Bercy public drapeau français 2009
Le public de Bercy en fusion | AFP - Jacques Demarthon

Bercy, la référence mondiale indoor

Publié le , modifié le

Le Masters 1000 de Paris-Bercy (ou BNP Paribas Masters) a bien évolué depuis sa première édition, en 1986. Il reste l’un des plus grands tournois au monde après les Majeurs et le Masters, et a su s’adapter pour rester le plus grand événement tennistique indoor de la saison, malgré quelques critiques ces dernières années.

Le tournoi de tennis disputé au Palais Omnisports de Paris-Bercy (POPB) a bien vécu depuis 27 ans. Il a traversé trois périodes distinctes sans jamais perdre son statut ni le crédit que lui accordent les joueurs et notamment les meilleurs d’entre-eux. Ou presque.

Palmarès imposant

La première période coïncide avec les trois premières années du tournoi, lorsqu’il a fallu lutter avec Stockholm (qui bénéficiait alors de la vague suédoise) pour attirer les premiers mondiaux. Faire venir Boris Becker dès l’édition initiale avait permis aux organisateurs de régaler la foule d’autant que l’Allemand était allé au bout, battant l’inconnu espagnol Sergio Casal. Mais les finales des deux années suivantes (Mayotte-Gilbert puis Mansdorf-Gilbert) n’étaient pas des affiches.

A partir du début des années 90, Bercy a pris une dimension qui n’a cessé de croître. L’argent aidant, les meilleurs joueurs ont afflué à Paris. Tenus de participer à ces plus grands tournois au monde hors Grands Chelems, les stars de l’ATP ont joué le jeu. Le palmarès de Bercy regorge de grands noms, et pas moins de sept lauréats ont été numéro 1 (Becker, Edberg, Agassi, Sampras, Safin, Djokovic, Federer). Hormis l’Israélien Amos Mansdorf, qui avait bénéficié du forfait de dernière minute du numéro 1 mondial Mats Wilander pour être repêché avant d’aller au bout, pas un second couteau n’a inscrit son nom. Même Enqvist ou Rusedski étaient de sérieux outsiders lors de leurs succès.

Les Français en verve

La réussite du BNP Paribas Masters tient aussi aux résultats des Français. Et force est de constater qu’ils se sont montrés assez performants dans la salle de l’est parisien, contrairement à qu’ils réalisent lorsqu’ils foulent la terre ocre de Roland-Garros. Henri Leconte a été le premier Bleu à se frayer un chemin jusqu’au dernier carré (battu en 1986 par Becker). Et Guy Forget a été le premier à atteindre la finale et à soulever le trophée, l’arbre de Fanti (en 1991 après une splendide finale en 5 sets contre le jeune Pete Sampras). Il a depuis été rejoint par Sébastien Grosjean (vainqueur de Kafelnikov en 2001) et Jo-Wilfried Tsonga, tombeur de David Nalbandian en 2008. Le Manceau compte également une finale perdue, Gaël Monfils deux.

Bercy a également su évoluer avec son temps. L’ambiance, déjà chaude, a été magnifiée par l’introduction des sessions du soir depuis quelques années, et par un spectacle haut de gamme. Après les sifflets –pour ne pas dire les huées- reçus par Goran Ivanisevic lors de sa démonstration face à Andrei Medvedev en 1993 (6-4, 6-2, 7-6 avec 27 aces et 32 services gagnants !), les organisateurs ont changé plusieurs fois la surface pour arriver à un revêtement semi-rapide idéal pour le jeu d’attaque.

2009, année noire

Cela n’a pas empêché quelques cadors de profiter de forfaits de complaisance (ou pas) lorsque le Masters de Londres a été accolé à Bercy. Sans la semaine d’écart qui existait auparavant, les meilleurs ont parfois renoncé à jouer quand ils n’ont pas carrément balancé le tournoi parisien (Ferrer a remporté son premier Masters 1000 l’an dernier alors que Nadal était blessé, Federer absent, et que Djokovic et Murray en ont gardé sous le pied pour Londres la semaine suivante). Le point d’orgue de cette troisième époque de Bercy a été atteint en 2009 lorsque le public, furibard, a appris le forfait de Federer contre Blake, avant que Nadal n’abandonne face à Davydenko.

Hormis ces impondérables, qui s’arrêteront définitivement en 2014 lorsque Bercy avancera d’une semaine au calendrier, le tournoi a de quoi se réjouir. Les travaux en cours au POPB vont permettre de restaurer une salle superbe devenue un peu vieillotte, et de conserver le statut officieux de plus grand événement indoor de la saison tennistique. D’autant que les enjeux sont énormes, de la première place mondiale pour le duo Nadal-Djokovic aux qualifications pour le Masters pour Tsonga, Gasquet, Federer, Wawrinka et autres Raonic. Bercy n’a pas fini de vibrer.