US Open 2018 Nick Kyrgios
L'Australien Nick Kyrgios | AFP - Steven Ryan

Pas un seul joueur en quarts de l'US Open : La "Nextgen" n'y arrive pas...

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Il n'y a plus de joueur de moins de 25 ans à New York, après l'élimination de Borna Coric par Juan Martin Del Potro en trois sets secs. Résultat, ce sont les trentenaires qui trustent les derniers tours du Grand Chelem. Une fois de plus.

Toujours pas. Le vent de rébellion des jeunes stars du circuit ATP, censé renvoyer les trentenaires à leurs mots croisés, n'a finalement pas soufflé sur l'Us Open. Borna Coric expédié dimanche soir par Juan Martin Del Potro (6/4 6/3 6/1), les jeunes pousses du Top 100 n'ont officiellement plus de représentants à New York. Le plus jeune des joueurs encore en lice lundi est Dominic Thiem, 25 ans.  Plus aucun joueur de moins de 25 ans, alors qu’ils étaient 33 au premier tour. L’écrémage est drastique.

Seuls trois quart-de-finalistes de moins de 25 ans en Grand Chelem cette saison

Sur les 32 places de quart-de-finaliste en Grand Chelem cette année, seules trois ont été conquises par des joueurs de moins de 25 ans. Hyeong Chung et Kyle Edmund à l’Open d’Australie. Alexander Zverev à Roland-Garros. Et le Sud-Coréen est le seul à avoir atteint les demi-finales. 

Pourtant, le circuit ATP a mis les petits plats dans les grands depuis bientôt deux ans pour ces jeunes générations. La “NextGen” a été inventée. Cette génération de joueurs de moins de 21 ans prédestinés à supplanter le “Big Four”. Au-delà du pressentiment sportif, l’enjeu est ici économique et marketing. C’est préparer l’après Nadal-Federer-Djoko en construisant de nouvelles stars. Quitte à les perdre en route. 

Car à bien y regarder, le Top 100 a bien changé de visage depuis dix ans. Les trentenaires rugissent comme jamais. 
Sur l’année 2018, la moyenne d’âge des quart-de-finalistes en Grand Chelem est de 29,2 ans. Dix ans plus tôt, en 2008, elle était de 24,4. On a donc perdu près de cinq ans de moyenne d’âge en dix ans. 

"Pas la musculature et la maturité émotionnelle suffisantes"

Les classements sont encore plus évocateurs. En 2008, le Top 100 comptait 14 trentenaires. En 2018, 34 d’entre eux sont parmi les cent meilleurs. Et quatre dans le Top 10, contre zéro il y a dix ans. 

Le tennis s’est beaucoup professionnalisé depuis une vingtaine d’années, analyse Caroline Martin,  chercheuse en biomécanique sportive et spécialiste de tennis. Plus rien n’est laissé au hasard. Et à ce jeu, ce sont ceux qui sont déjà installés au sommet et qui ont les moyens financiers et la maturité pour s’entourer d’une équipe de professionnels, qui l’emportent. Aujourd’hui, la maturité musculaire est atteinte à 26,27 ans. Alors qu’avant c’était plutôt vers 22 ans. Les Zverev et Shapovalov sont loin d’avoir la musculature et la maturité émotionnelle suffisante pour faire face à ces monstres de professionnalisme que sont certaines trentenaires comme Federer ou Nadal. Mais ça viendra” 

Il y a bien Alexander Zverev, qui depuis un an maintenant se maintient régulièrement dans le Top 5 à la faveur de ses (très) bons résultats en masters 1000. Stefanos Tsitsipas, qui vient d’atteindre la finale à Montréal en accrochant Djokovic à son tableau, à 20 ans à peine. Denis Shapovalov, Alex De Minaur, Nick Kyrgios ou encore Karen Kachanov ont les dents longues aussi. Mais au révélateur des Grands Chelems, 2018 ressemble aux autres années de la dernière décennie. Monopolisée par de pimpants trentenaires. Nextgen ou pas.