Nicolas Mahut et Jo-Wilfried Tsonga
Nicolas Mahut et Jo-Wilfried Tsonga associés sur le gazon du Queen's | DR

Tsonga-Mahut ne résistent pas aux frères Murray, la France dos au mur

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Malgré le gain du premier set, Jo-Wilfried Tsonga associé à Nicolas Mahut se sont inclinés face au double britannique, lors des quarts de finale de la Coupe Davis. Sur le gazon du Queen's, malgré de nombreuses glissades, Andy et Jamie Murray ont été les plus solides pour s'imposer 4-6, 6-4, 7-6 (7/5), 6-1. La Grande-Bretagne mène désormais (2-1) dans cette rencontre. La France est dos au mur et le N.1 français (Gilles Simon ou Richard Gasquet) tentera de réaliser, dimanche, un exploit en renversant une montagne nommée Andy Murray, pour rester en vie et disputer un 5e match décisif.

Le point du double devait être décisif. Du côté britannique ou français, on le savait avant le début de la rencontre. La victoire de Jamie et Andy Murray a fait basculer la balance du côté de l'équipe locale, parfaitement soutenue par son public. Cela ne s'est pas joué à grand-chose, mais l'écart s'est créé petit à petit. En fait, la différence s'est faite dans le deuxième set, au terme d'un jeu médiocre des Français qui perdaient leur service. Jusque-là, après un premier set très solide, le duo Mahut-Tsonga s'était montré costaud, et dominateur. Ce break concédé a remis les Britannique dans la course, dans le bon rythme. Suffisamment pour égaliser à un set partout.

Vidéo: La frayeur pour Andy Murray

Même à ce moment-là, rien n'était encore fait. Mais la fin du troisième set était le grand tournant du match. Les deux équipes faisaient jeu égal. A 5-5, et 30-15 sur le service de Tsonga, Andy Murray chutait lourdement. Il se tenait l'adducteur droit, et bénéficiait d'une longue manipulation. Le risque de l'abandon était dans les têtes des supporteurs, tant sa souffrance était visible. Mais le 3e mondial repartait sur le court, et si ses premiers coups étaient hésitants, permettant à la France de mener (6-5), il remontait rapidement en puissance. Le jeu décisif devait départager Français et Britanniques. Jamie Murray, le vrai spécialiste du double, marquait le premier point d'un parfait retour bloqué de coup droit sur l'engagement de Mahut. Ce mini-break était effacé par la monnaie de la pièce rendue par Jo-Wilfried Tsonga en retour de coup droit (1-1). Dans cet ultime acte du troisième set, les Murray se montraient plus incisifs. Témoin cette volée d'Andy, créant un nouveau mini-break (5-4), avant que Tsonga ne l'efface de nouveau (5-5). Dans ce moment déterminant, les deux N.1 prenaient les choses en main. Une volée d'Andy donnait une balle de set à la Grande-Bretagne. Et une tentative d'interception de Nicolas Mahut, en plongeant, n'était pas récompensée. Les Britanniques menaient deux sets à un après 2h10 de jeu.

Jamie et Andy Murray rageurs en double
Jamie et Andy Murray rageurs en double

La suite, c'était un cavalier seul. Marqués psychologiquement, les Français prenaient l'eau. Sur le deuxième jeu, ils concédaient un break bêtement. Nicolas Mahut craquait, d'abord en envoyant un smash à 1m du filet juste à côté du couloir, ce qui offrait une balle de break aux adversaires. Elle était effacée, mais ensuite, sur une duexième occasion, il réalisait une volée bien timide, laissant à Jamie Murray le soin de conclure et de faire le break (2-0). A 5-0, la France inscrivait un jeu, mais ratait une balle de break au jeu suivant. L'écart était trop grand entre les deux équipes. La victoire ne pouvait échapper aux frères Murray, qui ont placé leur équipe sur les rails des demi-finales.

Un exploit pour rester en vie

Pour la première fois en six matches, Jo-Wilfried Tsonga s'incline en double en Coupe Davis. Et jamais depuis 2012, l'équipe de France n'a remporté une rencontre après avoir perdu le double. Voilà pour dépeindre une situation plus que préoccupante pour les joueurs d'Arnaud Clément. Et pour assombrir le tableau, le 4e match se présente dimanche, face à Andy Murray. Le N.3 mondial n'a perdu que deux fois en 14 rencontres face à Gilles Simon, le N.1 français. Si le capitaine de l'équipe de France venait à lancer son demi-finaliste de Wimbledon, Richard Gasquet, laissé au repos vendredi, le ratio est un peu meilleur, mais toujours déficitaire contre le Britannique: trois victoires pour cinq défaites. Comble du malheure, Andy Murray, qui avouait avant la rencontre ne jamais avoir disputé trois matches en trois jours, n'a pas eu à piocher dans ses réserves physiques, ni vendredi, ni aujourd'hui. Que ce soit Gasquet ou Simon aligné, personne n'aura un grand avantage dans ce domaine.

