance au fil des tours et il est souvent meilleur en demi-finales qu’au deuxième tour. Plus il joue, mieux il se sent. Quand il trouve son rythme, il devient très dur à battre et seul un grand Federer a pu vraiment le dompter cette saison (à quatre reprises). Ses deux premiers matches seront donc scrutés par ses rivaux afin de déceler d’éventuelles failles dans un tennis d’un haut niveau depuis quelques mois (victoire à l’US Open et à Pékin, finale à Shanghai).

Grégory Jouin @GregoryJouin

Masters 1000