Le drôle de Bercy de Novak

Malade, diminué, puis indestructible: le drôle de Bercy de Novak Djokovic

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Alors qu’il avait débuté le Masters 1000 parisien enrhumé et hésitant dans son tennis, Novak Djokovic l’a terminé en boulet de canon sur ses trois derniers matches. A une semaine du grand rendez-vous de Londres, difficile d’imaginer son sixième Masters lui échapper.

Le jour et la nuit. Claudiquant, toussant, enrhumé... puis indébordable, infranchissable, indestructible. Le Masters 1000 de Paris-Bercy a eu droit cette année à deux versions d'un même champion. Novak Djokovic a commencé par inquiéter. Puis il a fini en envoyant un message fort à ses rivaux. En quart, en demie, et ce dimanche en finale face à Denis Shapovalov, il a été impressionnant de sérénité et de maîtrise. Il faudra encore compter sur lui pour le sprint final à Londres.

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Et la machine est revenue 

Le Serbe était attendu depuis sa défaite précoce à l’US Open. Il n’avait pas complètement rassuré malgré son titre à Tokyo, puisque la semaine suivante il s’inclinait en demi-finales contre Stefanos Tsitsipas au Masters 1000 de Shanghaï. Les premiers jours de Bercy n’ont pas non plus incité à l’optimisme. Mais ses trois derniers matches ont mis tout le monde d’accord. Contre Tsitsipas, certes fatigué, sa prestation a été impeccable. Grigor Dimitrov jouait le tennis de sa vie en demi-finales : Djokovic  l’a quasiment réduit au rôle de faire-valoir en deux sets. Et en finale, Nole a étouffé le pauvre Denis Shapovalov qui, pour sa première finale, n’est jamais parvenu à rentrer dans son match.

Certes, l’opposition n’était pas particulièrement musclée sur le papier. Après tout, Djokovic n’a battu qu’un Top 10 sur la route de son titre (Stefanos Tsitsipas, 6e). Mais Grigor Dimitrov et Denis Shapovalov jouaient un tennis éblouissant. Avant d’affronter le joueur de 32 ans, ils avaient tout de même sorti Dominic Thiem pour le premier, Gaël Monfils pour le second ; l’adversité était donc loin d’être si médiocre. Non, les performances du numéro 2 mondial (dépassé lundi par Nadal) ont été tout simplement impressionnantes à partir des quarts. Il n’a pas perdu un set, et n’a concédé qu’une seule balle de break -sauvée- sur ses trois matches.

Une couronne perdue, si vite retrouvée ? 

Cette impression d’insubmersibilité est caractéristique de la forme du Serbe. Djokovic est redevenu lui-même. Mieux, il a convaincu comme il ne l’avait plus fait depuis son titre à Wimbledon en juillet dernier. 

Grâce à sa victoire, Djokovic s’est également replacé dans la course à la place de numéro un mondiale. Le paradoxe est qu’il perdra sa couronne ce lundi. Rafael Nadal n’avait pas participé à Bercy l’année dernière, sa demi-finale lui a donc rapporté énormément de points. Mais la forme de Djokovic couplée à l’absence éventuelle de Nadal au Masters confèrent au Serbe l'étiquette du favori. Même sans l’Espagnol, la tâche est loin d’être gagnée pour Djokovic. Roger Federer semble de nouveau fringant au vu de sa victoire à Bâle. Daniil Medvedev et Stefanos Tsitsipas restent très dangereux. Mais Bercy a redonné à Djokovic le statut qui lui sied sans doute le mieux : celui d'homme à battre.