Il faudra donc un véritable exploit pour que la France s'offre une chance de disputer un cinquième match décisif, entre Jo-Wilfried Tsonga et James Ward. 

Réacti​ons

Arnaud Clément, capitaine de l'équipe de  France: "L'équipe adverse a été un peu plus solide, a montré plus de régularité  sur l'ensemble des quatre sets. On a pris un meilleur départ, mais ensuite  l'équipe britannique a élevé son niveau de jeu sans jamais baisser. Chez nous,  il y a eu des passages très solides et aussi des tout petits moments où on a  raté quelques coups. Ils ont su en profiter. Le tie-break était bien sûr très  accroché. Si nous avions mené 2 sets à 1, une autre dynamique aurait peut-être  été en place. Mais on ne réécrira pas l'histoire... On savait que le double  était très important, peut-être un peu plus sur cette rencontre. Ça nous fait  mal. On ne dira pas l'inverse. La Grande-Bretagne a pris un vrai avantage  aujourd'hui. Tout le monde sait à quel point Andy Murray est difficile à  manoeuvrer mais on va se battre. Il y a beaucoup de qualités dans notre équipe.  Même si notre joueur demain (dimanche) sera outsider, ce sera quelqu'un, en  tous cas, qui a beaucoup gagné ces derniers mois et a battu des Top 10. Que ce  soit Gilles (Simon) ou Richard (Gasquet), ils ont beaucoup de confiance en eux  en ce moment. Si le joueur (choisi) est à son meilleur niveau, il aura une  chance contre Andy."
   
Nicolas Mahut: "Il y  avait de la pression mais je ne pense pas que ce soit ça aujourd'hui (qui  explique la défaite en double). Il y avait du monde et je savais que c'était un  point important. Mais j'y étais préparé. Tout simplement, je n'ai pas été au  niveau qui est le mien sur le circuit. Il faut savoir le reconnaître. Je suis  très mécontent de mon match. Le break du deuxième set était pour moi. Ensuite,  je n'ai pas suffisamment bien retourné. On avait pourtant fait un super premier  set. Après, mes sensations sur les retours étaient mauvaises. Je n'ai pas  trouvé la solution. Arnaud a bien parlé, Jo aussi. Mais je n'ai pas  d'explication. Tout ce que je peux dire, c'est que je suis très mécontent de  mon match."
   
Jo-Wilfried Tsonga:  "Il faut faire tout simplement un grand match (pour battre Andy Murray). On a  tous des qualités différentes. Il faudra être agressif et le plus opportuniste  possible sur les chances qui nous seront données."

Leon Smith, capitaine de l'équipe de  Grande-Bretagne: "C'est une superbe journée. On est tous très fiers de ce  qu'ont réalisé Andy et Jamie (Murray). Le public était fantastique. On va  savourer cette victoire avant de préparer rapidement les matches de demain  (dimanche). Andy aura un match difficile. Je vais préparer aussi James (Ward)  au cas où il devrait jouer. On espère avoir le même soutien des supporteurs  demain."
   
Jamie Murray: "Jouer avec votre frère, pour votre pays, devant des  gens qui ont pris une part considérable dans notre carrière depuis nos débuts,  c'est très spécial. C'est une journée magique. Le public a été super. Le temps  était bon, le niveau de tennis également. Et on a gagné en plus! On s'est mis  dans une bonne position pour demain (dimanche). On va maintenant essayer de  donner le meilleur pour obtenir ce troisième point."
   
Andy Murray: "Je suis toujours un peu éprouvé par cette victoire. J'ai  déjà disputé des matches comme celui-ci où, quand il y a une grosse montée  d'adrénaline, vous vous sentez ensuite fatigué. Mais j'ai déjà géré cela et  j'essaierai encore de le faire pour jouer un bon match demain (dimanche). L'an  dernier (en quarts), j'avais perdu contre (l'Italien Fabio) Fognini mais je  n'avais pas encore retrouvé tous mes moyens après mon opération du dos (...) Je  suis encore tombé aujourd'hui. C'est encore un peu douloureux (au niveau des  adducteurs). Mais ce n'est pas une douleur musculaire, donc ça va (...) Les  Français ont plusieurs options pour demain mais j'ai déjà très bien joué contre  eux sur herbe."