Le siège de l'Arjel à Paris
Le siège de l'Autorité de régulation des jeux de ligne (Arjel) à Paris | AFP - BERTRAND GUAY

L’Arjel, acteur central de la lutte contre les matches truqués

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En France, en 2017, 2.5 milliards d’euros ont été misés en ligne pour des paris sportifs. En 2012, cette somme n’atteignait « que » 705 millions d’euros. Paris hippiques, paris sportifs et jeux de cercle (poker), tout est surveillé par l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel), créée en 2010. Parmi ses missions, elle lutte contre la fraude. Mises très élevées sur un match, chute de cotes, tout est épié. Corentin Segalen, coordinateur de la plate-forme nationale de la lutte contre les manipulations sportives, participe à cette traque. Extraits de son interview réalisée par Thierry Vildary dans le cadre de l'enquête sur les matches truqués dans le tennis, à découvrir dans Stade 2 dimanche 15 avril à 16h50.

En novembre dernier, 39 joueurs et éducateurs de football avaient été sanctionnés pour avoir parié sur des matches. Des suspensions de match et des amendes, suite au croisement des fichiers effectué sur la deuxième partie de la saison 2016-2017 par l’Arjel. Voilà l’une des conséquences de la vigilance de cette Autorité sur l’ensemble des paris sportifs en ligne. Autre résultat : le 14 février dernier, un jeune homme de la banlieue de Strasbourg est interpellé par le service de police Courses et Jeux, pour avoir tenté de corrompre un jeune joueur de tennis à deux reprises dans le but de procéder à des paris sportifs en ligne. La conclusion de six mois d’enquête conduite par le Parquet national financier.

Comment l'Arjel traque les matches truqués

Le tennis, de 135 millions d'euros de paris en 2012 à 516 millions en 2017

Voilà donc comment se traduit en faits l’action de l’Arjel. Corentin Segalen est le coordinateur de la plate-forme nationale de la lutte contre les manipulations sportives au sein de l’Autorité. Il fait donc partie des personnes qui scrutent les paris en ligne. Et si le football concentre l’essentiel des paris (1.445 milliard d’euros en 2017), le tennis arrive juste derrière : 516 millions. Presque trois fois plus qu’en 2012. Avec des dérives, comme ces personnes qui contactent les joueurs, souvent via les réseaux sociaux, pour leur proposer une somme d’argent en échange d’un résultat arrangé. Un match complet, ou un set. En 2017, une vingtaine de matches disputés dans l'Hexagone ont fait l'objet d'une enquête.

Dans le tennis, en France, les paris sur des matches de tournois Challenger (2e division) ou Future (3e division) sont interdits. Mais ce n’est pas le cas à l’étranger. Et internet n’a pas de frontière. C’est à ce niveau que les soupçons se portent le plus. Car la vie des joueurs qui fréquentent ce circuit secondaire n’est pas toujours facile financièrement (lire "Dans les coulisses du tennis professionnel de second rang").

Extrait de l'interview de Corentin Segalen

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze