Caroline Garcia et Kristina Mladenovic
Caroline Garcia et Kristina Mladenovic | AFP

Mladenovic-Garcia, la relève en attente

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Elles n'ont pas encore 20 ans, mais ont déjà sur leurs épaules les espoirs des dirigeants du tennis féminin français. Kristina Mladenovic, 51e mondiale, a déjà commencé à répondre à ces attentes, ayant intégré l'équipe de Fed Cup depuis 2012. Caroline Garcia, 130e mondiale, demeure encore en retrait mais l'appel d'Amélie Mauresmo, pour affronter ce week-end le Kazakhstan, pourrait la faire évoluer plus rapidement.

Certains pourraient dire qu'une carrière se joue à peu de choses. Caroline Garcia ne pointerait sûrement pas aujourd'hui au 130e rang mondial si elle était parvenue à vaincre Maria Sharapova, au 2e tour de Roland-Garros en 2011. Titulaire d'une wild-card, et alors âgée de 17 ans, elle avait frôlé l'exploit d'éliminer la 8e mondiale en deux sets, menant 6-3, 4-1, avant de concéder onze jeux de rang et s'écrouler (6-0) au troisième. Mais la même année, au 1er tour, Kristina Mladenovic avait chuté au 1er tour face à la Japonaise Morita, alors 47e mondiale, elle-aussi en trois manches. Et cela ne l'a pas empêchée d'évoluer plus rapidement que sa compatriote, de cinq mois sa benjamine.

Chaque personne a son évolution. Chacun a son rythme. Championne du monde junior en 2009, Kristina Mladenovic avait déjà montré ses ambitions chez les jeunes, un atout supplémentaire pour prendre confiance chez les seniors. Forte d'un service dévastateur, chronométré à 200km/h à Roland-Garros, comme Venus Williams, elle dispose d'une arme précieuse. Du haut de son mètre quatre-vingt-quatre, la native de St-Pol-sur-Mer a connu son premier grand déclic lors de l'US Open 2012. Invitée dans le tableau final, elle avait fait tomber coup sur coup Erakovic (54e mondiale) et Pavlyuchenkova (20e mondiale) avant de tomber sur Bartoli. Alors 150e au classement WTA, elle se savait désormais capable de jouer les meilleures. Cette saison, à Coubertin, en battant Georges (19e mondiale), Wickmayer (22e) et Kvitova (8e) pour se hisser en demi-finale, elle a confirmé la légitimité de ses ambitions. Titularisée en simple (après le forfait de Bartoli) pour la première fois de sa carrière lors du match contre l'Allemagne en février dernier, elle a également franchi un cap en Fed Cup, où elle bénéficie de la confiance d'Amélie Mauresmo.

Garcia tourne autour du "gros coup"

En appelant Caroline Garcia pour la première fois, la capitaine de l'équipe de France a placé la native de St-Germain-en-Laye, comme elle, sur des rails similaires. Mais la joueuse n'a pas encore connu le même déclic. Cela ne passe jamais loin. Il y a ce match contre Sharapova, bien évidemment. Mais également cette défaite en 2012 contre l'ancienne N.1 mondiale Jankovic à Kuala Lumpur au jeu décisif du 3e set, ce revers la même année contre l'Allemande Barthel (39e mondiale) à Doha après deux jeux décisifs perdus, ou encore cette année cette défaite contre Erakovic (67e mondiale) encore en trois manches accrochées à Sydney comme contre Jankovic à Charleston... Elle tourne autour de la grosse performance. La victoire sur une Francesca Schiavone (53e mondiale), sur la pente descendante à Coubertin, n'a pas encore débloqué son évolution. Moins grande (1.77m) que Mladenovic, elle compense avec une combativité énorme, et une puissance de frappe impressionnante. Partageant encore son programme entre le circuit principal et secondaire, Caroline Garcia a des difficultés à trouver la constance dans ses résultats.

En présence de Marion Bartoli et d'Alizé Cornet, Kristina Mladenovic et Caroline Garcia sont appelées, logiquement, à faire équipe en double face au Kazakhstan, lors de cette rencontre si cruciale à Besançon. En les sélectionnant, Amélie Mauresmo prépare le futur tout en ne négligeant pas le présent. Pour retrouver des joueurs françaises en nombre parmi les cinquante meilleures du monde, les deux filles sont les meilleurs atouts. A elles de le prouver.

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