Jo-Wilfried Tsonga, réconforté par Yannick Noah
Jo-Wilfried Tsonga, réconforté par Yannick Noah | AFP

Une finale à l'image de la pauvre saison du tennis français

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Totalement dépassée par la Croatie en finale de Coupe Davis, l'équipe de France a conclu une année très fade pour le tennis tricolore, notamment du côté des hommes.

Cette saison ne restera pas dans les mémoires des fans tricolores, qui auront toutefois pu compter cette année sur Caroline Garcia en WTA avec un titre à Tianjin, un huitième de finale à Melbourne puis à Roland-Garros et une 7e place mondiale. Atteindre la finale de la Coupe Davis aurait pu constituer une belle performance pour les hommes de Yannick Noah, mais on ne peut pas dire que leur parcours et leurs adversaires étaient redoutables. Les succès sur les Pays-Bas (3-1), l'Italie (3-1) et l'Espagne sans Rafael Nadal (3-2), étaient aussi logiques qu'attendus. Cette finale face à une solide équipe de Croatie n'a fait que mettre en lumière la réalité du niveau actuel des Tricolores.

Pas le moindre set remporté en trois rencontres de simple, aucune balle de break convertie sur un total bien maigre de sept possibilités. Le tennis mondial n'avait plus assisté à une telle déroute depuis la finale de 1966 remportée 3-1 par l'Australie sur l'Inde. "J'ai fait le constat qu'on fait tous, que c'est anormal qu'un pays comme le nôtre ait si peu de résultats", a indiqué, écœuré, Yannick Noah après la défaite en finale de Coupe Davis.

La France et ses 985 569 licenciés (en chute constante depuis 2012) est tombée face à une nation qui compte quatre millions d'habitants, mais deux joueurs dans le Top 15 (Marin Cilic, 7e et Borna Coric, 12e). Lorsque le N.1 français, Richard Gasquet, ne pointe qu'à la 26e place -et n'a même pas disputé le moindre échange-, difficile de rivaliser. Lorsque les N.2 (Gaël Monfils) et N.3 (Gilles Simon) ne peuvent pas rentrer dans les plans du capitaine car ils n'ont pas, soit la motivation, soit l'esprit d'équipe, il devient difficile aussi de faire bonne figure.

La génération des nouveaux Mousquetaires a raté le coche. Gilles Simon a désormais 33 ans, tout comme Jo-Wilfried Tsonga, Gaël Monfils a 32 ans, comme Richard Gasquet. Simon et Monfils ont bien atteint les huitièmes de finale à Wimbledon, mais voilà les seuls éléments de satisfaction d'une année très inquiétante. Entre blessures à répétition et déconvenues, hormis parfois Lucas Pouille (24 ans), et Benoît Paire qui aura 30 ans en mai, le tennis français ne fait plus vibrer depuis plusieurs mois. Et à bien y regarder, la relève tarde à venir.

Aujourd'hui, seuls Corentin Moutet (19 ans) et Ugo Humbert (20 ans) font figure d'espoir chez les hommes. C'est de nouveau du côté du tennis féminin que vient la meilleure nouvelle avec Clara Burel qui du haut de ses 17 ans, est assurée de terminer N.1 mondiale chez les juniors. Elle devient la quatrième joueuse tricolore à terminer à ce rang après Pascale Paradis (1983), Amélie Mauresmo (1996) et Kristina Mladenovic (2009). Il restera à confirmer sur le circuit principal.

Romain Bonte