Rafael Nadal
Rafael Nadal | THAWLEY JOHN / MEXSPORT

Nadal en béton armé

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Vainqueur à Cincinnati, après avoir triomphé à Indian Wells et Montréal, Rafael Nadal demeure invaincu sur ciment cette saison. L'Espagnol, qui a su faire évoluer son jeu sur une surface qui ne lui était a priori pas favorable, apparait comme le grand favori de l'US Open.

Sur dur, Rafael Nadal ne touche plus terre. Lui, l'incontestable meilleur joueur du monde sur l'ocre est-il en train d'annexer une autre surface ? Ses démonstrations lors des trois Masters 1000 qu'il a disputés sur ciment cette saison le laissent à penser. Mais l'Espagnol ne veut pas se laisser griser par son rêve américain (trois titres et 15 matchs de suite gagnés à Indian Wells, Montréal et Cincinnati). "Mon jeu sur dur s'est amélioré au fil de ma carrière. Et quand je joue bien, je joue bien sur dur. La seule différence, c'est que sur terre je peux m'imposer sans être à mon top alors que sur dur ce n'est pas possible". Modeste, le Majorquin. Car à le voir martyriser ses adversaires sur le ciment US, sa marge de manoeuvre parait presque aussi grande que sur terre battue. 

Débarrassé, au moins provisoirement, de ses problèmes au genoux, le n°2 mondial apparaît plus que jamais libéré sur dur. Au propre comme au figuré puisqu'il a joué sans ses fameux bandages. Surtout, l'Espagnol sait désormais écourter les échanges et ne mise plus uniquement sur sa défense et sa régularité. D'une certaine manière il repose davantage ses articulations. Ces modifications dans son jeu, désormais plus tourné vers l'avant, en font un joueur plus complet que jamais. Et comme il a retrouvé sa longueur de balle et que son coup droit claque comme à ses plus belles heures, il apparaît comme le favori désigné du prochain US Open. 

Le maçon espagnol

"Ce n'est pas encore le moment de penser à l'US Open, je préfère savourer  d'abord ce titre, qui est très important pour moi", a toutefois indiqué le  Majorquin, qui n'avait encore jamais gagné à Cincinnati. "Je n'avais jamais bien joué ici, c'est la première fois que je sens que ça se passe bien", déclarait-il après son succès dans l'Ohio. En outre, s'il l'emporte à New York, Nadal sait très bien que la place de n°1 mondial ne sera pas loin en fin de saison. Largement en tête au classement "the Race", celui qui vient de remporter son 26e Masters Series (record absolu) revient comme un boulet dans le sillage de Novak Djokovic. Le Serbe, qui semblait à l'abri de la menace Nadal, en tout cas sur ciment, sait désormais qu'il devra se méfier du maçon espagnol. Petit à petit, ce dernier est en train de se construire un mur de confiance qui semble indestructible. 

Julien Lamotte