Le rêve éveillé d'Amélie Mauresmo en 2015

Le rêve éveillé d'Amélie Mauresmo en 2015

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Engagée depuis huit mois dans une double vie entre son capitanat de l'équipe de France de Fed Cup et son rôle de coach auprès d'Andy Murray, Amélie Mauresmo vit un début d'année presque idyllique. Une semaine après avoir vu l'Ecossais atteindre la finale de l'Open d'Australie, elle a, ce week-end, dirigé les Françaises vers une victoire inespérée en Italie au 1er tour. De retour sur le circuit depuis juillet 2012, l'ancienne N.1 mondiale réalise un parcours sans-faute dans son nouveau rôle de technicienne.

C'est un début d'année dont elle rêvait. Devenue capitaine de l'équipe de France de Fed Cup en juillet 2012, devenue coach d'Andy Murray en juin 2014, Amélie Mauresmo a rempli ses objectifs avec ses différents protégés en cette entame de la saison. L'Ecossais a atteint la finale de l'Open d'Australie début février, et une semaine après, les Françaises ont franchi le 1er tour de la Fed Cup. Pour chacun de ses deux "métiers", il s'agissait d'un retour au sommet. Murray n'avait plus fréquenté de finale en Grand Chelem depuis sa victoire à Wimbledon en 2013. Et l'équipe de France de Fed Cup retrouvait le groupe Mondial après trois années en deuxième division. Le tout à une semaine d'intervalle, en ayant quitté l'Australie quelques heures après la finale perdue, pour une femme qui avouait que "les voyages, j'en avais marre."

Vidéo: Amélie Mauresmo explique son choix d'entraîner Murray lors de Roland-Garros 2014

Pourtant, ces beaux résultats n'étaient pas gagnés d'avance. Dans le box du 4e mondial, elle a essuyé de nombreuses critiques de la presse britannique depuis sa prise de fonction. Elle a aussi dû se faire une place dans une structure déjà existante, qui a fini par être revue à l'issue de la saison passée. C'est pourquoi l'émotion se lisait sur le visage de la française lorsque son joueur, sur le court de Melbourne, déclarait après sa qualification pour la finale: "Beaucoup de gens l'ont critiqué à la fin de la saison dernière. Nous avions eu peu de temps à passer ensemble, c'est pourquoi il n'y avait aucune raison de la critiquer. Je lui suis très reconnaissant de faire ce qu'elle fait. C'était un choix courageux de sa part", avait-il dit. Désormais pleinement aux manettes, Amélie Mauresmo savoure le retour de l'Ecossais au premier plan, son retour parmi les quatre meilleurs joueurs du monde. Mais pas longtemps. Au lendemain de sa défaite contre Novak Djokovic, elle analysait: "Pour battre le N.1 mondial, il faut continuer à travailler. (...) Moi, je suis avec lui pour aller chercher le titre." 

Amélie Mauresmo et son joueur, Andy Murray, à l'entraînement en Australie
Amélie Mauresmo et son joueur, Andy Murray, à l'entraînement en Australie

En Fed Cup non plus, l'histoire n'était pas simple. Lorsqu'elle a pris le capitanat, la France luttait pour ne pas descendre en 3e division de la Fed Cup, et sa N.1, Marion Bartoli, restait en-dehors de l'épreuve. L'ancienne N.1 mondiale est arrivée sur la chaise, a fini par convaincre Bartoli d'assouplir son fonctionnement pour lui permettre de jouer. C'est avec elle que la France a arraché son maintien en 2e division grâce à une victoire sur le Kazakhstan (4-1), où Caroline Garcia faisait sa première apparition (en double avec Kristina Mladenovic). Mais la N.1 française prenait sa retraite quelques semaines après, laissant orpheline une formation en quête de leader depuis longtemps.

Une vision sur le chemin parcouru

L'an dernier, les Bleues gagnaient leur billet retour dans l'élite mondiale en allant s'imposer aux Etats-Unis (3-2), avec trois points conquis par Garcia, seulement âgée de 20 ans. Et le week-end passé, en Italie, face à une équipe sacrée à quatre reprises lors des 9 dernières saisons (dont la dernière fois en 2013), contre des Italiennes invincibles chez elles depuis 2008, la France s'est imposée (3-2). Avec le dernier point conquis par la paire Mladenovic-Garcia, aux dépens des meilleures du monde, Errani-Vinci. Pour la première fois de son histoire, le collectif tricolore l'a emporté après avoir été mené (2-0) après la 1e journée. "Elles m'ont scotchée. Elles ont été incroyables du début à la fin", s'enthousiasmait la capitaine après la rencontre. La France se trouve maintenant en demi-finale de la Fed Cup, avec un voyage chez les tenantes du titre tchèques en avril. "Etre en demi-finale, c'est vraiment incroyable ! Toute la journée, je leur ai  répété: 'Les filles, tant que la dernière balle n'est pas jouée, on est encore  en vie'." 

La rage de vaincre d'Amélie Mauresmo sur sa chaise de capitaine
La rage de vaincre d'Amélie Mauresmo sur sa chaise de capitaine

Cette rage de vaincre, ce besoin d'échanger et de comprendre l'autre, et sa longue expérience, Amélie Mauresmo les a mises à disposition de ses troupes. Qui le lui rendent bien avec ce début d'année vécu sur un nuage. Ce qui ne l'empêche pas de voir tout le chemin parcouru. "J'aime bien regarder de là où on est parti il y a deux ans et demi, quand j'ai pris le poste, avec  en plus l'arrêt de Marion (Bartoli) au milieu. Je pense que peu de gens  auraient pu imaginer que ça allait se produire", disait-elle avec gourmandise ce dimanche soir. Une semaine avant, elle glissait en Australie: "Quand on regarde d'où Andy vient, et où il en est aujourd'hui, même s'il y a encore des étapes à passer avant de soulever un trophée, l'écart se réduit." Fed Cup et Andy Murray, le lien est créé. L'Ecossais l'a démontré avec son tweet, lors du matche Italie-France, preuve qu'il suivait la rencontre.

Ce début d'année donne à Amélie Mauresmo quelques certitudes. Et il représente un beau tremplin vers la suite de la saison, sur les deux tableaux.

Vidéo: L'exploit des Françaises en Fed Cup en Italie

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze