Rafael Nadal et Novak Djokovic
Rafael Nadal et Novak Djokovic avant la finale de l'Open d'Australie | Recep Sakar / ANADOLU AGENCY

Indian Wells : Qui pour doubler la mise ?

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Depuis le début de saison, les trente premiers tournois disputés ont consacré trente vainqueurs différents chez les hommes et les femmes. Le Masters 1000 d'Indian Wells couronnera-t-il encore une nouvelle tête ? Les historiques (Djokovic, Nadal, Federer) ou les chauds bouillants du moment (Tsitsipas, Kyrgios) sont en Californie pour stopper la série.

Hormis le tenant du titre, Juan Martin Del Potro, toujours sur le flanc à cause de son genou droit, tout le Gotha du tennis mondial sera présent dans le désert d'Indian Wells. Si le début de saison a confirmé un éparpillement des victoires, un nom se détache nettement pour savoir qui va enfin signer un deuxième succès cette année : Novak Djokovic. Le Serbe a remporté le plus important tournoi (l'Open d'Australie) en survolant la finale contre Nadal et rien ne laisse présager un affaissement du numéro 1 mondial.  S'il n'a pas rejoué en compétition depuis son sacre à Melbourne, Djokovic a bien sûr préparé la tournée nord-américaine du printemps qui lui réussit bien, avec cinq titres à Indian Wells et six à Miami.

Après une période sans compétition relativement longue, le principal danger pourrait venir de ses premiers adversaires. Car une fois lancée, la machine Djokovic est quasiment invincible: depuis juin dernier, il a disputé dix tournois, est allé en finale à sept reprises et en a remporté cinq dont Wimbledon, l'US Open et l'Open d'Australie.

Federer, objectif 101

Le maestro suisse est rentré un peu plus dans l'histoire à Dubaï. Il est devenu à 37 ans le deuxième joueur, après l'Américain Jimmy Connors, à atteindre le total incroyable des 100 titres sur le circuit ATP. Federer, qui restait sur une élimination en 8e de finale à Melbourne, s'est de son propre aveu surpris: "Je ne m'attendais pas à gagner (à Dubaï) pour être honnête, car je n'avais plus joué depuis l'Open d'Australie. Mon niveau de jeu a progressé dans tous les domaines", s'est réjoui le Suisse, passé de la 7e à la 4e place mondiale. Et Federer est rarement perturbé par les conditions particulières d'Indian Wells (chaleur, vent): il y a disputé quatre des cinq dernières finales, avec à la clef un titre (2017). Comme Djokovic il y visera une sixième victoire pour être seul en tête au palmarès. 

Kyrgios : stop ou encore ?

A Acapulco, Kyrgios a fait du Kyrgios: avant sa finale, il est allé faire du jet-ski et il s'est offert son cinquième titre avec pour seul accompagnateur l'un de ses meilleurs amis. L'Australien a surtout dominé trois joueurs du top 10 mondial (Rafael Nadal, Alexander Zverev, John Isner), et reste un joueur à part, capable d'agacer ses adversaires et le public mexicain avec son comportement, comme ce service à la cuillère contre Nadal, avant de l'enchanter par des coups venus de nulle part. Kyrgios revient de loin: il était retombé à la 72e place mondiale et n'avait gagné que deux matches en 2019. "J'étais vraiment dans le dur et je ne savais plus quoi faire, une semaine comme ça peut tout changer, mais il faut que je sois plus professionnel", a-t-il admis pour l'énième fois.

Jeunes loups et Français revigorés

Annoncé depuis plusieurs années déjà, le changement de générations est peut-être pour 2019. Le Grec Stefanos Tsitsipas a remporté à 20 ans son premier titre à Marseille, avant de se hisser en finale à Dubaï et de s'incliner face à Federer. Le nouveau N.10 mondial avait déjà frappé fort en janvier en atteignant le dernier carré de l'Open d'Australie. L'Australien Alex de Minaur (20 ans), le Canadien Felix Auger-Aliassime (18 ans) et l'Américain Frances Tiafoe (21 ans) ont aussi réussi quelques coups d'éclat depuis le début de l'année.

S'il n'est plus un jeune premier, Gaël Monfils a retrouvé l'enthousiasme d'un junior depuis quelques semaines. Un titre à Rotterdam et deux demi-finales à Dubaï et Sofia : le nouveau numéro 1 français va aborder Indian Wells à la 19e place mondiale, son meilleur classement depuis juillet 2017. Le tournoi californien où il n'a jamais brillé, à l'exception d'un quart de finale en 2016, aura valeur de test important pour "La Monf". Etape importante aussi pour les autres Français qui ont bien débuté 2019, à l'image de Lucas Pouille, demi-finaliste de l'Open d'Australie, ou de Gilles Simon, demi-finaliste à Sydney. Jo-Wilfried Tsonga, qui digère mal les longs déplacements en raison d'une maladie du sang, ne sera en revanche pas à Indian Wells.

L'étrange pari d'Osaka

Dans une hiérarchie féminine en mouvement perpétuel, la N.1 mondiale Naomi Osaka a surpris en se séparant de Sascha Bajin qui lui a permis de remporter l'US Open 2018, l'Open d'Australie 2019 et son premier titre à Indian Wells il y a tout juste un an. La Japonaise fera ses débuts à Indian Wells avec son nouvel entraîneur Jermaine Jenkins, qui a longtemps travaillé avec Venus Williams. Mais elle sera dans le viseur de Serena Williams, Simona Halep ou Angelique Kerber, toutes anciennes N.1 mondiale, en quête de leur premier titre de l'année. Ces trois-là espèrent bien être la 31e vainqueur différente d'un tournoi cette année...

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