Rod Laver Arena - Open d'Australie
Une vue aérienne de la Rod Laver Arena | AFP - ROMEO GACAD

L'Australie, le Grand Chelem mal aimé ?

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Premier Grand Chelem de l'année calendaire mais dernier majeur historique, l'Open d'Australie n'a pas toujours été le tournoi de prédilection des tennismen. Joueurs en manque de rythme en début de saison ou chaleur étouffante, quelle qu'en soit la raison, le rendez-vous "Aussie" a souvent donné lieu à quelques surprises, comme en atteste la liste des finalistes de la dernière décennie.

Difficile pour un "jeune" tournoi du Grand Chelem de prendre sa place au sein de la hiérarchie bien établie. Si le centenaire Wimbledon reste le tournoi favori de nombre de joueurs et que l'US Open lutte pour la deuxième place "de cœur" auprès de Roland-Garros, l'Open d'Australie connait certainement le plus grand désamour. Créée en 1905, cette quatrième levée de la saison a longtemps cherché sa place. Au sens propre, comme au figuré. Programmé en fin de saison jusqu'en 1977, elle a été replacée en début d'année pour attirer dans ses filets les princes de la raquette, peu enclin à faire un voyage aux antipodes à l'heure de Noël et du jour de l'an. En effet, jusqu'à la fin des années 80, les joueurs du Top 10 ne s'y déplaçaient que dans l'éventualité de réaliser un Grand Chelem... Un manque d'attrait trouvant son apogée en 1982 où la tête de série numéro 1 du tableau était Johan Kriek, alors 12e joueur mondial.
Parfois jugé comme une pâle imitation de Flushing Meadows ou de Wimbledon, le tournoi a ensuite connu un changement de surface en 1988, troquant son gazon contre une surface synthétique. C'est à partir de cette date, que l'"Australian Open" (AO) a réellement pris son envol et trouvé sa légitimité aux côtés des autres "temples sacrés" de la discipline.
 

Au fil des ans, le tournoi s'est transformé en opportunités de briller pour les outsiders, pouvant se frayer un chemin dans un tableau parfois fantaisiste.

Malgré l'intérêt retrouvé des membre du Top 10 pour s'y imposer, il n'empêche que le tournoi a souvent offert des finales "surprenantes", ces dernières années. Si certains estiment que cette diversité de joueur de second rang est une bonne chose, d'aucuns noteront que les favoris ne répondent pas toujours présent pour cette première levée. Au fil des ans, le tournoi s'est transformé en opportunités de briller pour les outsiders, pouvant se frayer un chemin dans un tableau parfois fantaisiste. Les exemples ces dernières années sont légion parmi les finalistes : Tsonga (2008), Gonzales (2007), Baghdatis (2006), Schuettler (2003), Clément (2001). Autant de joueurs qui n'ont jamais dépassé le Top 5 mondial. En 2002, le Suédois Thomas Johansson s'y était même imposé devant Marat Safin..

Comment l'expliquer ? D'une part par la position très avancée dans le calendrier du tournoi. Être prêt pour l'OA demande aux joueurs de reprendre l'entraînement très tôt pour avoir un pique de forme dès mi-janvier tandis que la plupart d'entre eux préfèrent se préparer pour les échéances de Roland-Garros, Wimbledon et l'US Open, réunis sur quatre mois. Faudrait-il modifier une nouvelle fois sa place dans le calendrier, aux alentours de mars par exemple ? Une solution délicate compte-tenu de la situation géographique du tournoi dont l'intérêt est de se jouer durant la période estivale de l'hémisphère sud. Des conditions de jeu qui démobilisent d'ailleurs souvent les cadors du circuit, ne supportant pas les 40° de la Rod Laver Arena.

Pourtant, malgré ces contraintes, le tournoi gagne chaque année en intérêt. Les dernières éditions ont d'ailleurs offert des rencontres mémorables, dont la demi-finale 2009, la plus longue de l'histoire en 5h14 entre Rafael Nadal et Fernando Verdasco. Et ce n'est pas la ferveur populaire qu'il suscite chaque année qui doit être remise en cause. De ce point de vue là, le Majeur est certainement le plus intéressant des quatre rendez-vous annuels. Loin de l'ambiance guindée de Wimbledon ou du public versatile de Roland-Garros. Alors, la festivité plutôt que le prestige ? Il faut choisir...