coup droit Jo-Wilfried Tsonga US Open 09 2011
Le Français Jo-Wilfried Tsonga | AFP - EMMANUEL DUNAND

Les cadors assurent, Tsonga cale

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Après deux jours d'interruption due à la pluie, les rencontres ont pu reprendre, ce jeudi, et Roger Federer et Novak Djokovic en ont profité pour se qualifier pour les demi-finales de l'US Open. Rafael Nadal et Andy Murray ont, eux, obtenu leurs billets pour les quarts. En revanche, côté tricolore, l'aventure s'arrête pour Gilles Simon et Jo-Wilfried Tsonga.

Alors qu'un ciel bleu et un soleil généreux étaient enfin revenus sur les courts de Flushing Meadows, les joueurs ont dû se remettre tout de suite dans le bain et pour la plupart d'entre eux batailler longtemps pour s'en sortir.

Ce fut le cas notamment de John Isner. Le géant américain a mis plus de 3h30 pour sortir un Gilles Simon accrocheur mais qui n'a jamais trouvé la clé du service de son adversaire, victorieux en quatre sets 7-6, 3-6, 7-6, 7-6 grâce à son admirable maîtrise des tie-breaks. Cette rencontre laissera un goût amer au Niçois, qui n'avait pas le droit à l'erreur. Or, il a cédé quatre fois sa mise en jeu. Gilles Simon a notamment servi pour le gain du premier set à 6-5. Trop attentiste, il a perdu son avantage et l'Américain imposait sa science du tie-break sept points à deux. Le Français a failli connaître la même mésaventure dans la deuxième manche. A 5-3 15-40, il a dû sortir le grand jeu pour repousser deux balles de break. Grâce, notamment, à un passing de coup droit, il recollait à la marque. Très équilibrée, le troisième set se nouait encore au tie-break. Dans cet exercice, le géant américain se montrait intouchable avec deux aces et deux coups gagnants (sept points à deux). Dans le quatrième set, à 5-4, Gilles Simon s'est procuré deux balles de set mais son immense service (ace et volée de coup droit à déposer) a permis à John Isner d'éviter une prolongation. Serein à l'idée d'entamer ce troisième jeu décisif, John Isner concluait à sa première balle de match. Vendredi, il défiera l'Ecossais Andy Murray, tête de série numéro quatre.

Murray et Nadal logiquement

Andy Murray s'est en effet également facilement qualifié pour les quarts de finale en battant 6-2, 6-3, 6-3 l'Américain Donald Young, invité des organisateurs, en moins de deux heures.Young, 22 ans, un ancien prodige du tennis américain qui n'a jamais confirmé et jouait pour la première fois un 8e de finale de Grand Chelem, s'est complètement auto-détruit dans un match qui avait été entamé mercredi mais qui, là encore, n'avait pu durer qu'un quart d'heure (2-1 pour Young) à cause de la pluie. L'Américain a commis 53 faute directes, dont 34 en coup droit, sur les 90 points de Murray et a perdu 8 fois son service (seulement 48% de points gagnés sur ses premiers services et seulement 12% de premières balles non retournées). Très présent à la volée, avec une certaine réussite, Young a été totalement dominé dans les autres secteurs de jeu. Signe de son naufrage, il a laissé la deuxième manche à Murray sur une de ses cinq doubles fautes.

De son côté, Rafael Nadal a logiquement tenu son rôle das un 8e de finale qui s'est finalement révélé pour lui plus facile que cela ne lui avait paru après les premiers échanges. La rencontre, initialement prévue mardi, avait été entamée mercredi dans des conditions humides mais n'avait duré qu'un quart d'heure en raison de la pluie, ce qui avait entraîné la colère de Nadal, estimant que les joueurs n'étaient pas "protégés". Les matches avaient ensuite été annulés pour la journée. Quand le match a repris jeudi, l'Espagnol était mené 3-0 et comptait un break de retard sur le Luxembourgeois, qui n'a plus battu un joueur du Top 10 depuis son beau parcours jusqu'en quart de finale de l'US Open 2008. La reprise a été délicate pour l'Espagnol, qui mettait un peu de temps à retrouver ses marques après quatre jours sans jouer et l'épisode de ses crampes en conférence de presse dimanche. Mais il parvenait à débreaker à 4-2 pour égaliser ensuite à 4-4 et exprimait d'un "Vamos" bruyant son soulagement. Dans le tie break, Nadal se montrait totalement souverain, alignant notamment 5 coups gagnants, dont des passings magistraux, et un service gagnant pour l'empocher facilement et se relancer définitivement. De nouveaux passings de coups droits lui permettaient de vite prendre les devants en deuxième manche (5-0 sur jeu blanc). Après un deuxième set expédié en 28 minutes, Muller n'avait pas plus de réponse dans la troisième manche et Nadal a fini en 2 h 08 min sur une volée de revers. En quarts de finale, Nadal retrouvera l'Américain Andy Roddick (N.21) qui a réussi une belle performance en venant à bout de David Ferrer (N.5) 6-3, 6-4, 3-6, 6-3. 

