Jimmy Connors
Jimmy Connors est "Monsieur US Open" | AFP - JOHN MOTTERN

L'’inoxydable Jimmy Connors

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A moins de trois semaines du début de l'US Open -quatrième levée du Grand Chelem, voici le deuxième volet d'une galerie de stars qui ont marqué leur époque depuis 1978, première année où le tournoi s'est disputé sur le decoturf de Flushing Meadows. Aujourd'hui, éclairage sur l'Américain Jimmy Connors, tennisman à la longévité extraordinaire, lors de son huitième de finale de 1991 contre Aaron Krickstein.

Jimmy Connors a aujourd’hui tout de l’idole américaine populaire. Pourtant, au début des années 70, son tempérament bien trempé, sa soif de victoire et son côté showman font de lui un personnage haï auprès du public. Il faudra du temps et de nombreuses victoires pour que son arrogance soit vue comme un atout. Réputé pour ses qualités de relanceur, il faisait également la différence grâce à son revers à plat. Un coup à deux mains, assez décrié en son temps, où le revers à une main était encore la base du tennis. Joueur inoxydable, l’homme à la coupe au bol a traversé les âges sur tous les terrains aux quatre coins du monde. Mais c’est lors de la quatrième levée de la saison qu’il s’est le plus souvent illustré. 22 ans séparent sa première participation à l’US Open en 1970 à son élimination au deuxième tour en 1992. Un record de longévité qui ne rime pas avec simple figuration puisque l’Américain possède le record de 12 demi-finales consécutives à l’US Open (si l’on prend en compte ses matchs avant le déménagement du tournoi depuis Forest Hills).

Sa plus belle victoire : contre Aaron Krickstein, huitième de finale 1991 : 3-6, 7-6 (8), 1-6, 6-3, 7-6(4)

Voir en vidéo les plus beaux points de sa rencontre

Difficile pour un joueur au palmarès aussi large de ne sélectionner qu’un match. Mais parmi ces plus beaux faits d’armes, impossible de passer à côté de sa rencontre face à Aaron Krickstein en 1991. Oui, ce n’est qu’un huitième de finale mais il illustre au mieux ce qu’était l’originaire de l’Illinois. Cette année là, "Jimbo" a 39 ans. Classé au-delà de la 100e place, son règne sur le tennis mondial est derrière lui, pourtant, il va s’offrir un jubilé d’une rare qualité sur le ciment US. Absent la saison précédente, notamment à cause d’une opération du poignet, tout le monde s’attend à le voir disparaitre rapidement du tableau. Son 8e de finale contre l’Américain Aaron Krickstein, alors sixième joueur mondial devrait sonner le glas de son tournoi. Pourtant, à la surprise générale, le gaucher vieillissant répond coup pour coup à son compatriote, de quinze ans son cadet. Dans le cinquième set, la hiérarchie semble enfin être respectée, et Krickstein mène 5-2. Mais Connors n’aurait jamais tenu au plus haut niveau sans un mental hors normes. L’homme aux huit titres du Grand Chelem va revenir dans la partie et s’imposer au tie-break et 4 h 41' de match. CBS, la grande chaîne américaine, bat ses records d’audience devant l’exploit de son héros. Son aventure s’arrêtera en demi-finale face à Jim Courrier, sa quatorzième à l’US Open. Un autre record pour l’éternité.

Ses autres matchs de référence

Sa défaite face à John McEnroe en demi-finale de l’édition 1984 (6-4, 4-6, 7-5, 4-6, 6-3)

En 1984, McEnroe est au sommet de son art. Il réalise à l’époque ce que Novak Djokovic essaye d’imiter : une saison quasi-parfaite. L’Américain remporte 82 matchs pour simplement trois défaites. Mais en demi-finale de l’US Open, le "Big Mac" se met à trembler face à Jimmy Connors. Double tenant du titre, Jimbo ne va rien lâcher et croire en ses chances d’un sixième titre à l’US Open. Plus jamais il n’atteindra à nouveau la finale de la quatrième levée du Grand Chelem malgré quelques coups d’éclat.

Sa victoire contre Ivan Lendl en finale de l’édition 1983 (6-3, 6-7, 7-5, 6-0)

Pour la deuxième année consécutive, Jimmy Connors retrouve Ivan Lendl en finale de l’US Open. Celui qu’il traite de « poule mouillée » depuis 1983 va complètement craquer mentalement et laisser filer la dernière manche 6-0. Ce sera la cinquième et dernière victoire de Connors à l’US Open (la troisième à Flushing Meadows après ses deux premiers sacres à Forrest Hills en 74 et 76).

Palmarès à Flushing Meadows : 3 victoires, 7 demies

1978 : victoire contre Bjorn Borg
1979 : demie contre John McEnroe
1980 : demie contre John McEnroe
1981 : demie contre Bjorn Borg
1982 : victoire contre Ivan Lendl
1983 : victoire contre Ivan Lendl
1984 : demie contre John McEnroe
1985 : demie contre Ivan lendl
1986 : 32e contre Todd Witsken
1987 : demie contre Ivan lendl
1988 : quart face à Andre Agassi
1989 : quart face à Andre Agassi
1990 : absent
1991 : demie contre Jim Courier
1992 : 64e face à Ivan Lendl