Wawrinka
"Stan the Man", le poing rageur, a imposé son rythme face à Tsonga | PHILIPPE HUGUEN / AFP

Wawrinka complique d’entrée la tâche des Bleus

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Stanislas Wawrinka a permis à la Suisse de prendre les commandes de la finale de la Coupe Davis, ce vendredi à Villeneuve d’Ascq, en venant à bout de Jo-Wilfried Tsonga en quatre sets (6-1, 3-6, 6-3, 6-2) et 2h24 de jeu. Le numéro 4 mondial, intraitable dans la première demi-heure, a redoublé d’agressivité après la deuxième manche pour mettre son équipe sur les bons rails. Les espoirs tricolores reposent désormais sur Gaël Monfils qui s’apprête à affronter Roger Federer.

A trop penser au dos de Roger Federer, a-t-on oublié que l’équipe suisse comptait aussi dans ses rangs un certain Stan Wawrinka ? Le numéro 4 mondial s’est en tout cas chargé de rappeler son statut en jouant l’un de ses tous meilleurs matches de cette fin de saison. Malheureusement pour l’équipe de France, il a attendu de se retrouver face à Jo-Wilfried Tsonga, en ouverture de la finale de la Coupe Davis, pour remettre les choses au point. Avec beaucoup d’autorité et de conviction, le Suisse, éliminé par Federer en demi-finale du Masters la semaine dernière, a largement dominé son sujet ce vendredi contre le Manceau. 

Un début à sens unique

Le ton était donné d’entrée. Très appliqué, pilonnant comme à son habitude son adversaire en coup droit, Wawrinka se montrait à l’aise sur son jeu de fond de court et tout aussi efficace sur ses montées de balles. Volontaire mais imprécis, le Français concédait le break (3-1), et encaissait dans la foulée un jeu blanc le laissant, à l’image du public lillois, K.O debout. Se heurtant à la bonne défense de ‘Stan’ qui le poussait à la faute, Tsonga était tout près de prendre le service du Suisse en fin de set…. mais comme un symbole, envoyait son revers dans le couloir. Wawrinka acceptait l’offrande et donnait la punition, empochant la première manche (6-1) en 26 petites minutes. 

La relance de Tsonga…

L’affrontement était ensuite plus accroché, à l’image du premier jeu du deuxième set (10’), duquel le Français s’extirpait en se reposant sur sa bonne première balle. Wawrinka continuait de matraquer son adversaire en fond de court, mais ce dernier faisait preuve de davantage de résistance. Quand il ne faisait pas prendre par la première balle du Suisse, il parvenait enfin à dominer les échanges et à lâcher ses premiers jolis coups (passing, amorti au filet). Sur une double-faute du Suisse, il réussissait logiquement le break et le confirmait dans la foulée (4-1). Wawrinka remettait les choses au point sur son service, mais Tsonga ne baissait pas la garde et offrait à Villeneuve d’Ascq un dernier jeu superbe, tout en puissance et en précision. Sur un ace rageur, il relançait le duel (6-3).

… et la réponse du patron

Le match se durcissait dans le troisième set, où les excellents retours de Tsonga succédaient aux gifles de Wawrinka en coup droit. Après un passage avec davantage de déchets, c’est le Suisse qui relevait la tête en redoublant d’agressivité. Le break était inévitable (4-2). Stan était même sur le point d’expédier la manche, mais Tsonga effaçait deux balles de set pour rester en vie. En vérité, il repoussait simplement l’échéance : Wawrinka retrouvait ses nerfs et bouclait le set sur un magnifique revers (6-3). Sur sa lancée, il réussissait le break d’entrée de quatrième manche (2-0). Le Français ne pouvait dompter la puissance des coups de son adversaire, qui concluait au filet sur sa première balle de match (6-2), offrant le premier point de cette finale à la Suisse.

‘Jo’ trop dépendant de son premier service

Face à ce très bon Wawrinka, le numéro un français n’a que trop rarement eu l’occasion de se mettre en évidence, hormis dans la deuxième manche. Avec seulement 33% de points marqués sur son deuxième service, Tsonga n’a pas mis toutes les chances de son côté. Crispé au départ, il n'a jamais vraiment réussi à se libérer. Il faut désormais compter sur un petit exploit de Gaël Monfils, opposé à Roger Federer, pour ne pas entamer terminer ce vendredi sur un double revers cinglant. Les Bleus sont déjà dos au mur.