Federer, Nadal, Djokovic: qui terminera tout en haut ?

Publié le , modifié le

Auteur·e : Julien Lamotte
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Grâce à sa victoire à Wimbledon, soit son 16e titre en Grand Chelem, Novak Djokovic s'est rapproché à deux unités de Rafael Nadal et à quatre de Roger Federer. A l'heure où chacun ergote sur le fait de désigner le meilleur joueur de l'histoire, c'est bien à l'aune du nombre de victoires en majeurs que l'on saura qui est le plus grand. Petit point sur cette course qui tient le monde du tennis en haleine depuis plus de dix ans. Et ce n'est pas fini.

Certes, il y a les confrontations directes, le nombre de victoires en tournois, ATP ou Masters 1000, ou celui de semaines passées en tête du classement mondial. Les puristes retiendront le critère beaucoup plus subjectif de l'impression visuelle dégagée. Mais, au final, ce sont bien les Grands Chelems qui établiront la vérité. Celle de savoir qui, de Djokovic, Federer ou Nadal est le meilleur des trois. Ce qui revient à dire, et tout le monde est au moins d'accord là-dessus, le meilleur de l'histoire.

Qu'on le veuille ou non, le nombre de victoires en majeurs reste le juge de paix en tennis. Comme les titres en Coupe du monde en foot, les bagues NBA en basket ou les couronnes mondiales en F1 qui font que, pour la plupart, Pelé, Jordan et Schumacher sont les plus grands dans leur discipline. Âgés respectivement de 37, 33 et 32 ans, Federer, Nadal et Djokovic n'ont plus que quelques années pour se départager. Chacun des trois ont beaucoup de raisons d'y croire... et quelques motifs de douter. 

Roger Federer, 37 ans, 20 titres du Grand Chelem

Pourquoi il peut y croire

Jusqu'à preuve du contraire, c'est toujours le maestro suisse qui mène la danse. Avec deux titres d'avance sur Nadal et quatre sur Djokovic, il sent certes son avance, que l'on pensait intouchable il y a encore quelques années, fondre dangereusement mais un titre en Grand Chelem reste toujours un monument à gravir. Même pour l'Espagnol et le Serbe. 

La finale de Wimbledon l'a prouvé, Roger Federer est encore capable de remporter un 21e titre. Il s'en est fallu d'un coup droit dans le couloir et d'un passing de Djoko... S'il digère ces deux balles de match ratées, le Suisse repartira de Londres bardé de confiance quant à sa capacité à lutter avec les deux autres. Surtout qu'il venait de donner la leçon à Nadal en demi-finale. 

Enfin il y a son jeu, toujours aussi aérien, que le temps ne semble pas pouvoir altérer. A 37 ans, Federer virevolte toujours comme un danseur étoile et la légèreté avec laquelle il frappe la balle semble le mettre à l'abri des lois de la gravité qui frappent le commun des mortels.

Pourquoi il peut douter

Aussi doué soit-il, Roger Federer n'a pas encore trouvé le moyen de remonter le temps. Sa majesté a 37 ans et si rien dans son jeu ou dans sa motivation ne laisse transparaître le moindre signe de déclin, le Suisse a tout de même l'âge de ses artères. Plus le temps va passer et plus, fatalement, les occasions de soulever un majeur se feront rares. D'autant que, la finale de dimanche l'a encore démontré, le Suisse est peu-être moins "tueur" que les deux autres sur les points cruciaux, de ceux qui font basculer le destin d'un match. 

Rafael Nadal, 33 ans, 18 titres du Grand Chelem

Pourquoi il peut y croire

Pour rejoindre et dépasser Federer, comme pour tenir à distance Djokovic, Rafael Nadal a une arme secrète. Qui n'est pas du tout secrète d'ailleurs : Roland Garros. Le Majorquin y a remporté 12 de ses 16 titres et semble bénéficier d'une marge sur cette surface que ni Federer ni Djokovic ne possèdent à Melbourne, Londres ou New York. Sachant que l'Espagnol peut toujours créer l'exploit sur surface rapide (il n'en est jamais très loin), il peut surtout bâtir ses espoirs, et son empire, sur la terre battue. A moins de l'avènement surprise d'un joueur capable de surpasser Nadal en puissance dans les prochaines années, ce dernier peut encore viser plusieurs titres Porte d'Auteuil. Deux ? Trois ? Plus ? 

Pourquoi il peut douter 

Des trois joueurs, il est sans conteste le plus fragile physiquement. Son jeu, basé sur une débauche exceptionnelle d'énergie physique, est de loin le plus exigeant. Et son corps lui rappelle à l'occasion. Si, depuis quelques temps, les blessures ont épargné Nadal, elles restent une épée de Damoclès au dessus de sa tête. 

Novak Djokovic, 32 ans, 16 titres du Grand Chelem

Pourquoi il peut y croire

Les chiffres sont avec lui. L'ascendant psychologique sur les deux autres aussi. Il est le plus jeune des trois. Bref tous les feux sont au vert pour Novak, et pas seulement en raison de la couleur du gazon sur laquelle il vient de signer son 16e succès en Grand Chelem. C'est bien simple, depuis sa véritable éclosion au début des années 2010, il n'y a même pas débat quant à savoir qui domine le tennis mondial. Le Serbe a remporté 15 majeurs, Nadal 9 et Federer 4.  

Dans un style différent de Federer, le jeu du numéro 1 mondial est également particulièrement économe. Djokovic ne force pas. Il possède une souplesse naturelle qui le protège des gros pépins physiques et l'on peut compter sur sa préparation méthodique pour préparer les prochains défis. Le Serbe ne s'en cache plus, il veut "marquer l'histoire de son sport" et les GC sont ses seuls véritables objectifs. 

Pourquoi il peut douter

S'il a le vent en poupe, Djokovic reste tout de même à 4 majeurs de Federer. Quand on sait l'investissement physique et émotionnel qu'une seule de ces levées requiert, il est toujours légitime de croire qu'un grain de sable puisse s'immiscer dans la mécanique serbe. Cela s'est déjà produit en 2016 quand, après avoir enfin triomphé à Roland Garros, Djokovic a connu un trou d'air de presque deux ans entre doutes et crise existentielle. Comme quoi il n'est pas toujours le robot que l'on veut bien dépeindre.

Depuis, le Belgradois a remis son tamis à l'endroit et il vient de remporter 4  des 5 derniers tournois du Grand Chelem. La question qui reste est : n'est-il pas parti de trop loin ? Quand, à la fin des années 2000, Federer et Nadal accumulaient les majeurs, Djoko "se contentait" d'un seul titre (Australie 2008) et d'être le Djoker, le joueur aux multiples pitreries. Ça rigole beaucoup moins aujourd'hui.