Pat Rafter à l'US Open 1998
Pat Rafter à l'US Open 1998 | JOHN RUTHROFF / AFP

Les deux font Rafter

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L’US Open, 4e et dernière levée du Grand Chelem, a ouvert ses portes. L’occasion de compléter notre galerie de stars qui ont marqué leur époque depuis 1978, première année où le tournoi s'est disputé sur le decoturf de Flushing Meadows. Aujourd'hui, avant dernier chapitre de notre dossier avec un retour sur le parcours de Patrick Rafter, double vainqueur du Majeur US, et notamment son succès en finale de l’édition 1998 contre son compatriote, Mark Philippoussis.

L’histoire d’amour entre Patrick Rafter et l’US Open fut complexe. Passionnelle, mais finalement trop fugace. Elle débute par des désillusions. En quatre participations, il ne dépasse pas le 3e tour. Et puis c’est l’éclosion. Sûr de ses schémas de jeu de pur attaquant, à moins que ce ne soit l’effet de la crème solaire sur son visage, le serveur-volleyeur s’y impose à deux reprises en 1997 et 1998. A 25 ans, tout laisse à supposer que l’Australien a le jeu adapté pour continuer sa moisson sur cette surface. Mais le natif de Mont Isa, va finalement retomber dans l’anonymat et reprendre ses habitudes avec le premier tour. Qu’importe. Ses deux fulgurances à Flushing Meadows ont marqué les esprits. Joueur élégant et appliqué, Rafter, à l’instar d’un Pete Sampras ou d’un Roger Federer à ses débuts, fut l’un des derniers à imposer le service-volée au sommet d’un Grand Chelem. Notamment lors de sa victoire en 1998 face à Mark Philippoussis.

Sa plus belle victoire: contre Pete Sampras, en demi-finale de l'édition 1998 6-7(8), 6-4, 2-6, 6-4, 6-3

Les grands champions ne disent-ils pas qu’être le meilleur un jour est facile, c’est le rester le plus compliqué ? Si l’expression est éculée dans la bouche de nombreux sportifs, elle se fonde cependant sur une vérité évidente. Elle permet aussi de mieux réaliser l’exploit réalisé par Patrick Rafter en 1998, lorsqu’il remporta son deuxième US Open consécutif. Si son premier succès de 1997 fut certainement un peu dévalué, le second le conforta comme l’un des grands bonhommes de l’US Open. Ses lettres de noblesses, il les a surtout conquises en demi-finale, en 1998. Contre Pete Sampras, l’Aussie va sortir triomphant d’un bras de fer le menant directement vers un second sacre, sa finale contre Mark Philippoussis étant bien plus simple à remporter. Les deux hommes, offrant un jeu similaire et très offensif vont réjouir les spectateurs, tous portés derrière leur héros local. Malgré la défaveur du public, Rafter tient bon et remonte un handicap de deux sets à un pour revenir. Certes, il aura pu s’appuyer sur les 16 doubles fautes de « Pistol Pete » ce jour là. Mais, il sera parvenu à faire chuter celui qui possédait déjà à cette époque 4 titres sur le decoturf. L’occasion de montrer aux mauvaises langues que son premier succès n’était pas le fruit du hasard.

Ses autres matches de référence

Sa victoire en finale de l’édition 1997 contre Greg Rusedski 6-3, 6-2, 4-6, 7-5

Bien que la sélection d’un match au sein d’une liste reste parfaitement subjectif, impossible de passer à côté de son premier succès sur le ciment US contre le Britannique (né Canadien) Greg Rusedski. La victoire qui lui permit de soulever son premier trophée en Grand Chelem. Un duel de gros serveur certes, où Patrick Rafter aura su étaler une plus large palette de coups au filet. Face à un gaucher difficile à jouer, l’Australien a récité son tennis. Seule la troisième manche lui échappe. Juste de quoi faire durer un peu plus le plaisir pour les spectateurs du stade car, sur le court, il n’y avait pas photo entre les deux hommes.

Sa défaite contre Cédric Pioline au 1er tour de l’édition 1999 6-4, 6-4, 3-6, 5-7, 0-1 (abandon)

Plus l’on monte haut et plus dure est la chute. En remportant deux fois consécutivement l’US Open, Rafter avait conquis l’Amérique. De quoi se présenter à l’ouverture du tournoi le moral gonflé à bloc pour celui qui avait été numéro 1 mondial au cours de l’été. Le début de sa rencontre face à Cédric Pioline laissait d’ailleurs présager un « happy ending ». Avant que son physique ne vienne à lui jouer des tours. L’Aussie remporte les deux premiers sets sans trembler 6-4, 6-4 avant de céder les deux manches suivantes et d’abandonner dans le cinquième set. Cette défaite marqua un réel coup d’arrêt dans la relation qu’entretenait Rafter avec le Majeur américain. Comme si un lien s’était brisé, il n’y brillera plus que par intermittence. Dommage pour un joueur aussi talentueux.

Palmarès à Flushing Meadows: 2 victoires

1993 : 1er tour contre Doug Flach
1994 : 3e tour contre Todd Martin
1995 : 2e tour contre Marc Rosset
1996 : 1er tour contre Keneth Carlsen
1997 : victoire contre Greg Rusedski
1998 : victoire contre Mark Philipousis
1999 : 1er tour contre Cédric Pioline
2000 : 1er tour contre Galo Blanco
2001 : 4e tour contre Pete Sampras