Federer trop fort pour Tsonga

Plus tard dans la soirée, Jo-Wilfried Tsonga (N.11) a manqué la passe de trois face à Roger Federer (N.3). Tsonga a en effet été battu 6-4, 6-3, 6-3 en moins  de deux heures dans un match interrompu dans le premier set pendant près de 1 h  40 minutes à cause de la pluie et durant lequel le Suisse ne lui a jamais cédé un pouce de terrain et a imprimé son propre tempo. "C'est assez sévère, a jugé le Manceau. Roger est un des seuls qui peut me  mettre des +volées+ comme ça." "Je n'étais pas dans mon assiette, a-t-il ajouté. Roger a été nettement  au-dessus de moi. Il aurait fallu que je fasse un match extraordinaire et je ne l'ai pas fait." "Jo a peut-être été moins bon qu'à Wimbledon et Montréal (ses deux défaites  consécutives contre Tsonga) et j'en ai tiré parti", a résumé Federer.  Même mené 2 sets à 0, le Français n'a jamais vu se dessiner l'ouverture qui  lui aurait permis de revenir au score comme cela avait été le cas à Wimbledon,  où Tsonga l'avait emporté en cinq sets. Il a bien eu cette balle de break à 2-2  dans le troisième manche mais le quintuple vainqueur de Flushing Meadows a trop  bien servi pour offrir une vraie brèche au Manceau (72% de premiers services,  dont 84% au 3e set, 33% de services non retournés, 43% au 3e set). Federer, qualifié pour sa 28e demi-finale de Grand Chelem (pour 16 titres)  et sa 8e demi-finale d'affilée à l'US Open, affrontera samedi Novak Djokovic  pour une place en finale du dernier tournoi du Grand Chelem de la saison.

Numéro 1 mondial, "Djoko" s'est qualifié en dominant son compatriote serbe Janko Tipsarevic (N.20), qui a abandonné avec un problème à la cuisse gauche quand le score était de 7-6[2], 6-7[3], 6-0, 3-0 après 3 h 27 minutes de jeu. Le grand favori du tournoi a souffert pendant deux manches, concédant son  premier set du tournoi. "Il faudra que je sois plus agressif au prochain match, plus près de ma  ligne de fond de court, a averti Djokovic. J'ai mal démarré mes deux derniers  matches, j'étais très lent et très passif. Janko a joué un tennis  extraordinaire, il m'a poussé très loin au fond du court." Même si Djokovic s'est détaché 5-2 au premier set, son compatriote n'a pas démérité. Quatre jeux plus tard, Tipsarevic menait 6-5 et servait pour le gain de la première manche. Mais Djokovic a bien réagi et a repris son service de retard puis empocher le tie break. Au lieu de s'effondrer dé dépit, Tipsarevic a redoublé d'agressivité,  jusqu'à déstabiliser Djokovic, et a mené 3-0, obtenant même deux balles de  double break pour 4-0. Une fois encore, l'expérience du N.1 mondial s'est fait  sentir et Djokovic a égalisé à 3-3 et un autre tie-break s'est imposé. Ensuite, le match a changé de physionomie. Tipsarevic a passé moins de premières balles et n'a pu empêcher son compatriote d'aligner les jeux à un rythme soutenu. Mené 5-0, Tipsarevic a demandé les soins du soigneur, qui est venu lui masser la cuisse gauche ...  avant de jeter l'éponge quatre jeux plus tard.