L'argent, le nerf de la guerre
L'argent, le nerf de la guerre | AFP - PATRICK PLEUL - dpa-Zentralbild

"On m’a proposé 10 000 euros pour perdre un match en deux sets"

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Ils sont des centaines de joueurs à écumer le circuit secondaire. Classés au-delà du Top 100, ils cherchent à progresser, gagner des matches, des points ATP, et de l’argent. Ils sont devenus des cibles pour des personnes en quête du « bon coup ». Grâce aux paris en ligne, et à une entente avec un joueur, ces derniers peuvent multiplier par 12 ou 14 leur mise. Des pratiques qui se seraient répandues. Un joueur a accepté, de manière anonyme, de nous raconter l’approche qu’il a subie lors d’un tournoi. Récit de pratiques, mises en lumière par une enquête de Stade 2, diffusée ce dimanche à 16h55 sur France 2.

L'enquête de Stade 2

C’était il y a quelques mois. Ce joueur a reçu un SMS particulier, alors qu’il disputait un tournoi sur le circuit professionnel. "Le message proposait, en anglais, que je perde en deux sets contre 10 000 euros. C’est une personne que je ne connais pas. Je ne sais même pas comment elle a eu mon numéro de portable", nous raconte-t-il.

Ce message, il l’a reçu en allumant son téléphone, à la sortie du terrain, alors qu’il venait de remporter la demi-finale du tournoi. Un match qu’on lui demandait de perdre contre de l’argent. "Je venais de gagner 600 ou 700 euros grâce à cette victoire", dit-il avec humour. Il a aussitôt alerté le juge-arbitre de l’épreuve, qui a lui-même averti la Tennis Integrity Unit, qui l’a contacté deux heures après. "Ils m’ont dit de bloquer cet interlocuteur, de ne pas répondre." Ils sont ensuite venus le voir. "Le numéro de la personne était déjà répertorié dans leur liste."

Beaucoup d'argent pour un match parmi d'autres ?

Pour lui, ces tentatives pour truquer les matches arrivent "très régulièrement, voire chaque semaine. Pour perdre un seul match, c’est énormément d’argent." Et s’il avoue "comprendre que certains joueurs, qui sont en difficulté, acceptent", il ne pourrait jamais le faire. "Cela ne fait pas partie de l’éthique du tennis. On s’entraîne dur, on a des gens qui nous soutiennent. Accepter, c’est trahir le travail fait au quotidien, c’est le jeter en l’air. Cela ne fait pas partie de mes valeurs. C’est trahir son sport. Mais je peux comprendre."

A un niveau où l’argent est précieux car rare (lire  "Dans les coulisses du tennis professionnel de second rang"), la tentation peut se révéler trop forte.

Un exemple de match truqué découvert par l'Arjel