Julien Benneteau
Julien Benneteau | CITIZENSIDE / YANN BOHAC / CITIZENSIDE

Benneteau, un dernier Bercy plein de promesses même sans finale

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Julien Benneteau (35 ans) arrêtera sa carrière dans quelques mois, probablement à la fin de l’US Open. Le Français l’a déjà dit, il s’agissait de son ultime représentation au Masters 1000 de Paris. Ce fût la plus belle et la plus inattendue avec notamment des succès sur Jo-Wilfried Tsonga (15e), David Goffin (10e) et Marin Cilic (5e) malgré un gros contrecoup ce samedi en demi-finales face à Jack Sock, tête de série numéro 16 (7-5, 6-2). Des performances qui relancent complètement le Bressan à quinze jours de la divulgation de la sélection qui jouera la finale de la Coupe Davis contre la Belgique (24-26 novembre).

La folle semaine parisienne de Julien Benneteau va-t-elle le conduire jusqu’à Villeneuve-d’Ascq dans un peu plus de deux semaines ? Tombé à la 83e place mondiale trois ans après avoir obtenu son meilleur classement ATP (25e le 17 novembre 2014), le finaliste malheureux de dix tournois (sans succès) n’a jamais rien lâché malgré les blessures et une motivation parfois déclinante.

Il ne lâche jamais rien

Frustré de ne plus pouvoir rivaliser avec le Top 30, Benneteau a lentement décliné. Quelques embellies (finale en double à Wimbledon 2016 avec Edouard Roger-Vasselin ou convocation pour disputer le quart de finale de Coupe Davis en mars, double remporté aux côtés de Nicolas Mahut) sont venues égayer ce lent déclin mais beaucoup pensaient le quart-finaliste de Roland-Garros 2006 fini. C’était compter sans sa formidable combativité. Bennet’ ne renonce jamais et il vient de le prouver cette semaine, se rappelant au bon souvenir de tous et de Yannick Noah en particulier.

Hormis Tsonga et Pouille, quasi certains de disputer la finale France-Belgique, personne n’est assuré de sa place. Le sélectionneur de l’équipe de France peut miser sur trois options si l’on considère que le vaillant Adrian Mannarino, qui n’a joué aucun match dans l’épreuve, est out (tout comme Monfils, blessé, et Simon, hors de forme). Soit il retient le duo habituel Mahut-Herbert et Benneteau sera au mieux remplaçant (Gasquet semble le mieux placé pour occuper la place de 5e homme). Soit cap’tain Noah sélectionne quatre joueurs capables d’évoluer en simple et le quatuor Tsonga, Pouille, Gasquet, Benneteau se détache.

La Coupe Davis: il peut y croire

Soit, enfin, Noah choisit une solution intermédiaire en retenant Mahut, pilier du double, et un autre joueur de simple, Gasquet ou Benneteau, pour parer à toute éventualité (blessure ou méforme imprévue de Tsonga et Pouille). Dans ce dernier cas, Julien Benneteau recouvre toutes ses chances de voir le Nord. Son beau parcours parisien l’a replacé sur le devant de la Seine. Médaillé de bronze olympique en 2012 avec Richard Gasquet, le natif de Bourg-en-Bresse pourrait alors être celui qui prive le Biterrois de la finale tant attendue.

Il vient de prouver que son âge n’était pas un problème, que ce soit pour disputer le double ou un éventuel simple décisif le dimanche. Quand on élimine deux top 10 dans un même tournoi (cela ne lui était jamais arrivé), on peut envisager les choses avec sérénité. En plus d’être un bon élément quand son jeu se met bien en place, Julien Benneteau est un bon camarade. Il s’entend bien avec à peu près tous les joueurs français et n’aura aucun mal à se fondre dans le collectif tricolore. Son retour de nulle part lui a donné des ailes qui pourraient apporter beaucoup aux Bleus à Lille.

Sa défaite face à Jack Sock en demi-finales n’est pas rédhibitoire tant son parcours harassant l’a épuisé. Le niveau de jeu affiché toute la semaine garantit un Benneteau compétitif pour France-Belgique. Si, bien sûr, Noah fait appel à lui.

Le match: Benneteau trop fatigué pour déborder un Sock solide 

Pris à froid, Julien Benneteau a concédé son engagement d’entrée, victimes des coups de boutoir de Jack Sock (0-1). C’est donc l’Américain qui effectuait la course en tête durant ce premier set, s’appuyant sur ses grosses frappes en coup droit. Le Français a bien recollé à 2-2 en se montrant opportuniste, Sock lui a repris son service au jeu suivant. Bis repetita quelques jeux suivants et c’est finalement Sock, plus en jambes, qui concluait le set (7-5) en exploitant mieux ses occasions.

Le Mano a mano se poursuivait au début de la deuxième manche, mais moins logntemps tant le Français paraissait épuisé par ses exploits de la semaine. Benneteau servait de nouveau en premier et il montait son niveau de jeu d’un cran pour rivaliser avec son rival. Malgré tout, le Bressan semblait un poil moins réactifs que lors de ses rencontres précédentes. Il parvenait tant bien que mal à résister aux initiatives de l’Américain et s’accrochait pour sortir un ace à 2-2, 30-40). Il finissait tout de même par craquer pour se retrouver mené 5-2 après avoir concédé deux fois son engagement. Sock (N.16) concluait l’affaire sur un service gagnant après moins d’une heure vingt.

Réaction

Julien Benneteau s'est exprimé en conférence de presse sur la finale de la Coupe Davis. Il s'est montré prudent malgré son beau parcours ici. "La Coupe Davis, c’est l’objectif de tous les joueurs français. Ma sélection dépend du choix de Yannick. Si Yannick prend quatre joueurs ou six pour le stage, ça peut changer les choses", a-t-il confié. "Une chose est sûre, j’ai toujours très bien joué le double grâce à mes qualités de simple. Si on fait appel à moi, je viens sans hésiter".