Rafael Nadal tombeur de Novak Djokovic, en finale du Masters de Rome, le 19 mai 2019
Rafael Nadal tombeur de Novak Djokovic, en finale du Masters de Rome, le 19 mai 2019 | AFP

Nadal envoie Djokovic à terre et triomphe à Rome

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On le disait en petite forme, Rafael Nadal a rappelé qu'il restait un très redoutable terrien. Dans cette finale du tournoi de Rome au scénario improbable, l'Espagnol a pris le dessus sur Novak Djokovic 6-0, 3-6, 6-1 pour conserver son titre. Le Majorquin remporte son neuvième sacre à Rome et devient désormais le seul recordman du nombre de victoires en Masters avec 34 trophées, contre 33 pour Djokovic. A une semaine du début de Roland-Garros dont il est le roi incontesté, Nadal semble avoir les armes pour aller chercher une 12e couronne.

En arrivant sur le court, Djokovic bénéficiait certainement d'un ascendant psychologique. Avec 28 victoires contre 25 face à l'enfant de Manacor, dont les deux dernières rencontres, le Serbe pouvait afficher une certaine sérénité. En outre,  l'Espagnol disputait sa première finale depuis l'Open d'Australie perdue… contre Nole. Mais sur terre battue, Nadal restera toujours Nadal. Et le début de la rencontre a rapidement rassuré tous ses fans.
 

Face au lauréat des trois derniers Masters, Nadal que l'on disait en perte de vitesse ces dernières semaines a pris le jeu à son compte. Dans le premier bras de fer, c'est l'Espagnol qui a eu le dernier mot, poussant à la faute son adversaire. Peut-être émoussé après avoir passé un peu plus de 5h30 sur les courts lors de ses deux derniers duels, Djokovic éprouvait quelques difficultés à tenir les échanges. 1, 2, 3-0. Les jeux défilaient.

Djoko sans solution

Coups droits croisés, jeu long, lobs et accélérations, Nadal étouffait son pourtant coriace opposant. Sans solution, peu efficace sur son premier service (39%), les balles courtes de Djoko heurtaient soit le filet, soit permettait au Majorquin de le fusiller dans la foulée. Et alors que ce n'était encore jamais arrivé au cours de leurs 53 rencontres précédentes, Nadal infligeait un cinglant 6-0.

Imperturbable, le N.1 mondial regagnait son banc presque comme si de rien n'était. Mené 6-0 face à Nadal était peut-être une première, mais une telle situation lui était déjà arrivé au 3e tour à Rome, face à Thomaz Bellucci. Et il s'était finalement imposé 0-6, 6-3, 6-2 ! Cette fois, la mission s'annonçait toutefois un peu plus complexe. Pour commencer cette improbable 'remontada', le Serbe se devait d'abord de retrouver la maîtrise de son service. En claquant ses 4e et 5e aces, il se rassurait de ce point de vu là sur un jeu blanc.

Le sursaut du Serbe

Bien conscient qu'un nouveau match débutait, le N.2 mondial gardait le même rythme, variait dans les échanges et tutoyait encore et toujours les lignes pour recoller à 1-1. Cette fois, la grande explication allait avoir lieu au Foro Italico. C'était désormais Djokovic qui tentait d'imposer son rythme, faisant courir son rival et allongeait son jeu. Il se procurait même une toute première balle de break mais "Rafa" repartait de l'avant pour revenir à 2-2, puis 3-3. Plus libéré dans son jeu, Djokovic enchaînait les amortis et restait devant. Mais dans le jeu suivant, la mécanique s'est de nouveau enrayée et le Serbe s'est alors retrouvé mené 0-40. Nadal pensait sans doute avoir fait le plus dur, mais Djokovic retrouvait son efficacité au service, insistait sur le revers de son adversaire, et reprenait le fil de son jeu (4-3).

Nadal gambergeait un peu moins sur sa mise en jeu (4-4), et alors que l'ombre envahissait peu à peu le court, les deux artistes réchauffaient un peu le public avec quelques coups magistraux dont un sublime coup droit court croisé de Nole. Malgré une bonne défense de Nadal et une balle de break, il gardait le cap dans cette deuxième manche (5-4). Et malgré quelques grossières fautes directes, le natif de Belgrade remettait les pendules à l'heure en s'imposant 6-4 dans ce deuxième set.

Nadal plus régulier

L'humiliation subie en début de match restait néanmoins bien présente dans l'esprit de Djokovic, visiblement nerveux à l'entame de la troisième manche. Il commettait de nouveau bien trop de fautes directes pour espérer déstabiliser un joueur du calibre de Nadal. Et sur un contre judicieux, l'Espagnol parvenait à breaker d'entrée. De colère, le Serbe en détruisait sa raquette… Manquant de lucidité, peut-être due à un manque de fraîcheur physique, Djoko tentait et ratait des amortis improbables. Nadal confirmait le break puis manquait d'un rien de creuser encore l'écart (2-1).

Après un peu plus de deux heures de match, Nadal se retrouvait de nouveau en tête et confirmait son avance sans trop de mal (3-1). Djoko s'entêtait sur ses amortis téléguidés et offrait encore quelques généreux cadeaux au maître de la terre battue. Sur un nouveau coup droit trop long, Nadal prenait à nouveau le service du Serbe pour mener 4-1. La brise romaine avait cette fois choisi son camp et le Majorquin ne tardait pas à terminer le travail (6-1). Sous le regard d'un Gustavo Kuerten sous le charme, il conservait finalement son titre et redevenait aux yeux de tous, un très sérieux prétendant aux prochains Internationaux de France.