David Nalbandian
David Nalbandian | ALEJANDRO PAGNI / AFP

Nalbandian, la coupe à cœur

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David Nalbandian est le pilier de l'équipe d'Argentine depuis une bonne décennie. Le natif de Cordoba incarne à merveille les valeurs de cette épreuve au charme suranné, même si la réussite l'a toujours fuit. Leader devenu simple binôme du double, il espère bien conclure cette année.

L'équipe de France a parfois manqué de chance en Coupe Davis, notamment lors de ces quinze dernières années (finales perdues à domicile en 1999 et 2002, nombreuses demies), mais ce n'est rien à côté de la déveine argentine. Les "Gauchos" ont raté la dernière marche à quatre reprises dans cette compétition atypique, et Nalbandian enregistre à lui seul trois échecs en finales dans cette compétition collective atypique.

Les occasions manquées

En 2004 à Moscou, le "Rubio" (le Blond) avait sorti son meilleur tennis pour terrasser Safin et Davydenko sur de la moquette indoor, mais les Russes s'étaient finalement imposés trois points à deux. En 2008, sur la terre battue de Mar del Plata, Nalbandian avait donné le premier point à son pays en matant Ferrer devant un public déchainé. Mais comme en 2004, son association avec Agustin Calleri n'avait pas assez bien fonctionné en double (l'Espagne l'avait emporté 3-1, Nalbandian n'ayant pas l'honneur de disputer le cinquième match décisif qu'il attendait depuis le début de sa carrière).

Cette défaite avait sérieusement entaché ses relations avec Juan Martin Del Potro, "Nalbi" reprochant à son cadet d'avoir privilégier sa réussite personnelle –en allant disputer le Masters la semaine précédente. "Delpo", qui avait perdu le deuxième simple face à Feliciano Lopez, avait d'ailleurs déclaré forfait sur blessure quelques heures avant le quatrième simple contre Verdasco (remplacé par José Acasuso).

Clash avec Del Potro

L'Argentine venait de laisser passer une occasion en or de s'imposer chez elle, qui plus est face aux Espagnols devant faire sans Nadal, blessé. Le Majorquin, en revanche, était bien présent début décembre 2011 à Séville, lors de l'ultime finale disputée par l'Argentine. Il avait battu Juan Monaco avant de voir Ferrer disposer de Del Potro en cinq manches. Nalbandian n'avait joué que le double: il s'était imposé aux côtés de Eduardo Schwank en remontant deux sets de handicap contre la paire Lopez-Verdasco. Mais là encore, il n'avait pas eu l'honneur de rentrer pour un cinquième match déterminant contre Ferrer, Nadal ayant offert le Saladier d'argent en battant Del Potro juste avant.

David Nalbandian est probablement l'un des joueurs les plus forts de l'ère Open à n'avoir jamais remporté un Grand Chelem. Il fût finaliste à Wimbledon en 2002 (battu par Hewitt), demi-finaliste à Roland-Garros en 2004(Gaudio) et à l'US Open en 2003 (Roddick). Il a tout de même enlevé deux Masters 1000 (Madrid et Paris en 2007) et la Masters Cup (contre Federer en 2005).

Mais s'il n'a pas semblé très affecté par les différents échecs qui ont jalonné son parcours, l'ancien numéro 3 mondial aurait bien échangé tous ses titres contre un triomphe en Coupe Davis. Pour ce patriote au talent confirmé qui poursuit son déclin depuis plus de deux ans (et qui ne semble plus capable de disputer des matches éprouvants), soulever le prestigieux trophée distribué pour la première fois en 1900 aurait constitué le plus grand moment de sa vie de sportif. Il sait malheureusement que, sans le "faux frère" Del Potro et à moins d'un miracle, ce ne sera pas encore pour cette année. La France peut s'en réjouir. Pas le tennis.