Jo-Wilfried Tsonga
. | AFP - MIGUEL MEDINA

Bercy, c'est déjà fini pour Tsonga

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Jo-Wilfried Tsonga a été éliminé d'entrée à Bercy, battu par Kei Nishikori 1-6, 7-6 (7/4), 7-6 (8/6) après avoir eu deux balles de match. Arrivé de son propre aveu "sans certitude" à Paris, il a fait illusion pendant un set. Le Japonais Kei Nishikori a profité d'une grosse baisse de régime pour s'accrocher, puis s'imposer. Le Manceau a commis 57 fautes directes dans cette rencontre. Et il laissera peut-être à Richard Gasquet, adversaire de Nishikori en 8e de finale, le soin de défendre les couleurs françaises au Masters de Londres.

Richard Gasquet et Jo-Wilfried Tsonga n'avaient que 65 points d'écart à la Race. Une broutille qui pouvait faire basculer la fin de saison de l'un ou de l'autre. Mais en s'inclinant dès son entrée en lice à Bercy, le Manceau a laissé la voie ouverte au Biterrois, lequel sera N.1 français à l'issue de la semaine.

Gasquet lui avait mis la pression en remportant, dans la douleur, son premier simple aux dépens de Fernando Verdasco après 2h40 de jeu. Tsonga a encore plus souffert, et n'a pas pu rester en vie. Opposé à Kei Nishikori, qui l'avait battu à deux reprises lors de leurs trois précédents duels, le N.1 français a d'abord mis les choses dans l'ordre. Sous les yeux de ses nouveaux entraîneurs, Escudé et Ascione, il a d'abord assuré ses fondamentaux: service, attaque, volée. En 25 minutes, il a empoché la première manche en ne cédant pas le moindre point lorsque sa première balle passait. Du bel ouvrage. 

Une lente agonie

Ensuite, un petit coup de moins bien. Un 4e jeu affreux pour céder son engagement et voir le Nippon mener (3-1). Mais il recollait à 4-4, et avait même deux opportunités de réaliser à son tour un break, à 5-5. Mais il commettait deux fautes directes en retour de coup droit. Et à 6-5 pour Nishikori, il devait sauver une balle de set, avant d'égaliser à 6-6 sur sa deuxième possibilité. Dans le jeu décisif, il prenait les devants (3-1), avant de commettre trop d'erreurs (4-5). Et trois derniers points catastrophiques, conclus par trois fautes grossières, offraient sur un plateau la manche à Nishikori (7/4). Après 1h30, les deux hommes étaient dos à dos, et le 19e mondial en profitait pour bénéficier des soins du kiné.

Après cette interruption, Jo-Wilfried Tsonga débutait mal, poursuivant les erreurs pour être mené (0-40). Mais il réagissait et évitait le break (1-0). Moins mobile, victime "plus de crampes que de douleur au genou" comme il l'avouera plus tard, le Français ne jouait plus que par à-coups. "C'était très difficile de m'entraîner ces derniers temps. Je manque de condition physique." A 2-2, il sauvait une balle de break. Un bras sans jambe, c'est beaucoup plus difficile pour gagner des points. Les jeux de service du Japonais n'étaient pratiquement pas disputés, ceux du Français toujours pénibles à remporter.

Trois double-fautes dans le jeu décisif

Au jeu décisif, Tsonga débutait par une double-faute. Mais Nishikori se ratait à son tour et, comme au deuxième set, la tête de série N.8 menait (3-1). Et comme au 2e, son adversaire recollait (3-3).  A 5-5, sur une superbe accélération de coup droit décroisé, il s'offrait une balle de match. Sur son service. Mais il commettait sa deuxième double-faute du jeu décisif. Il revenait au filet pour s'en offrir une deuxième (7-6). Sur service adverse. Et Nishikori l'effaçait sur un ace en deuxième balle ! Puis un deuxième pour avoir à son tour l'occasion de conclure (8-7). Et la troisième double faute de Tsonga, une erreur de plus d'un mètre, le condamnait. "Mes jambes ne voulaient plus y aller", glissait-il comme explication.

Cette défaite offre pratiquement à Richard Gasquet son ticket pour le Masters de Londres. Jo-Wilfried Tsonga est désormais exclu de cette course. Et il ne sait même pas s'il ira au Masters en tant que remplaçant, si son classement le lui permet. Pour la première fois de sa carrière, il ne franchit pas un seul tour à Bercy, après 15 aces et 8 doubles-fautes. Pour son premier match sous la houlette du duo Ascione-Escudé, le N.1 français a perdu gros. Et il devrait céder son rang de N.1 français à Gasquet. Mais il doit surtout se soigner pour revenir en pleine possession de ses moyens la saison prochaine. "Je dois me reconstruire, me refaire une grosse caisse physique", constatait-il, sans être pour autant abattu: "J'ai un peu le sourire car c'est le seul moment où j'ai pu jouer comme j'en ai l'habitude. Cela faisait longtemps que je n'avais pas joué comme ça."