Pierre-Hugues Herbert
Le Français Pierre-Hugues Herbert à la volée, l'un de ses points forts | AFP - DPPI MEDIA - JULIEN CROSNIER

Herbert à l'assaut de Djokovic

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Pointant au 189e rang de l'ATP avant cette semaine, Pierre-Hugues Herbert va réaliser un sacré bond en avant. Sorti des qualifications, vainqueur de Paire au 1er tour, l'Alsacien se frotte ce soir (pas avant 20h30) à Novak Djokovic. L'un des meilleurs joueurs du monde sur le Central, voilà une belle récompense pour "P2H", auteur d'une belle saison.

Il y a un an, il était 290e mondial. Après le dernier Roland-Garros, où il avait échoué de peu au 2e tour des qualifications, il était 228e. En septembre, pour la première fois de sa carrière, il est entré dans les 200 premiers joueurs du monde. Après être sorti des qualifications à Metz puis avoir atteint les demi-finales du Challengeur d'Orléans (battu par Stepanek), Pierre-Hugues Herbert est désormais 189e mondial.

Un joueur offensif

Et à 22 ans, il ne va pas le rester longtemps. Car il vient déjà de marquer de très gros points dans ce Masters 1000. En qualifications, il a sorti le 51e mondial, Horacio Zeballos (3-6, 7-6, 6-4) avant de faire tomber son compatriote Kenny De Schepper (92e mondial), en deux manches. Et pour ses premiers pas dans le tableau final d'un tournoi de cette importance, il a bien profité de l'explosion mentale et physique de Benoît Paire, hier au 1er tour. "C'est assez incroyable", soufflait-il après ce succès contre son compatriote au 1er tour. "C'est la première fois que je me qualifie dans un Masters 1000, la première fois que je gagne contre un joueur aussi bien classé, la première fois que je vais affronter Novak Djokovic. Ca va être une aventure. C'est pour l'instant le meilleur moment de ma carrière."

N'allez pas imaginer que le hasard est la seule explication à sa présence, ce soir, contre le N.2 mondial. Cette année, l'Alsacien progresse. Vainqueur de trois Futurs (un sur dur et deux sur terre-battue), il s'est frotté au haut niveau. Hormis à Wimbledon où il a été battu dès le 1er tour, "P2H" a atteint le 2e tour des qualifications de chaque tournoi du Grand Chelem. A Roland-Garros, il avait ravalé sa déception de ne pas être invité dans le tableau final pour se battre. Mais il était passé tout près de vaincre Simon Greul (défaite 4-6, 7-5, 6-2). Si vous ne le connaissez pas, Pierre-Hugues Herbert ressemble à Tim Henman. Physiquement d'abord, le brun de Schiltigheim n'est pas du genre corpulent et musculeux, avec son mètre quatre-vingt-huit. Dans le jeu, ensuite, avec cette ambition d'aller très souvent au filet pour finir des points de superbes volées. 

Une aventure en famille

Entraîné par son père, Jean-Roch, il a parfaitement géré ses émotions hier soir, contre Paire. La bataille sera bien plus compliquée contre Novak Djokovic. "C'est vraiment une star", dit-il au sujet du Serbe. "Est-ce que je vais arriver à gérer ça demain (aujourd'hui) ? A voir. Il n'y a pas de peur. Ca a toujours été mon rêve de jouer sur des grands courts, de jouer avec autant de public, de vivre des choses hyper intenses comme ça. Donc c'est plutôt du bonheur et de la joie. Je n'ai rien à perdre et j'ai envie de faire une bonne performance." 

Sa semaine parisienne est déjà réussie. Pierre-Hugues Herbert va améliorer son quotidien en terme de classement comme de finances. Cette aventure du plus haut niveau se vit en famille, avec l'aide de quelques partenaires. Et ce duo père-fils ne roule pas sur l'or. "Ca fait un bout de temps maintenant que je travaille pour ça, pour avoir des victoires comme ça, pour jouer sur des grands courts. J'ai eu la chance d'avoir des gens qui ont cru en moi. Je veux les remercier ce soir." Contre le meilleur joueur du monde de ces dernières années.