Balle sous la pluie
Balle sous la pluie | Julian Finney/ GETTY/AFP

L'US Open prend l'eau et la révolte gronde

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Pour le 2e jour de suite, les organisateurs de l'US Open ont été contraints d'annuler les matches en raison des averses de pluie. Nadal (N.2), Roddick (N.21) et Murray (N.4) n'ont pas apprécié d'être envoyés sur le court, alors que les prévisions n'étaient guère rassurantes. "Les joueurs sont les 1ers à vouloir jouer, mais pas quand c'est dangereux", a dit Murray. Car en cas de pluie, les courts de l'US Open sont de vraies patinoires.

"S'il y a discussion pour savoir si les courts sont jouables, c'est à mon avis qu'ils ne sont pas jouables. Il bruinait encore et les fonds de courts étaient encore humides." Andy Roddick n'avait pas mâché ses mots sur ESPN après l'interruption de son match contre David Ferrer (N.5) à cause de la pluie. Et il n'est pas le seul. "C'est dangereux", a dit Andy Murray, N.4 mondial. "Les lignes deviennent vraiment glissantes. Les joueurs sont les premiers à vouloir jouer mais pas quand c'est dangereux." Idem pour Rafael Nadal: "On ne veut pas aller sur le court s'il pleut. Si je dois aller sur le court, je vais sur le court mais je pense que ce n'est pas juste". 

Et les trois hommes, très influents dans l'association des joueurs, n'ont pas hésité à faire part de leur mécontentement aux organisateurs: "Nous avons voulu faire savoir (aux organisateurs) que nous ne voulions pas être remis dans cette position. Je comprends qu'il faut qu'il y ait du tennis à la télé et le volet business de la chose mais les joueurs doivent se sentir en sécurité. Cela ne vient pas que d'un joueur, nous en avons parlé entre nous dans le vestiaire". Les trois matches ont été interrompus après quinze minutes de jeu, et l'Espagnol était mené 3-0 par le Luxembourgeois Gilles Muller, alors que le Britannique servait pour égaliser à (2-2) contre l'Américain Donald Young, tandis que l'Américain menait (3-1) devant Ferrer.

"A midi, les meilleures informations (météo) en notre possession indiquaient la possibilité d'une fenêtre de deux heures sans pluie. Malheureusement, la bruine et l'humidité ne sont pas toujours visibles sur le radar", s'est défendue la Fédération américaine (USTA) dans un communiqué. "Nous avons des arbitres expérimentés qui décident si les courts sont jouables. Les conditions peuvent ne pas être idéales mais jouables quand même." Sans toit rétractables ni bâches pour couvrir les courts lors des intempéries, l'US Open ne peut même pas faire reprendre les matches juste après la fin de la pluie, les courts devant être séchés avec des machines et des serviettes.

Nadal: "les tournois du Grand Chelem ont trop de pouvoir"

"Les tournois du Grand Chelem ont trop de pouvoir et ils ne soucient pas  des joueurs. Je sais qu'il y a différents intérêts qui gravitent autour (de ces  tournois) mais les choses ne sont pas justes ainsi", ajouté le Majorquin. "Je ne peux pas tout seul dire que je ne veux pas rentrer sur le court s'il  pleut car c'est arrogant mais l'ATP devrait avoir le pouvoir de le dire. Or  cela n'a pas l'air d'être le cas en Grand Chelem", a déploré Nadal. "Il faut changer cela et la seule façon de le faire c'est que les joueurs  s'unissent et que l'ATP nous soutienne", ajouté l'Espagnol, qui est  vice-président du conseil des joueurs auprès de l'ATP.

Face à ces intempéries, les organisateurs avaient dans un premier temps annoncé que deux quarts de finale du tableau masculin étaient d'ores et déjà reportés, mais au final, ce sont tous les matches qui ont été annulés. Ainsi, le choc 100% serbe entre Novak Djokovic et Janko Tipsarevic, et Roger Federer opposé à Jo-Wilfried Tsonga sont reportés. Ces quatre joueurs ont la chance de ne pas avoir à rester toute la journée dans les vestiaires ou le player lounge. Après avoir connu pour la première fois depuis 2006 l'annulation de l'ensemble des matches mardi, les organisateurs s'apprêtent à vivre des moments pénibles pour caser tous les matches avant dimanche, samedi et dimanche, jour des finales féminine et masculine.