Rafael Nadal, Roger Federer et Novak Djokovic
Rafael Nadal, Roger Federer et Novak Djokovic | AFP

A Madrid, retrouvailles sur terre battue pour Rafael Nadal, Novak Djokovic et Roger Federer

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Pour la première fois depuis 2016, Rafael Nadal, Novak Djokovic et Roger Federer se retrouvent sur la terre battue. A trois semaines de Roland-Garros, le "Big Three" débarque à Madrid sans réelles certitudes.

C’était à Rome, il y a déjà trois ans. Trois ans que Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic n’ont pas été réunis tous les trois sur un tournoi du terre battue. Ce sera le cas cette semaine du côté de Madrid, avant les retrouvailles annoncées à Roland-Garros fin mai. Avant le début du Masters 1000 dans la capitale espagnole, tour d’horizon des états de forme des trois "big men".

Nadal, pas encore en terre conquise

On le sait depuis longtemps maintenant, l’arrivée de la saison sur terre battue rime forcément avec Rafael Nadal. Pourtant, l’Espagnol n’a pas encore trouvé la bonne carburation cette saison. Son début de saison compliqué – aucun titre remporté lors des quatre premiers mois, une première depuis 2004 – s’est étendu jusqu'au printemps. De retour sur les courts à Monte-Carlo après plus d’un mois d’absence en raison d’une blessure au genou droit, puis à Barcelone, Nadal a été loin du "Rafa" des grands jours.

L’Espagnol a pourtant signé deux demi-finales, une performance plus qu’honorable pour le commun des mortels, mais pour Nadal, habitué à banaliser l’exceptionnel sur la surface ocre, cela sonne comme une contre-performance. A Monaco, il a cédé face au futur vainqueur Fabio Fognini, au terme d’une performance qu’il a lui-même qualifié comme son "plus mauvais match sur terre battue en 14 ans". Bis repetita une semaine plus tard à Barcelone, cette fois face à Dominic Thiem. Incapable de breaker l’Autrichien, Nadal n’a jamais semblé en mesure d’aller chercher une douzième finale en Catalogne, s’inclinant finalement en deux sets secs, comme en 2017 à Rome et en 2018 à Madrid où Nadal avait buté à chaque fois sur Thiem, pour ce qui restait alors comme ses deux dernières défaites sur l’ocre avant sa déconvenue à Monte-Carlo.

Alors, faut-il s’inquiéter pour Nadal à trois semaines du début de Roland Garros ? Le principal intéressé botte en touche, avouant monter doucement en puissance et se montrant optimiste sur les échéances à venir. "Il y a des défaites qui aident et celle-ci en fait partie. Cela faisait quelque temps que je ne m'étais pas senti aussi bien dans mon jeu. Je sais qui je suis, et je sais plus ou moins ce dont je suis capable. Je sais que si je joue à mon meilleur niveau, je peux aspirer à tous mes objectifs, particulièrement sur cette surface." Prochain objectif, Madrid donc, où l'Espagnol débarque sans pression ou presque, pour le seul Masters 1000 sur terre battue où il n'est pas tenant du titre cette saison.

Rafael Nadal, à Barcelone
Rafael Nadal, à Barcelone © PAU BARRENA / AFP

Djokovic ne pense qu’à Roland

Où est passé le rouleau compresseur Djokovic ? Intraitable depuis Wimbledon, les trois derniers Grand Chelem dans la poche et une place bien au chaud sur le trône de l’ATP, tout semble aller pour le mieux pour le N°1 mondial. Pourtant, depuis sa démonstration en finale de l’Open d’Australie face à Rafael Nadal, Novak Djokovic s’est fait plus discret, au terme d’une tournée américaine complètement ratée, avec seulement trois victoires et deux éliminations précoces à Indian Wells puis à Miami. 

Son attitude sur les courts avait surpris et son retour à Monte Carlo n’a pas dissipé les doutes. Peu à l’aise sur son service, à l’image de ces quatre mises en jeu perdues consécutivement lors de sa victoire étriquée face à Philippe Kohlschreiber au deuxième tour, moins létal et moins précis au moment de conclure l’échange, "Nole" a affiché une nervosité palpable mais aussi des sautes de concentration et une certaine forme de renoncement peu habituelles chez le Serbe.

Résultat ? Comme lors des Masters 1000 américains, Novak Djokovic n'aura pas vu le dernier carré, sorti en quarts de finale par Daniil Medvedev. Ce dernier ne semble pourtant pas inquiet de cette sortie précoce, avec l'esprit déjà totalement tourné vers le Grand Chelem parisien. "Ce n'est que le premier tournoi de la saison sur terre et la saison est longue. Bien sûr, Roland-Garros est le but et l'intention est que je sois à mon top pour ce tournoi", a-t-il confié après sa défaite face à Medvedev. "Peut-être que je manque de constance dans mes résultats ces deux dernières années mais, à chaque Grand Chelem, j'ai joué mon meilleur tennis et c'est toujours mon intention." Pour "Djoko", la Caja Magica sera l'occasion de retrouver sa vitesse de croisière pré-Grand Chelem, avant un œil toujours rivé sur un deuxième sacre Porte d'Auteuil début juin.

Novak Djokovic, à Monte-Carlo
Novak Djokovic, à Monte-Carlo © VALERY HACHE / AFP

Federer dans l’inconnu

C’est l’heure des retrouvailles. Après deux ans d’impasse, Roger Federer fait son grand retour sur la surface ocre. Un come-back attendu, pour ce qui sera probablement son seul tournoi avant Roland-Garros. Mais qu’attendre du Suisse, trois ans après sa dernière apparition sur terre battue ? Lui-même l’annonce, il n’a "aucune attente" pour cette saison sur terre. "C'est peu dire que je ne suis pas très confiant, je ne sais même plus comment on glisse sur la terre battue", a rappelé le vainqueur de Roland Garros 2009. S'il n'a aucune pression - il n'a évidemment aucun point à défendre - et aucune attente donc, Roger Federer n'est évidemment pas revenu sur terre battue pour faire du tourisme et son arrêt du côté de Madrid n’a rien d’anodin. Double vainqueur ici en 2009 et 2012, Federer aime la capitale espagnole pour ses conditions de jeu plus rapides en raison de l’altitude, ce qui sied parfaitement au jeu du Bâlois.

De quoi déjouer les pronostics et s'offrir une énorme performance sur terre ? Madrid, son altitude et ses matches en deux sets gagnants, les conditions sont en tout cas optimales pour voir Roger Federer briller dans la capitale espagnole, lui qui pourra se frotter à du lourd avec des possibles chocs face à Gaël Monfils au 3e tour, Dominic Thiem en quarts de finale puis Novak Djokovic en demi-finale. Pour celui qui a avoué récemment ne s'être entraîné que deux jours sur terre battue en deux ans, la route jusqu'à une éventuelle victoire dimanche prochain s'annonce corsée. Mais quand on s'appelle Roger Federer, rien n'est impossible.

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