Patrick Mouratoglou
Patrick Mouratoglou | GLYN KIRK / AFP

Mouratoglou rejoint Noah pour condamner l'immobilisme du tennis français

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Dans un style moins véhément que Yannick Noah, Patrick Mouratoglou a exprimé dans L'Equipe ses regrets après la défaite de l'équipe de France en finale de Coupe Davis face à la Suisse. L'entraîneur de Serena Williams se positionne clairement pour aider les Bleus en espérant que le tennis tricolore ne soit plus sclérosé dans un esprit fédéraliste.

La plaie de la sévère défaite face aux Suisses à Lille est encore ouverte et nombreux sont ceux qui se pressent au chevet de l'équipe de France pour tenter de la cicatriser. Quitte à ce que la blessure pique un peu... Si Yannick Noah, le premier, a secoué le cocotier, Patrick Mouratoglou s'est lui aussi engouffré dans la brèche. Plus posément mais non sans conviction. L'entraîneur de Serena Williams dresse le même constat que l'ancien vainqueur de Roland Garros : ce n'est pas la défaite qui est rageante, c'est la manière dont celle-ci a été concédée. "Gasquet, Monfils ou Tsonga sont capables, s'ils sont transcendés, de battre n'importe qui n'importe quand sur n'importe quelle surface. Ce n'est pas un problème de matière première mais il y a des choses que l'on peut probablement améliorer", annonce-t-il. 

Les "choses" visées par le fondateur de l'académie éponyme, ce sont surtout des changements dans l'organisation au sommet du tennis français. Ce dernier apparaît comme un patriarcat fermé à au monde extérieur, avec ses propres règles, ses propres réseaux. En deux mots, c'est bien une FFT auto-centrée sur elle-même que condamne Mouratoglou. "Il y a un certain nombre de personnes reconnues sur le plan international qui peuvent faire grandir le tennis français. Il y a Yannick Noah, Sam Sumyk (l'entraîneur d'Azarenka), Georges Deniau et sûrement d'autres, pour ne pas me citer", énumère-t-il. Et de poursuivre sa diatribe : "On ne m'a jamais posé une question en vingt ans. J'entraîne pourtant la numéro 1 mondiale... Noah dit la même chose. C'est étonnant". 

"Si moi aussi je me fais rembarrer, au moins leur message sera clair"

S'il critique le système à mots couverts, Mouratoglou place aussi ses pions et se dit prêt à se mettre en réserve de la république. "Je cherche à être utile. Je comprends ce que ressent Noah", même s'il craint que la porte ne se referme sur ses doigts : "Il n'y a pas eu de discussion puisque Yannick a été renvoyé dans ses buts. Si moi aussi je me fais rembarrer, au moins leur message sera clair". Pour autant, Mouratoglou continue de croire à une France qui gagne.  "Le tennis tricolore a tellement d'atouts, avec un système copié dans le monde entier. Il nous manque le truc du très haut niveau". Quelque chose comme savoir s'ouvrir aux conseils et à l'expérience des autres ? 

Julien Lamotte