Patrick Mouratoglou, Marion Bartoli, Mary Pierce, Nathalie Tauziat, Yannick Noah
Patrick Mouratoglou, Marion Bartoli, Mary Pierce, Nathalie Tauziat et Yannick Noah | AFP - MAXPPP

Noah, Bartoli, Tauziat, Pierce, Mouratoglou qui pour remplacer Amélie Mauresmo?

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Le départ d’Amélie Mauresmo laisse le poste de capitaine de l’équipe de France de Fed Cup vacant. Qui va remplacer celle qui va devenir mère pour la deuxième fois ? Tour d’horizon des possibles prétendants, parmi lesquels Patrick Mouratoglou, l'entraîneur de Serena Williams, qui s'est déjà déclaré candidat.

Le départ d’Amélie Mauresmo a surpris tout le monde. Ce capitaine incontesté et incontestable laisse un grand vide. Il n’y a qu’à voir les réactions des finalistes malheureuses après l’annonce. "Capitaine, merci pour tout ce que tu nous as apporté durant ces 4 années. Merci pour cette magnifique aventure et tous ces moments partagés avec toi sur le court et en dehors, dans les bons moments comme dans les moins bons! Tu vas me manquer", a réagi "Kiki" Mladenovic.

A photo posted by Kristina Mladenovic (@kristinamladenovic93) on Nov 14, 2016 at 7:54am PST

"Un grand MERCI pour tout ce que tu nous as apporté ces quatre dernières années, nous avons grandi à tes côtés. Tu vas nous manquer", a assuré Alizé Cornet.

Ce grand vide, il va falloir le combler. La Fédération a déjà dressé un profil. "Il lui faut la légitimité, la crédibilité par le parcours, les victoires dans de gros tournois, beaucoup d’expérience, être capable de transmettre, savoir rassembler, avoir l’adhésion des filles", a détaillé Alexandra Fusai, la responsable du haut niveau féminin. Un profil qui ne court pas les rues et qui rend le successeur très difficile à trouver. Voici quelques pistes.

L'ancienne top joueuse

La joueuse tricolore Mary Pierce
La joueuse tricolore Mary Pierce

C’est le profil idéal puisque dans la droite lignée de celui d’Amélie Mauresmo. Avec ses deux titres du Grand Chelem (Open d’Australie et Wimbledon 2006), sa place de numéro 1 mondiale (2006), sa Fed Cup (2003), Mauresmo affichait une légitimité incontestable. Aujourd’hui, elles sont trois à pouvoir afficher un palmarès quasiment comparable : Mary Pierce, Nathalie Tauziat et Marion Bartoli. La première a moins gagné que Mauresmo (18 titres WTA contre 25), mais compte autant de Grand Chelem (Open d’Australie 1995 et Roland-Garros 2000) et une Fed Cup de plus (victoire en 1997 et en 2003 avec Mauresmo). Actuellement consultante pour MCS Tennis et membre du comité directeur de la Fédération internationale, elle est intéressée par le poste. "Moi capitaine ? Pourquoi pas…" avait-elle lancé durant le Masters de Singapour.

La deuxième, Nathalie Tauziat, est une ancienne numéro 3 mondiale (comme Pierce). Elle a remporté huit tournois WTA, compte une finale à Wimbledon (1998 battue par Jana Novotna). Elle présente l’avantage d’avoir déjà entraîné (la Canadienne Aleksandra Wozniak). Les deux joueuses étaient des spectatrices attentives en finale à Strasbourg. La troisième, Marion Bartoli, se remet d’une grave maladie qui a failli l’emporter. Victorieuse à Wimbledon en 2003, elle compte sept autres titres en WTA. Fâchée avec la Fed Cup, plutôt individualiste dans son fonctionnement, elle était revenue dans le giron sous l’action de Mauresmo. Son combat a ému et elle pourrait réussir à fédérer autour d’elle, comme Mauresmo. Outre ces trois-là, Nathalie Dechy ou Emilie Loit ont aussi le profil pour le poste.

Vidéo : Marion Bartoli, la résurrection

L'ancienne gloire masculine

Yannick Noah, le capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis
Yannick Noah, le capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis

Et si Yannick Noah portait la double casquette de capitaine de Coupe Davis et de Fed Cup ? Le dernier vainqueur tricolore d’un Grand Chelem est souvent l’homme providentiel quand la situation est désespérée. Et là, c’est quasiment le cas. Il connaît bien la maison puisque c’est sous ses ordres que les Françaises ont remporté la première Fed Cup de leur histoire (1997). Son aura, son charisme et son enthousiasme feraient sûrement merveille auprès de la jeune génération qu’il se plairait à sublimer, à transcender. Comme il sait si bien le faire. Mais en a-t-il envie ? Le chantier chez les garçons est lourd. Chez les filles, les bases semblent plus établies. Mais mener de front les deux demanderait beaucoup de temps et d’énergie. Il l’a déjà fait en 1997, il y a quasiment 20 ans. Une autre époque, des dreads plus longues… A noter qu’il n’a même pas encore officiellement rempiler avec les gars.

A part Noah qui d’autre ? Guy Forget. Pour lui aussi, ça serait un "come-back". Avec lui, les filles ont triomphé en 2003. Mais aujourd’hui, il semble bien occupé en tant que directeur du tournoi de Roland-Garros. Henri Leconte ? Le héros de 1991 est un spectateur attentif du circuit grâce à son poste de consultant chez nos confrères d’Eurosport. Une place où il se sent bien. Pas sûr qu’il veuille en partir même si le pari peut-être alléchant. Sébastien Grosjean ? L’ancien entraîneur de Richard Gasquet a décidé de prendre du recul pour se consacrer à sa famille. Pas sûr que le poste de capitaine de l’équipe de Fed Cup soit conciliable avec cette volonté. Dommage, son expérience du haut-niveau (quatre demi-finales de Grand Chelem, victoire en Coupe Davis en 2001) serait un atout.

La piste éloignée du sérail

Un capitaine étranger? Cela paraît peu probable tant ce n'est pas l'habitude de la maison, ni des autres nations. La langue, les affinités avec les joueuses qui prennent une part non négligeable dans la désignation... il y a trop d'obstacles à cette nomination. En revanche, ce mardi matin, Patrick Mouratoglou s'est officiellement porté candidat. Interrogé par nos confrères de France Info, le Français, qui vient d'ouvrir une académie à Nice, n'a pas caché ses intentions. "Oui c'est un poste qui peut m'intéresser. Que je connaisse le tennis féminin, c'est un fait. J'y travaille depuis longtemps maintenant au plus haut niveau, rappelle-t-il. Après je ne sais pas qui prend cette décision. Il faut l'accord d'un certain nombre de personnes, il faut que les joueuses soient motivées pour travailler avec le capitaine". Mouratoglou a repris en main la carrière de Serena Williams avec succès. Sous sa houlette, l'Américaine a égalé le record de Grand Chelem (22). Elle est la preuve que Mouratoglou sait y faire.