Benoît Paire
Benoît Paire | MIGUEL MEDINA / AFP

Benoît Paire et Bercy: je t'aime moi non plus

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L'histoire de Benoît Paire à Bercy est décidément pleine d'émotions. Sifflé il y a deux ans, absent sur blessure la saison dernière, le Français a connu une belle communion avec le public en renversant Gaël Monfils dans le plus beau match de la première journée au Masters 1000 de Paris-Bercy. Se dresse désormais face à lui, Gilles Simon. Pour une autre soirée mémorable ?

Il n’a pas pu retenir ses larmes. Interrogé au bord du court juste après sa victoire face à Gaël Monfils au premier tour du BNP Paribas Masters, Benoît Paire a craqué. Là où il y a deux ans, il s’était fait siffler par le public français pour un match sans saveur face à Pierre-Hugues Herbert. L’Avignonnais en a fait du chemin depuis cette rencontre honteuse pour lui – « je méritais ces sifflets » dit-il aujourd’hui- . Consultant en 2014 à Paris-Bercy, Paire sortait d’une saison cauchemardesque qui le faisait douter sur la suite de sa carrière. « Je me demandais tout simplement si j’allais pouvoir rejouer au tennis », a-t-il expliqué lundi soir. A voir, le 23e joueur à l’ATP en conférence de presse, on comprend qu’il est apaisé. Quelque part, remporter un gros match à Bercy est une sorte de renaissance pour lui, un accomplissement pour une année où il a cravaché pour revenir au niveau qui est le sien. Un niveau qui, il l'espère, le conduire "dans le top 20 mondial".

Un public acquis à sa cause

Et pourtant, la rencontre face à Gaël Monfils était mal embarquée. Mené 6-2, 4-0, le Français était au bord du gouffre et des sifflets. Quelques-uns se dont d’ailleurs manifestés mais ce n’est pas ce que Paire veut « retenir ». Il retient le soutien sans faille des spectateurs de l’AccorHôtels Arena qui l’ont ovationné dès son entrée sur le court. En deux heures de temps et un match, Paire a montré toutes les facettes de personnalité. Un joueur nerveux face aux meilleurs Français, qui peut lâcher le match à tout moment, avant de renverser la vapeur dans un ouragan de coups gagnants. Et comble de l’ironie, c’est lui qui a joué avec le public face à un Monfils, de son propre aveu, « trop gentil », généralement à l'aise dans l'exercice.

"Ne casse pas de raquette"

A 6-2, 4-0, honnêtement la seule chose à laquelle je pense c’est ‘ne casse pas de raquette sinon tu vas te faire huer’ » lâche-t-il sans sourire. Depuis deux ans, Paire a compris qu’il ne pouvait plus être le joueur qui l’était, sous peine d’être toujours traité comme tel. « Gagner ici à Bercy alors qu’il y a deux ans j’étais sorti sous les sifflets et l’an dernier j’étais commentateur, ça montre un peu l’évolution » explique-t-il. Questionné sur son complexe face au meilleur joueur français, l’Avignonnais doute d’avoir eu une sorte de déclic face à Monfils. Un élément de réponse sera donné ce mardi soir. Paire y retrouve Gilles Simon contre lequel il a remporté trois matches en six confrontations.