Juan Martin Del Potro
Juan Martin Del Potro | STEPHEN DUNN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Del Potro, le 5e élément

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Vainqueur de Murray puis Djokovic avant d'échouer de peu contre Nadal en finale à Indian Wells, Juan Martin Del Potro s'affirme vraiment comme le principal concurrent du Big Four en ce début d'année 2013. D'autant qu'il possède une panoplie plus large que Ferrer, Berdych ou Tsonga.

Depuis la victoire de Marat Safin à l'Open d'Australie 2005, un seul joueur non membre du Big Four s'est approprié un tournoi du Grand Chelem: Juan Martin Del Potro, lauréat de l'US Open 2009. A l'époque, l'Argentin avait terrassé Rafael Nadal en demi-finale avant de déborder Roger Federer en cinq manches au terme d'une finale splendide.

Déjà vainqueur en Grand Chelem

Il était alors devenu le premier homme à vaincre les deux phénomènes dans un même Majeur. Un exploit retentissant qui hissait le Sud-Américain parmi les ténors du circuit, un an après son éclosion au plus haut niveau (quatre titres consécutifs glanés à l'été 2008 à Stuttgart, Kitzbühel, Los Angeles et Washington).

Après une opération au poignet droit qui le tient éloigné des terrains plusieurs mois en 2010, et une remontée progressive au classement en 2011 (succès à Delray Beach et Estoril) puis en 2012 (quarts de finale à Melbourne, Paris et New York), "Delpo" attaque cette saison gonflé d'ambitions. Malgré sa défaite en cinq sets au troisième tour contre Jérémy Chardy en Australie, il ne se démonte pas et enlève le tournoi de Rotterdam en battant Julien Benneteau en finale, avant de s'incliner contre Novak Djokovic en demi-finale à Dubaï.

Aussi costaud que les meilleurs

Davantage que David Ferrer (N.5), Tomas Berdych (N.6) ou Jo-Wilfried Tsonga (N.8), Juan Martin Del Potro dispose des armes nécessaires pour rivaliser sur le long terme avec les quatre fantastiques. Doté d'un gros service et d'un coup droit surpuissant, la "Tour de Tandil" a ajouté à son revers frappé fort à deux mains un revers slicé qui lui a permis de casser l'échange et perturber Andy Murray et Novak Djokovic la semaine dernière dans le désert californien.

Mentalement aussi, le gaillard est très fort. Mené un set à rien contre l'Ecossais en quarts comme face au Serbe en demie, Del Potro a renversé la vapeur pour s'offrir deux performances notables. Même s'il n'est pas imperméable à la pression –il menait 6-4, 3-1 dimanche contre Nadal avant de craquer (plus physiquement d'ailleurs), l'enfant de la Pampa a déjà prouvé sa capacité à conclure les plus grandes rencontres comme en témoigne sa victoire à Flushing Meadows contre Federer. Le Suisse s'était montré chanceux de mener deux sets à rien et il pensait avoir "tué" son rival avant que Delpo ne sorte son plus beau tennis pour déboulonner la statue du commandeur (3-6, 7-6, 4-6, 7-6, 6-2).

Pas de Coupe Davis cette saison

A seulement 24 ans, "la Poutre" (1,98 m pour 97 kg) semble sur la pente ascendante depuis sa médaille de bronze récoltée aux Jeux Olympiques de Londres. Souvent malheureux en Coupe Davis (il a choisi de ne pas la disputer cette saison et ne sera donc pas présent à Buenos Aires début avril pour le choc Argentine-France), Del Potro a profité de ce podium à Wimbledon pour redorer son blason auprès de certains de ses compatriotes qui doutaient de son réel amour de la patrie.

Joueur protée multi-surfaces, ce Latino nonchalant fan de Pete Sampras est très apprécié de ses pairs. Cette année 2013 sera cruciale pour Del Potro aspire à reconquérir de grands titres. A Indian Wells, il n'est pas passé loin de remporter le premier Masters 1000 de sa carrière, là où David Ferrer a dû attendre ses 30 ans (Bercy 2012) pour y parvenir. Mais Juan Martin Del Potro vise plus haut, très haut. Il se sait capable de soulever les plus grands trophées, Roland-Garros en tête, et rêve de dépasser Guillermo Vilas (2e à l'ATP le 30 avril 1975), le plus grand joueur argentin de tous les temps (vainqueur à quatre reprises en Grand Chelem). Un exploit qui ne passera pas inaperçu à Buenos Aires et qui ferait de Delpo l'égal de Maradona ou Messi dans le cœur de ses compatriotes.