Coupe Davis France
L'équipe de France de Coupe Davis. | ANDY CLARK / REUTERS

Vers un nouveau départ

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La fin de l’ère Guy Forget à la tête de l’équipe de France de Coupe Davis n’a pas seulement laissé un siège vide. Elle a également mis en valeur un certain nombre de lacunes dans l’approche de cette compétition. Jean Gachassin, président de la Fédération française de tennis, est déterminé à faire bouger les choses pour que ses « Mousquetaires » répondent aux espoirs placés en eux.

La Fédé reprend la main. Habituellement laissée à la discrétion des joueurs, le pouvoir de nomination du capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis redevient l’apanage de l’organisation présidée par Jean Gachassin. « Je ne voulais plus que seuls les joueurs sélectionnent leur capitaine », explique l’ancien rugbyman dans les colonnes de l’Equipe. « On sait bien qu’il y a des relations amicales avec certains entraîneurs qui peuvent fausser le jeu. »

Pas question néanmoins de décider en autarcie. « Des personnes feront actes de candidature, on nous les soumettra, la Fédération dressera ensuite une short-list », poursuit le président. « Les joueurs établiront la leur également et alors nous nous mettrons autour d’une table, les joueurs, le DTN, le responsable du haut niveau masculin, l’élu vice-président en charge de la DTN et moi-même. »

Manque d’implication des joueurs

Mais ce léger chamboulement témoigne d’un mal plus profond. Il fait suite aux résultats mitigés de l’équipe de France ces dernières années malgré un groupe où figurent quatre joueurs du top 20. Dans la foulée de son départ, Guy Forget avait jeté un pavé dans la marre en déclarant à propos de la génération des Monfils, Tsonga, Gasquet et Simon que « vous (les médias) les avez présentés, très tôt, comme une génération qui allait gagner des tournois du Grand-Chelem. Avec le recul, vous ne leur avez pas rendu service. Mais attention, aujourd’hui c’est leur faute. Chacun doit faire son autocritique. J’aimerais les responsabiliser, leur faire comprendre que ce sont les détails qui les amèneront à disputer des rencontres sans être blessés. »

Le degré d’implication des joueurs français, qui ne semblent pas faire de la Coupe Davis une véritable priorité, est pointé du doigt « Nous allons évoquer avec eux le programme de leur saison », confie Jean Gachassin. « Est-ce que vous êtes intéressés par une victoire en Coupe Davis ? S’ils me répondent oui, je leur demanderai de faire en sorte de bâtir leur saison autour des tournois du Grand Chelem mais également des rencontres de Coupe Davis. »

Des primes au résultat ?

Pour remédier à ce manque d’investissement, Jean Gachassin ne ferme aucune porte. « Nous aborderons l’aspect financier et la répartition de l’argent de la Coupe Davis », assure le président de la FFT. « On peut discuter de l’éventualité d’une bourse pour ceux qui ne joueront pas un tournoi avant une rencontre, afin de compenser le manque à gagner car nous sommes dans un sport professionnel. » Et de poursuivre : « Pourquoi ne pas instaurer un système de primes au résultat ? Demies, finale, etc. Je suis ouvert à tout. Pour moi on devrait même payer pour aller jouer la Coupe Davis. »

Victor Patenôtre

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