Novak Djokovic et David Ferrer
Novak Djokovic et David Ferrer lors de leur dernier duel, à l'Open d'Australie en début d'année 2013 | AFP - PAUL CROCK

Djokovic-Ferrer, objectif double à Bercy

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En battant Rafael Nadal en demi-finales, David Ferrer (N.3) a gagné le droit de défendre son titre à Bercy, en finale. Face à lui, à 15h, Novak Djokovic (N.2), un homme qui n'a plus perdu depuis sa finale de l'US Open et qui n'a plus été vaincu par l'Espagnol depuis 2011 (4 victoires). Les deux hommes ont un objectif commun: soulever ce trophée une deuxième fois en carrière. Pour l'Ibère, il entrerait dans la légende en étant le premier à conserver sa couronne au POPB. Pour le Serbe, la victoire est vitale pour conserver une petite chance de redevenir N.1 mondial avant la fin de la saison.

Le rêve semblait inaccessible. Détrôné de la place de N.1 mondial depuis le tournoi de Pékin, Novak Djokovic peut redevenir le maître du circuit avant la fin de l'année, aux dépens d'un Rafael Nadal qui n'a pas de points à défendre depuis Wimbledon. Tenant du titre à Bercy, et malgré la présence des 8 qualifiés au Masters de Londres en quarts de finale au POPB, David Ferrer est toujours présent pour devenir le premier joueur à conserver sa couronne ici. Mais pour tous deux, le défi est de taille.

Le Serbe est en effet contraint à un sans-faute, que ce soit lors de cette finale à Bercy, lors du Masters de Londres la semaine prochaine (dans un groupe relevé avec Federer, Del Potro et Gasquet) et pour la finale de la Coupe Davis contre la République tchèque (15-17 novembre). C'est à ce prix, et en espérant que Rafael Nadal n'accède pas aux demi-finales à Londres, que le N.2 mondial reviendra sur son trône avant la fin de la saison. Pour être encore dans cette position, "Nole" a eu besoin de sortir le grand jeu. Depuis sa finale perdue à l'US Open contre Nadal, il n'a pas connu la moindre défaite. Il vient d'enchaîner une 16e victoire consécutive, soit sa deuxième place longue série de l'année. Loin des 42 succès de rang de l'année 2011, mais tout de même.

Car ce parcours s'est fait avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête: Rafael Nadal était forcément appelé à lui subtiliser sa place de N.1 mondial, n'ayant pas joué les six derniers mois en 2012. Et malgré sa cruelle déception de la demi-finale à Roland-Garros (vaincu par Nadal en cinq manches), malgré celle de la finale à l'US Open (battu par Nadal), malgré la perte de son statut, le Serbe a tenu bon. Si l'espoir est infime, il existe néanmoins. "Être numéro 1 ne dépend pas que de moi mais aussi de Rafa mais je sais qu'il y a quelques petites chances", a-t-il avoué après sa qualification en finale. "Si je termine numéro 1 mondial cette année, ce sera un exploit considérable."

Jamais de doublé à Bercy

Et si cet espoir existe encore, il le doit beaucoup à son prochain adversaire, David Ferrer. Comme toujours, celui-ci ne faisait pas partie des grands favoris pour le titre cette semaine à Bercy. Joueur discret au talent tennistique moins affirmé que d'autres mais à l'abnégation exemplaire, il se trouve bien en finale. Pour la deuxième année de suite. Comme avant lui Boris Becker (1989-1990), Guy Forget (1991-1992), Pete Sampras (1997-1998), et David Nalbandian (2007-2008), il a la possibilité de conserver sa couronne. Mais aucun de ces grands noms n'y est jamais parvenu. C'est dire l'ampleur de la tâche qui l'attend. Et ce sera d'autant plus dur face au Serbe, qui l'a vaincu à dix reprises en quinze matches et qui n'a plus perdu contre lui depuis 2011. En début d'année, l'Espagnol n'avait marqué que cinq jeux en trois sets à l'Open d'Australie contre cet adversaire. A contrario, il peut se souvenir l'avoir battu sur le court rapide du Masters de Londres, en 2011, et dans la même épreuve, à Shanghaï, en 2007. S'il bat le Serbe, il servira la cause de Nadal, certain dans ce cas de rester N.1 mondial. 

"C’est un match imprévisible. C'est une finale. Il n'y a pas de favori", estime Novak Djokovic au sujet de ce match. "Ça va  être  un match très difficile", répond en écho David Ferrer. "Il va falloir que je joue au moins comme aujourd'hui (hier). Et si je n'ai même qu'une seule opportunité, il va falloir que je la saisisse."