Julien Benneteau
Julien Benneteau | AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA

Julien Benneteau, à l’ombre des stars

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Julien Benneteau reste un joueur méconnu. Le Français ne gagne pas beaucoup mais il réalise une carrière honnête. Il fait avec ses moyens (limités, certes, pour le top 20), loin des sunlights. Il peut regretter de ne pas avoir battu Federer à Wimbledon en 2012 car son déficit de notoriété aurait alors été comblé d’un coup. A bientôt 32 ans, ses chances de conquérir le grand public semblent bien minces. Et sa sévère défaite contre le Japonais Kei Nishikori ce lundi (6-4, 6-2) ne va rien arranger.

Une seule perf en Grand Chelem

Julien Benneteau n’a brillé qu’une seule fois dans les Majeurs. Il n’a atteint que trois fois la deuxième semaine d’un tournoi du Grand Chelem sur 41 tentatives. Seul Roland-Garros 2006 lui a offert un peu de reconnaissance : il sort notamment Baghdatis (en 5 sets) et Stepanek avant de tomber contre le Croate Ivan Ljubicic, cador du circuit à l’époque. Le natif de Bourg-en-Bresse a raté l’occasion de se faire un nom auprès du grand public lors de Wimbledon 2012. Il passe à six reprises à deux points du match face à Roger Federer au 3e tour, ratant ainsi l’exploit que réalisera l’Ukrainien Stakhovsky cette saison.

Aucun tournoi gagné

Julien Benneteau n’a jamais remporté un tournoi du circuit principal. Il a perdu les neuf finales ATP qu’il a disputées jusqu’ici, et pas toujours contre des ténors : Guillermo Garcia Lopez (en 2009 à Kitzbuhel), Jarkko Nieminen (en 2012 à Sydney) et Joao Sousa (cette année à Kuaka Lumpur) ont ainsi empêché le Français de s’imposer et de remporter un tournoi, ce qu’il aurait mérité. Après, quand Benneteau s’incline contre Soderling, Simon ou Del Potro, il n’y a pas grand-chose à lui reprocher.

Trop régulier, pas assez fort

Julien Benneteau n’a pas de coup fort. Le problème principal de « Bennet », c’est qu’il joue plutôt bien au tennis mais qu’il ne possède aucun coup extraordinaire qui pourrait lui permettre d’abréger les échanges et de gagner des points gratuits. Il sert correctement mais c’est loin d’être du Tsonga. Il est régulier en fond de court mais son coup droit manque de puissance et son revers de régularité. Il est bon au filet sans être étincelant, et il ne dispose pas d’un coffre énorme qui lui permettrait d’user ses rivaux, en endurance. En clair, il est moyen bien mais pas assez bon pour intégrer le top 20 (meilleur classement, 26e, le 30 avril 2012). Et il doit forcément bien jouer pour gagner car son niveau moyen minimal est par trop léger. D'ailleurs, l'intéressé ne s'en est pas caché. "Je n'ai pas fait une vraie préparation physique depuis l'US Open car j'ai eu pas mal de petits pépins. Vous rajouter les voyages avec une tournée asiatique toujours délicate, et le fait que j'enchaîne simples et doubles... Ce soir, j'ai toujours eu une fraction de retard, c'était dur. J'ai essayé mais rien n'est venu. Et puis Nishikori est un bon joueur, plus fort que moi".

Meilleur en double

Julien Benneteau à l’esprit d’équipe. Le Bressan est un bon camarade et toue le monde l’aime. Aucun Français ne dira du mal de ce joueur collectif. Toujours partant quand on a besoin de lui, Benneteau ne s’est jamais offusqué de jouer les bouche-trous lorsque les plus doués que lui étaient blessés (Tsonga, Monfils, Gasquet, Simon). Il a souvent disputé le double avec Michael Llodra (pour un bilan mitigé) mais n’a pas crié au scandale quand les dirigeants de la FFT ont décidé d’aligner une paire Tsonga-Llodra aux JO de Londres (un tandem censé avoir de meilleurs atouts pour rapporter une médaille). Qu’importe, associé à Richard Gasquet, qu’il ne connaissait pas forcément bien, Benneteau est allé chercher une breloque en bronze à l’été 2012 sur le gazon de Wimbledon. Une aventure incroyable qui restera dans sa mémoire puisque les deux doubles tricolores se sont hissés sur le podium (argent pour Tsonga-Llodra).