David Ferrer
L'Espagnol David Ferrer | AFP - KENZO TRIBOUILLARD

Ferrer fait chuter Nadal à Bercy

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Balayé en finale de Roland-Garros par Rafael Nadal, David Ferrer a pris sa revanche, à Paris, sur son compatriote en le dominant en demi-finale du Masters 1000 de Bercy 6-3, 7-5. Pour sa 4e participation à un tournoi qu'il n'a jamais accroché à son palmarès, le N.1 mondial subit une sacrée déception, lui qui n'avait perdu que 4 fois en 24 matches contre son compatriote jusque-là. Et les organisateurs ratent l'occasion d'un premier affrontement entre le N.1 et le N.2 mondial, ce qui n'est plus arrivé ici depuis 1990 et la finale Becker-Edberg. David Ferrer défendra son titre en finale contre Novak Djokovic.

Sur les quatre petites victoires que comptait David Ferrer sur Rafael Nadal, trois avaient eu lieu sur dur. Soit autant de victoires que de défaites sur cette surface contre ce joueur. C'est donc bien la meilleure surface pour vaincre le Taureau de Manacor. En plus, à Bercy, le N.1 mondial n'a jamais brillé. Laminé en finale en 2007 par David Nalbandian, il n'a jamais fait mieux depuis cette première participation. Et pour sa quatrième apparition, il n'a pas amélioré ses statistiques. Et il a concédé sa 6e défaite de la saison, en 74 matches.

Pourtant, après sa démonstration contre Richard Gasquet en quarts de finale, et sa victoire probante sur Jerzy Janowitz en 8e de finale, Rafael Nadal semblait en bonne position pour atteindre la finale. Mais il n'a été qu'un fantôme du jour des jours précédents. Des coups neutres, beaucoup de fautes, le N.1 mondial a logiquement subi la loi du tenant du titre, extrêmement appliqué et prêt à tout attaquer, à tout entreprendre. Et avec un adversaire peu efficace, très en retrait sur le terrain, cela a très longtemps fonctionné. 

La malédictio​n demeure pour Nadal

En fait, cela a marché jusqu'à 6-3, 5-3. Ferrer avait réussi à effacer quelques balles de break lors du sixième jeu, dont l'une en ayant recours au hawk-eye à bon escient, pour rester devant (4-2). Mais à (5-4), en servant pour se qualifier pour sa deuxième finale consécutive à Bercy, il craquait. Sur sa 7e balle de break du match, Rafael Nadal, qui n'en avait transformée aucune, voyait le revers de son adversaire finir dans le filet (5-5). Mal en point, il était encore en vie. Mais il commettait de nouveau l'erreur fatale, en envoyant un énième coup droit hors des limites du terrain, pour céder aussitôt son engagement (6-5). Pour la deuxième fois, la tête de série N.3 pouvait conclure le match sur son service. Il ne la ratait pas, et concluait d'une dernière attaque de coup droit, après 1h40 de jeu. "J'ai joué le meilleur match de ma saison aujourd'hui", se réjouissait-il sobrement après sa victoire. "La clé a été mon service. Je crois que j'ai été très complet. Et j’ai eu un peu de chance sur des moments importants."

Vainqueur de son premier (et seul) Masters 1000 l'an dernier ici-même, David Ferrer prend décidément goût à ce tournoi. Il défendra sa couronne contre Novak Djokovic, un joueur qu'il n'a plus battu depuis 2011, dans une revanche des demi-finales de l'US Open 2012 et de l'Open d'Australie 2013. Mais l'Espagnol l'a vaincu à cinq reprises sur 15 rencontres. Favori pour retourner en finale et permettre aux organisateurs, pour la première fois depuis 1990, d'avoir une finale opposant les N.1 et 2 mondiaux avec pour enjeu ce trône, Rafael Nadal est passé à côté de son match. Ses 25 fautes directes du jour font un curieux écho à ses 9 fautes concédées la veille contre Gasquet. Et la malédiction de Bercy continue à le poursuivre.