Jo-Wilfried Tsonga
La traditionnelle "danse" de Jo-Wilfried Tsonga | AFP - SEBASTIEN NOGIER

Tsonga peut-il entretenir l'espoir ?

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Comme il en a désormais l'habitude, la pression sera énorme sur les épaules de Jo-Wilfried Tsonga. Leader de l'équipe de France désormais menée (2-1), le N.1 français entrera le premier sur le court de Monte-Carlo pour affronter le géant américain, John Isner. Il n'a d'autres choix que de gagner, pour entretenir la flamme et laisser à Gilles Simon l'opportunité de ramener le troisième point contre Ryan Harrison. Voici trois raisons de croire en ses chances.

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Pour la troisième fois de leur carrière, Jo-Wilfried Tsonga et John Isner vont se défier. Ce sera une première sur terre-battue. Et à chaque fois qu'ils se sont affrontés, les deux hommes sont allés au bout du suspense, avec deux matches en trois manches, et à chaque fois deux jeux décisifs dans les deux derniers sets. Particularité supplémentaire: le vainqueur du 1er set s'est à chaque fois incliné, que ce soit à Washington en 2009 (Tsonga) ou à Bercy en 2011 (Isner). Avec cinq rang d'écart au classement ATP, les deux hommes sont proches. Quels arguments le Manceau, qui reste donc sur une victoire contre l'Américain, peut-il développer pour s'imposer ?

- La puissance

Dans le camp français, Jo-Wilfried Tsonga est l'un des rares, avec Gaël Monfils, à posséder une puissance naturelle du niveau des tout meilleurs sur le circuit. Entretenu et même développé pour éviter des blessures dont il a été longtemps victime, son physique est devenu l'un de ses points forts. Avec un service et un coup droit décisifs, il a également amélioré cette saison son revers, pour faire face aux bras de fer qu'imposent les cinq meilleurs du monde. Un cercle qu'il ambitionne d'intégrer cette année. Avec une volonté de plus en plus affirmée de gagner les points plutôt que de ne pas les perdre, il prend des risques, écourte les échanges en plaçant son jeu vers le filet, il a les armes pour faire mal. Comme tous les grands, John Isner n'a pas comme principale qualité le déplacement, surtout sur terre-battue. Un "tir de barrage" peut sérieusement mettre à mal sa défense.

- L'expérience

Si John Isner a intégré fugitivement le Top 10 au gré d'une finale à Indian Wells (sa première dans une Masters 1000), il n'a pas encore l'expérience qui sied à un membre de l'élite mondiale. Porté par la confiance qui l'a menée de la 147e place mondiale voici trois ans au 11e rang actuel, il va devoir montrer qu'il peut désormais faire jeu égal avec l'élite. Avec une finale en Grand Chelem (Australie 2008), une victoire en Masters 1000 (Bercy 2008), une finale au Masters (2011), et deux demi-finales en Grand Chelem (Wimbledon 2011, Australie 2010), Jo-Wilfried Tsonga devient un habitué de la tension des grands événements. Avec le public derrière lui, il sait se transcender. La Coupe Davis lui tient à coeur, et jusque-là, un seul joueur l'a vaincu lors d'un match à enjeu: Rafael Nadal, sur la terre-battue de Cordoba en 2011.

- Le grain de folie

Lors du tirage au sort, Jo-Wilfried Tsonga affichait un grand sourire à l'idée de rentrer le premier sur le terrain lors de ce quart de finale. Car il aime les défis, et ce n'est pas le genre de joueur à se cacher. Comme Gaël Monfils, il aime jouer avec le public, il adore les très chaudes ambiances, il se complait dans le challenge, qu'il soit physique ou mental. Dos au mur, il peut prendre le risque supplémentaire qui, dans un bon jour, ramène le point et peut faire pencher la balance dans son sens. Tenter l'ace sur 2e balle, le retour gagnant, ou la montée au filet lorsqu'il est mené au score, cela fait partie de son jeu. Et c'est parfois là-dessus que se joue un match couperet.