Novak Djokovic
Le Serbe Novak Djokovic et sa rage de vaincre habituelle | AFP - MIGUEL MEDINA

Djokovic renverse Ferrer à Bercy

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Mené 5 jeux à 3 dans le 1er set comme dans le 2e set, Novak Djokovic (N.2) a su renverser la vapeur pour vaincre, en finale du BNP Paribas Masters de Bercy, le tenant du titre, David Ferrer (N.3) 7-5, 7-5. Victorieux de l'épreuve en 2009, il rejoint désormais Pete Sampras et André Agassi, à une victoire de Boris Becker et Marat Safin, titrés à trois reprises à Bercy. Avec cette 17e victoire de rang (et ce 16e Masters 1000 en carrière), il gagne également le droit de viser encore la place de N.1 mondial, détenue par Rafael Nadal. Et il empêche Ferrer de devenir le premier à conserver son titre au POPB.

Seize des dix-huit derniers points du premier set gagnés par Novak Djokovic. Mal en point, bousculé depuis le début de la finale par David Ferrer, le N.2 mondial a dû réaliser ce petit exploit pour renverser la vapeur et remporter cette manche (7-5) après 52 minutes de jeu. Cela a été le tenant du match. Favori des pronostics avant cette finale, lui, qui restait sur 16 succès consécutifs et n'avait plus perdu contre l'Espagnol depuis 2011, avait été pris à la gorge d'entrée.

Le N.2 espagnol avait repris son entreprise de démolition là où il l'avait arrêtée contre Rafael Nadal, hier. Campé derrière sa ligne, il courait partout, renvoyant tout, agressant à la moindre occasion. Et comme l'ancien N.1 mondial avait démarré le match aussi mollement que la veille contre Federer, l'Ibère avait rapidement fait le break pour mener (3-2). Il avait ensuite écarté une balle de débreak au jeu suivant (sur une faute de Djokovic en coup droit) pour rester devant (4-2). Puis encore une sur son engagement d'après après une double-faute, mais le Serbe sortait encore un coup droit (5-3). C'est là que le sort du set basculait. Un jeu blanc pour se lancer, puis des prises de risques et le break sur sa première occasion (5-5), avant un nouveau jeu blanc puis un ultime coup droit dans le filet de son adversaire sur sa première balle de set (7-5). Au total, Novak Djokovic n'aura laissé que deux points en tout et pour tout lors de ses quatre derniers jeux de la manche. Un sprint phénoménal. Au terme de cet énorme bras de fer, comme contre Federer, il était parvenu à hausser le niveau de son service (83% de points sur sa première balle et 58% sur sa deuxième contre respectivement 69 et 29% pour l'Espagnol), en ne commettant que neuf fautes directes (contre 11 à l'Ibère).

Le même scénario au 2e set

Mais cette débauche d'énergie avait un coût. Il le payait dès l'entame du deuxième set, en cédant tout de suite son engagement (1-0). Il devait en outre sauver deux balles de double-break au troisième jeu, pour garder le contact (2-1). Le bras de fer en fond de court repartait de plus belle. Les jeux étaient de plus en plus acharnés. Mais l'écart se maintenait (4-2). Mais comme au premier set, avec beaucoup plus de douleurs, Novak Djokovic comblait son retard pour recoller à (5-5) sur un coup droit trop long de l'Espagnol. Et il concluait la rencontre en subtilisant une nouvelle fois l'engagement de l'Espagnol, après 1h52 de jeu, 1h52 de combat.

L'Espagnol rejetait l'excuse de la faille mentale pour expliquer ces fins de sets, mais il avouait après son match: "J'ai fait des erreurs mais c'était parce que le match était très serré. Novak est meilleur que moi dans les moments importants. J'ai bien joué mais il a été meilleur que moi, c'était impossible de le battre." Son vainqueur n'avait pas la même perception: "Au cours des derniers jeux, des derniers points, dans chaque set, c'était exclusivement mental. Il fallait montrer à l'adversaire que vous étiez bien présent, prêt à attaquer et prêt à saisir les occasions."

Pour Novak Djokovic, ce 6e sacre de l'année 2013 (et le 16e Masters 1000 de sa carrière à une longueur d'Agassi, 5 de Federer et 10 de Nadal) le laisse en course pour reprendre la place de N.1 mondial avant la fin de la saison. Mais il doit pour cela remporter le Masters de Londres, la semaine prochaine, et sans doute aussi la Coupe Davis contre la République tchèque, sans que Rafael Nadal ne brille à Londres. Pour l'instant, il vient d'enchaîner 17 matches sans défaite (sa meilleure série de l'année à égalité). Il faudra qu'il prolonge cette invincibilité jusqu'à la fin de la saison. Pour David Ferrer, cette place de finaliste lui fait rejoindre le camp des tenants du titre de Bercy battus en finale l'année suivante: Boris Becker (1989-1990), Guy Forget (1991-1992), Pete Sampras (1997-1998) et David Nalbandian (2007-2008). Et comme Stefan Edberg en 1989, il cumule la même saison la place de finaliste sur les deux tournois parisiens (Roland-Garros et Bercy). Mais pour un homme qui n'a qu'un seul Masters 1000 à son palmarès, cette position est déjà une superbe performance.